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Full text of "Mémoires de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans"

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MÉMOIRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ D’AGRICULTURE, 

SCIENCES, BELLES-LETTRES ET ARTS 

D’ORLÉANS 


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NOTE SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIETE 


Les travaux publiés par la Société comprennent, au l* r novembre 1899, t»8 volumes 
complets, divises en quatre sériés : 

La première, sous le titre de Bulletin de la Société de» Sciences physique», etc., 
roinpreml tout ce qu’elle a publié depuis son etablissement, en avril 1809, jusqu’aux 
événements politiques de la lin de 1813, par suite desquels ses réunions ont cessé. 

Le Bulletin, dont les exemplaires complets sont rares, se compose de 7 volumes formés 
de 13 numéros qui ont paru de mois en mois, le premier en juin 1810, et le dernier en 
décembre 1813. Chaque volume comprend six cahiers. Seul le tome III a de plus un sup¬ 
plément ou un septième numéro, ce qui élèv<> le nombre de pages de ce tome à 304. La 
pagination du tome IV recommence pour les deux derniers numéros. 

Dans la seconde série, dont le premier volume a pour titre: Annale» de la Société des 
Sciences, Bellet-Leltres et Arts et dont le second et les suivants portent celui d'.4««e/f* 
de la Société Royale, etc., sont contenus tous les travaux que la Société a mis au jour 
depuis s» réorganisation, en janvier 1818, jusqu'au 3 mars 1837. 

Les Annales forment 14 volumes composés chacun de six numéros, dont le premier a 
paru eu juillet 1818. Le premier et le troisièmé volumes ont chacun une planche, le 
quatrième en a deux, le sixième une, le septième trois, le neuvième deux, le onzième 
sept, le douzième neuf, le treizième huit et le quatorzième une. 

Le titre du premier volume, qu'ou trouve eu tète du sixième ou dernier cahier, porte, 
par erreur, la date de 1819; c'est 1818 qu'il faut lire. 

Li troisième sérié comprend 10 volumes et s'étend jusqu'à l'année 1852. Les sept pre¬ 
miers volumes de celte sérié portent le ti’re de : Mémoire» de la Société Royale , etc., 
les trois derniers sont intitulés : Mémoires de la Société des Science », etc. De ces dii 
volumes, le premier renferme cinq planches, le deuxième en a huit, le troisième une, le 
quatrième trois, le cinquième sept, le sixième deux, le septième une, le huitième trois, le 
neuvième deux et le dixième sept. 

Enfin, la quatrième série, publiée dans un format un peu plus grand que tes trois 
précédentes et sous le titre de : Mémoire» de la Société d'Af/riculture , Science», Belles- 
Lettre» et Arts d'Orléans, comprenait, au t* r novembre I 99, trente-sept volumes : le 
premier, commencé au 2 avril 1853, porte la date de 1853: le dentier porte la date de 
1890. Cette série se continue. 

Son premier volume contient sept planches, le second huit, le troisième et le quatrième 
chacun trois, le cinquième deux, le sixième cinq, le septième dix-sept, le huitième cinq, 
le neuvième dix-neuf, le dixième sept planches et trois tableaux, le onzième une seule 
planche, le douzième quatre, le treizième deux, ie quatorzième deux aussi, le quinzième 
et le seizième chacun une seulement, le dix-huitième six. le dix-neuvième huit, le ving¬ 
tième cinq, te vingt et unième sept, ie vingt-deuxième une eau forte et huit planches, .e 
vingt-troisième une planche de musique, le vingt-quatrième n'en a pas, le vingt-cinquième 
eu a huit, le vingt-sixième une seule, le vingt-septième nue seule aussi, le vingt-huitième 
dix-neuf, le vingt-neuvième n'en a pa«, le trentième n'en a qu’une, le trente-troisième en 
a trois, le trente-quatrième, le trente-cinquième, le trente-sixième et le trente-septième 
«Vu n’ont pas. 

Après lé tome XV de la 4 e série des Mémoire », la Société a publié une table generale 
d. s matières contenues dans les it» premiers volumes de la collection de ses travaux. 


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MÉMOIRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ D’AGRICULTURE, 

SCIENCES, 
BELLES-LETTRES ET ARTS 

D’ORLÉANS 

TOME TRENTE-HUITIÈME 


4* Série des Travaux de la Société. - 69* volume de la collection 


ORLÉANS 

Imprimerie Georges MICHAU et O 
Passage du Loiret 

1900 


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LES BARBARESQUES 

E’ALO-EB 

DEMANDENT UN ROI FRANÇAIS 

( 1572 - 1573 ) 


Séance du 20 octobre 1899 


En 1570, la République de Venise sérieusement menacée 
par les flottes ottomanes, dont le pavillon triomphant était 
la terreur de tout le littoral méditerranéen, imagina de res¬ 
susciter pour la circonstance, et par l’intermédiaire du 
pape Pie V, la ligue catholique que Léon X n’avait 
fait qu'ébaucher, au commencement du xvi* siècle. Des 
efforts du Pontife sortit une puissante coalition composée 
de l’Espagne, des États pontificaux, de l’ordre de Malte et 
de Venise. Le 7 octobre 1571, la flotte alliée remportait la 
mémorable victoire de Lépante. 

Si l’on se reporte aux maux et aux outrages que la chré¬ 
tienté avait alors à supporter des Turcs et de leurs auxi¬ 
liaires, les pirates Barbaresques, on comprendra l’immense 
cri de joie et de délivrance qui salua, de toutes parts, cette 
journée glorieuse. Pie V, en apprenant que Don Juan 
d’Autriche, Généralissime des forces alliées, venait de 
presque anéantir, d’un seul coup, la formidable marine 
Ottomane, laissa échapper cette exclamation empruntée 
aux saintes Écritures : Fuit homo miss us a Deo cui 
nomen eral Johannes . Dans cette sanglante bataille où la 
flotte chrétienne, qui ne comptait que 212 bâtiments, défit 

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si complètement la flotte ottomane forte de 264 voiles, Ali 
ei Euldj el Fortas, pacha d'Alger (1), fut le seul des lieute- 


(1; Ali el Euldj (le Renégat) el Fortas (le Teigneux), surnommé 
aussi en turc el Kilidj (sous-entendu ed doula) l'épée de l'Empire, 
était d’origine italienne. Il fut Pacha d'Alger de 1569 à 15T2. C'est 
lui qui, plus de trois siècles avant M. de Lesseps, songea à entre¬ 
prendre le percement de l’Isthme de Suez, l’œuvre la plus grandiose 
du xix* siècle. Une lettre de M. de Lancosrae, ambassadeur de France 
à Constantinople, datée de Pera, ^5 juillet 1586, et adressée à Henri III, 
nous donne des détails très curieux à ce sujet. 

« ... Oluchaly (Ali el Euldj) mesme m'a dit qu'il est qu'il s'en va 
en Alexandrie, avec XXV gallères, deux mahones et quelques gal- 
lions, pour un effectqui me semble impossible, ou pour le moins très 
difficile : qui est d'ouvrir un canal au Caire, tirant à une ville qui 
s’appelle Uez (Suez), sur la pointe du goulfe de la mer Rouge, y ayant 
distance par un désert sablonneux et sans eau dculco de cinq à 
six journées de chameau, par le quel ils veulent détourner le Nil et le 
faire navigable jusqu’à la mer Rouge, affin d'ouvrir le chemin à 
toutes gallères et vaisseaulx pour aller aux Indes orientales, sans 
chercher l’Océan Ils disent que sultan Soliman avait eu ce desseing, 
et toutes fois l’ayant commencé l’avait laissé Maintenant Oluchaly 
qui ne demande qu’à sortir et aller faire ses affaires, ayant trouvé ce 
subject sur quelques plainctes qui estaient venues de l'Arabie Heureuse 
et de la Mecque, que les vaisseaulx espagnols ou portugais qui sont 
aux Indes, estaient parus jusqu’après de la Mecque, et voullaient 
faire une forteresse sur le détroit d’Aden, qui serait de très grand pré¬ 
judice à ce Seigneur (le Sultan) et à sa réputation, sur cette occasion, 
ils lui ont proposé ce moïen et tient en ce qu'ils lui ont persuadé 
tellement qu’il leur a accordé le revenu de l’Espargne d’Egypte qui 
sont six cens mille ducats par an. Ils font étas d’y employer cens 
millehommes au travail, quarante mille asnes et douze mille chameaux 
pour porter l'eau doulce. Ce beau deeseing leur a tellement enflé leur 
vanité accoutumée et attisé leur ambition et avarice, qu’il leur 
semble qu’ils ont dcsja les trésors et les pierreries de l’Inde, et qu’ils 
ont mis dans un retz le Persian. Us ne mettent en aucun cornptel'Es- 
pagnol, car ils disent qu’il n'y a que quatre mille hommes. A la vérité, 
si leur désir et espérance réussissait à faire ce canal, y mectant deux 
cens gallères armées qu’ils disent, ayant l’Arabie comme ilz ont et y 
tournant la teste sans être empeschés d’ailleurs, ils fermeront la porte 
à Lisbonne et l'Espagne de ce costé, et seront pour agrandir et enri¬ 
chir grandement cet Empire. Six mois feront en avoir ou paroistre 


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nants du Grand-Seigneur qui se tira, avec honneur, de ce 
désastre. 

La marche inégale des bâtiments chrétiens les avait sé¬ 
parés les uns des autres et rompu l’ordre de bataille. Ali 
el Euldj, apercevant quinze galères espagnoles, vénitiennes 
et maltaises groupées sur la droite, à une assez grande 
distance, se porta sur elles avec toutes ses forces. Dix ga¬ 
lères, au nombre desquelles se trouvait la capitane de 
Malte, tombèrent au pouvoir du Pacha d’Alger qui, de sa 
propre main, trancha ta tète du commandant de Messine. 
Mais Don Juan, victorieux à l’aile gauche, accourut, et 
Ali se trouva bientôt menacé lui-même d’ètre enveloppé 
par des forces supérieures. Contraint d’abandonner la capi¬ 
tane de Malte, il emporta du moins le grand étendard de 
la Religion et, voyant la flotte turque en pleine déroute, il 
déploya toutes ses voiles et passa au travers des chrétiens 
avec cinquante galères, les seules qui échappèrent au dé¬ 
sastre de cette sanglante journée. 

Ali el Euldj regagna heureusement Constantinople après 
avoir ramassé dans les divers ports de l’archipel tous les 
bâtiments ottomans qui s’y trouvaient, de sorte qu'il put 
rentrer dans le Bosphore, à la tête de forces respectables, 

quelque chose de ce desseiog. » Documents inédits sur l’histoire de 
France. Imprimerie Nationale, Négociations dans le Levant t III, 251. 

On ne saurait trop admirer la haute pensée du pirate Barbaresque 
et la perspicacité politique avec laquelle il savait prévoir le rôle im¬ 
portant réservé à la mer Rouge par l'ouverture du canal de Suez. 
Napoléon 111 en avait eu quelque idée, et la mission du commandant 
Russel, en 1860, dans la mer Rouge et en Abyssinie, avait clairement 
démontré combien il importait de s'assurer des positions stratégiques 
et commerciales sur cette grande route de l’Extrême-Orient. Malheu¬ 
reusement, la diplomatie impériale négligea les renseignements aussi 
sages que clairvoyants du commandant Russel, et la troisième Répu¬ 
blique, non moins négligente des intérêts nationaux, permit à 
l’Angleterre de planter son pavillon sur des points importants* tels 
que Zuliah, Disséh, au mépris de nos droits acquis et irréfutables* 


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— 8 — 


qui dissimulèrent aux yeux des habitants de la capitale la 
réelle étendue des pertes subies par les armes ottomanes. 
En récompense du courage, de l'habileté et du zèle de son 
lieutenant, le Grand-Seigneur éleva le Pacha d’Alger à la 
dignité de Gapitan Pacha, c’est-à-dire le généralissime de 
toutes les flottes turques, et décréta qu’à l’avenir son sur¬ 
nom d 'Euldj serait changé en celui de Kilidj el doula , le 
glaive de l’Empire. 

Au commencement de l’année 1572, Ali el Euldj avait 
été remplacé, comme Pacha d’Alger, par Arab-Ahmed, 
gardien des esclaves du Grand-Seigneur. Le premier soin 
du nouveau chef de la régence d’Alger avait été de rendre 
ses devoirs à Monseigneur l’Évêque d’Acqs, ambassadeur du 
roi de France à Constantinople, qui écrivait le 23mars 1572 
à Charles IX : 

« Sire, l’armée que le Grand-Seigneur fait mettre en 
mer cette année, sortira à la fin de mai prochain, au 
nombre de 200 vaisseaulx dont est général Euldj Ali, na¬ 
guère vice-roi d’Alger, au lieu duquel a été constitué 
Arab-Amat (Arab-Ahmed), qui m’a envoyé visiter et offrir 
tous les plaisirs et tous offices qu’il pourra faire à vos sub¬ 
jets, et mèmement pour la délivrance de ceux qui se trou¬ 
vent en Alger; suivant le commandement que je lui ai eu 
fait par le Bacha (Grand-Vizir), lequel sera aussi porté par 
écrit et bonne forme, par le S r de la Valdesse... » (1). 

Cet empressement marqué du Pacha d’Alger à rendre ses 
devoirs à l’ambassadeur de France à Constantinople, n’é¬ 
tait que la conséquence des bonnes relations existant entre 
la France et la Sublime-Porte, depuis que François 1 er , 
pendant sa longue lutte contre Charles Quint, avait pris 
pour base de sa politique extérieure : l’abaissement de la 
maison d’Autriche avec le concours de la Turquie. 

(1) Négociations dans le Levant , III, 251. 


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— 9 — 


De 1525 à 1540, il y eut au moins six missions envoyées 
par François 1 er à Soliman I" (1), et toutes puissamment 
secondées — le fait mérite d’être signalé — par Barbe* 
rousse, l'un des fondateurs de la Régence d’Alger, devenu 
capitaine-général (1525-1546) de toutes les forces otto¬ 
manes. En 1535, un traité d’amitié et de commerce avait 
été signé entre les deux souverains, et ce fut ce traité qui 
depuis servit de base à toutes les conventions postérieures 
de même nature. 

François 1 er fit acte de bonne et intelligente politique le 
jour où dans un intérêt national et, malgré la répulsion de 
ses contemporains pour les infidèles, il noua des relations 
amicales avec Constantinople. Cbarles-Quint, son rival, 
tirait une force immense de sa double domination an Alle¬ 
magne et en Espagne, et ne visait pas moins qu'à se rendre 
maître de la France. Or, les attaques de la Turquie vinrent 
toujours à point pour l’arrêter dans l’accomplissement de 
ses desseins. C’est alors que François I er , vivement blâmé 
par le fanatisme religieux de ses contemporains qui regar¬ 
daient comme monstrueuse l’alliance du Roi très Chrétien 
avec le Turc, aurait dit : « Si les loups me viennent atta¬ 
quer chez moi, il m’est bien permis d’appeler les chiens 
pour les chasser. » D’un autre côté, ses ennemis faisaient 
frapper à Rome une médaille représentant Soliman I" fai¬ 
sant alliance avec le diable, et François 1" s’avançant pour 
s'y joindre, avec ces mots : Ego tertius. 

Aujourd'hui, l’histoire impartiale, appréciant la politique 
extérieure de François I er , doit en faire un titre d’honneur 
pour le Prince qui, en présence du salut et de l’existence 
même de son peuple, n’hésita pas à dédaigner certaines 
considérations d’un sentiment religieux peu éclairé. 

(1) Hammer. Mémoire sur les premières relations diplomatiques 
entre la France et la Porte. Journal asiatique , 55* année. 


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— 10 — 


Arab-Ahmed, arrivant à Alger, en mars 1572, pour 
prendre possession de son pachalik, trouva le divan de la 
Régence et les janissaires de l’Odjak en proie aux plus 
vives appréhensions d'une visite de la flotte chrétienne 
victorieuse. Après les communications lentes et imparfaites 
de l’époque, on ne connaissait jamais que le gros des événe¬ 
ments extérieurs, à de longs intervalles et avec toutes les 
altérations inhérentes aux informations tardives et incom¬ 
plètes. Ainsi, par exemple, tout ce qu’on savait à Alger au 
commencement de 1572, c’est que la flotte turque avait 
été détruite à Lépante, et que l 'armada catholique était à 
Messine, sous le commandement de Don Juan d'Autriche, 
dominant toute la côto septentrionale d’Afrique, et y jetant 
l’alarme depuis Tunis jusqu’à Gibraltar. De plus, parmi les 
projets prêtés au vainqueur de Lépante, celui d’une attaque 
contre Alger prenait surtout de la consistance. Donc la 
Régence, menacée à l’ouest et du côté de terre par les 
Espagnols établis à Oran, avait tout lieu de craindre, 
par mer, une attaque de la flotte chrétienne, précisément 
dans un moment où la marine turque était retenue dans 
l’archipel par la nécessité de fermer à l'ennemi les Darda¬ 
nelles, pour défendre l'accès de Constantinople. 

C’est dans cette situation critique que les Algériens, 
s’autorisant des bonnes et amicales relations existant entre 
la France et la Porte, tentèrent une démarche évidemment 
décidée sous la pression des circonstances extérieures et, 
peut-être aussi, motivée par la crainte d’un mouvement de 
la population indigène, toujours disposée à secouer le joug 
des Turcs. Le divan d’Alger adressa au roi de France une 
demande formelle à l’effet de passer sous sa domination. 
A la suite de cette démarche, une négociation très instante 
fut entamée par Charles IX, afin que la Sublime-Porte cédât 
cette possession qui aurait été érigée en royaume pour le 
Duc d’Anjou, frère du Roi. 


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U — 


Charles IX, jaloux des lauriers, contestables cependant, 
cueillis par son frère à Jarnac et à Moncontour — jaloux 
également des préférences très marquées de Catherine de 
Médicis qui tendait toujours à mettre en avant le jeune 
duc d’Anjou, afin de pouvoir, au besoin, l’opposer au roi, 
son frère — n’était pas fâché d’éloigner ce dernier de 
France. Il accueillit donc avec empressement la demande 
des Algériens, de même qu’un peu plus tard, il devait favo¬ 
riser, avec non moins d’intérêt, les visées du duc d'Anjou 
à la couronne de Pologne que Catherine, à la suite de 
négociations préparées de longues mains, avait obtenue de 
la noblesse polonaise pour son fils de prédilection. 


II 

11 faut regretter de ne pas posséder l’acte authentique en 
vertu duquel les Algériens s’offraient d’eux-mêmes à 
la domination de la France, car il formerait aujourd’hui 
un titre séculaire et un précédent historique à l’union qui 
rattache et confond désormais les territoires de la France 
et de l’Algérie. Malheureusement, les trop rares documents 
indigènes recueillis à Alger sont absolument muets sur 
cette demande de la population Algérienne. Il est vrai que 
les chroniqueurs musulmans, dont les récits sont déjà si 
brefs et laconiques à propos des événements qui flattent le 
plus leur vanité nationale et leurs sentiments religieux, 
n’ont pas dû être fort empressés de transmettre à la posté¬ 
rité la mémoire d’une démarche d’ailleurs très peu ortho¬ 
doxe au point de vue de l’Islamisme, et qu’une nécessité 
des plus pressantes a pu seule arracher à leurs ancêtres. 

C’est au mois de mai 1572 que l’on rencontre, dans les 
documents européens, la première trace de la demande d’un 
roi français faite par les gens de la régence d’Alger : une 


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12 — 


lettre de Charles IX, roi de France, datée du 11 mai 1572 
et adressée à François de Noailles, évêque d’Acqs, notre 
ambassadeur à Constantinople, où il venait de succéder à 
M. Grantrie de Grandchamps, révoqué (1). 

« M. d’Acqs, c’est pour vous advertir comme ayant 
ceulx d’Alger deslibéré d'envoyer par devers moy me 
prier les prendre et recevoir en protection, et les deffendre 
de toute oppression, mesmement des entreprises que les 
Ëspaignolz veulent faire sur eulx et leur pays, je me suis 
résolu, M. d’Acqs, y entendre, m’ayant semblé ne debvoir 
négliger ceste occasion, quand ce ne serait que pour em- 
pescher lesdicts Ëspaignolz s’en faire maistres, comme ilz 
feraient facilement, estans les villes et places despourvues 
de vivres et hors moyen d’en recouvrer à cause de la 
grande inimitié des janissaires et Maures, et très mal gar¬ 
nies de munitions de guerre pour se pouvoir deffendre de 
cet orage s’ilz ne sont assistez par moy, qui serais très 
marry en pareil cas de n’employer les moyens que Dieu m’a 
donnez, tant pour mon intérest particulier, qui y serait 
très grand si lesdictz Ëspaignolz en estaient maistres, que 
pour servir à l’amitié et bonne intelligence qui est entre 
le G. S. et moy. Au moyen de quoi, je suis résolu embrasser 
ceulx dudit Alger, et les recevoir en ma protection, estant 
asseuré que ce sera chose aussy agréable audit G. S. 
comme il m’en aura très grande obligation; et qu’en cette 
considération, il sera très aise que mon frère le duc d’An¬ 
jou que j’aime, ainsy que luy pourrez témoigner, en soit 
et demeure roy, en lui payant le tribut accoustumé et du 
quel il demeurera content. Ce que je vous prie moyenner 
et luy proposer dextrement et faire notter ce que je fais 

’l) François Je Noailles, E\êque d’Acqs, autant par sa valeur per¬ 
sonnelle que par l'importance des événements auxquels il fut mêlé, 
est considéré comme l'un des hommes les plus remarquables de notre 
diplomatie du xvi* siècle. 


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— 13 

pour luy en cet endroit, embrassant ceste occasion, en 
Testât où sont aujourd'huy ses affaires, affin qu’il se con¬ 
descende plus voluntiers à ce que je vous mande pour mon- 
dit frère. Et si mon entreprise réussit, ainsy que j’espère 
qu’elle fera, si ceulx duditpays continuent en ceste oppinion 
qu’ils m'ont mandée estant asseuré que ledit G. S. sera 
beaucoup plus aise que ledit pays soit entre les mains de 
nondit frère, luy en faisant telle reconnaissance, que s'il 
estait 'occupé par lesdicts Espaignolz, lesquelz sans diffi¬ 
culté s’en saisiront si je n’y mets la main. » (Négociations 
dans le Levant . Note III, 291). 

L'évêque d’Acqs n’accueillit pas avec enthousiasme le 
projet de son maître. La négociation à entreprendre avec 
la Porte lui inspirait des craintes sérieuses pour sa sûreté 
personnelle. Il ne dissimule pas ses appréhensions dans sa 
réponse datée du 31 juillet 1572 (1). 


(1) La Turquie qui, par sa constitution militaire de cette époque, était 
organisée pour la conquête se trouvait alors à l'apogée de sa puissance. 
Le Padischah de Constantinople s'intitulait : Ombre de Dieu sur terre , 
frère du Soleil et de la Lune , grand distributeur de toutes les cou¬ 
ronnes de l'Univers, etc., etc., etc. 11 affectait le plus insolent mépris 
pour les puissances chrétiennes. La Sublime-Porte n'avait aucun 
souci du droit des gens; au moindre incident désagréable au Sultan, 
un ambassadeur, même de pays ami, était malmené grossièrement, 
menacé, parfois brutalement enlevé et jeté dans les casemates du ch⬠
teau des Sept-Tours. La tour où lou emprisonnait ces malheureuses 
victimes de l’drgueil et du despotisme du Grand Seigneur, existe 
encore : ses murailles portent plusieurs inscriptions commémoratives 
de la captivité de certains diplomates, entre autres celles des envoyés 
vénitiens en 1600 et 1704. 

Le château des Sept-Tours, de sanglante mémoire, servait de 
prison d’Etat. Les janissaires, au temps de leur toute-puissance, y 
renfermaient les sultans détrônés et les y retenaient prisonniers, s’ils 
ne les étranglaient. Sept sultans ont péri de cette façon. Le nombre 
des vizirs ou autres grands personnages de la Sublime-Porte dont les 
têtes ont été accrochées aux créneaux du château des Sept-Tours, est 
innombrable. 


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— 14 - 


Je ne voy pas qu’il y ayt de quoy rire avecques 
eulx et ne me puis persuader qu’ilz sceussent trouver ce 
desseing-là bon, puisqu'il est question de s'en emparer et 
de le tenir avant d’en avoir prins advis de celluy à qui le 
fonds appartient. Je m'asseure qu’ilz me répondront n'avoir 
accoustumé de mectre leurs e9tats en protection de leurs 
arayz, mais bien de la recevoir en la leur et que vous 
trouveriez bien estrange que ung Prince vo9tre voisin vous 
fist tenir ce langage d’une de voz frontières pour favoriser 
la rébellion de vos subjectz. Quant à l’entreprise qui est 
faicte de ce costé-là par le roy d’Espagne, et que vostre but 
ne tend qu'à l'en erapescher, ilz me diront qu’ilz ont toujours 
conquiz et n’ont encore rien perdu ni peur de perdre et que 
s’ilz avaient besoing d'aide en ce païs-là le G. S. la vous 
eust demandée sans toutefois capituler ceste protection, 
saisie et tribut dont voz lettres font mention. Ils ont assez 
d'autres choses à dire et à faire beaucoup plus aigres que 
celles-là. Brief, Sire, je ne me sens pas assez hardy pour leur 
faire avaller cette tiriagne sans leur desguiser les ingré¬ 
dients, dont il me faut doubter que je n'en souffre par 
dessus la mesure de mes forces et de ma patience. Car ilz 
ont faict prisonnier et ignominieusement traicté, comme ilz 
font encores, le bailli des Vénitiens, auxquelz contre leur 
foy, ils ont rompu la guerre et prins le royaume de 
Chipre. Que ferontilz au ministre de celluy* qui, contre 
tout droict d'amitié et contre les propos d'icelle, desquelz 
il les a faict de nouveau asseurer par Luy, prend leur païs 
de force et par l’intelligence des sujets rebelles? Je prie à 
Dieu vous donner toute prospérité et à moy la vertu de 
comporter les maulx que je me veoy naistre à ceste occasion. 
S’il eust pieu à V. M. m'advertir de cette entreprinse de 
bonne heure, j'eusse mis peine de faire que vous y eussiez 
esté recerché, sans monstrer que vous feissiez desseing de 


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— 15 — 

vous en saisir et le forcer ; et cependant je me feusse tiré 
d'icy pour vous en porter de bon recordz. Mais à ceste 
heure que vous commancez par l'exécution, il est bien ma¬ 
laisé que je m'y sceusse conduire si dextreraent que je n'y 
demeure encloué. Dieu me soit en aide par sa bonté ». 

(Négociations dans le Levant , III, 290), 

Néanmoins, malgré ses craintes pour sa propre sûreté, 
le malheureux évêque diplomate entame la négociation 
ordonnée par Charles IX ; car, à la date des 8 et 14 août, 
il rend compte des premiers pourparlers engagés avec la 
Porte. 

< Sire, j'ai fait entendre au Bassa ce que vous me com¬ 
mandiez par vostre dépesche du xi* de may. A quoy j’ay 
adjouté et diminué selon qu'il me semblait estre nécessaire 
pour vostre service ; mais surtout je me garday bien de 
Luy dire la résolution que vous aviez prise de vous 
emparer du royaume d'Alger, car je suis assuré qu'ausitost, 
il m'eust mis en estât que vous n’eussiez plus tiré service 
de Moy, encores ne le scauront-ils que trop. Bien Lui ai-je 
dit que Monseigneur vostre frère m’avait escript que s’il 
plaisait au G. S. luy donner ce royaurae-là qu'il employe- 
rait plus volontiers et sa vie et ses forces pour empescher 
que le roy d’Espagne s'en emparast et lui payerait le 
tribut accoustumé ou tel autre dont il voudrait se contenter 
et n'oubliay là-dessus de mettre en avant un grand présent 
bien pesant au Bassa, avec une grosse pension tous les 
ans. Sur quoi, me fust répondu, pour le regard de cet 
article, que quand Monseigneur aurait employé une armée 
de laquelle je disois qu’il vous avait requis d’estre chef, 
à la conservation desdits pays, le G. S. feroit connaître 
quel prince il est qui fust tout ce que j’en peuz arracher ; 
et la dessus me dist ledit Bassa qu'il estoit besoin que je 
fisse un arze pour estre communiqué à Sa Hautesse, 
pomme j’ai faict ; et crois qu’il le verra dans trois ou 


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quatre jours. Mais je pense bien, selon le langage que 
ledit Bassa me tenoit, qu'ils n’ont garde de mordre en 
ceste grappe, combien que de ce costé-là ne soit jamais 
venu par de ça un seul escu au trésor de ce Prince et que 
le Vice-Roy qui est ordinairement commis en la garde du 
pays, face entièrement son proffit de tout le revenu d’iceluy : 
qui me fait croire que ce n'est pas grand chose et que la 
domination des Maures et des déserts de Libye est aussi 
différente des belles et fertiles plaines de Flandres, comme 
les pays sont esloignez l’un de l’autre. 

« Par ainsy, il est à craindre que ceux qui tournent les 
desseins de mondit Seigneur de ce costé-là, ne lui fassent 
prendre la paille pour le grain, veu la ligue que V. M. a 
conclue avec la royne d’Angleterre et la bonne intelligence 
qu’Elle a avec les princes d’Allemagne ainsy qu’il vous a 
pieu m’escrire. Aussitost que j’aurai entendu sur ce la réso¬ 
lution du G. S., je ne faudray de le vous faire savoir par 
homme exprès, s’il est besoin, dont je vous supplie croyre 
que je m'estimerais heureux d’en estre le porteur raov- 
mesme. » (Négociations dans le Levant, III, 293.) 

D’un autre côté, considérant l’occupation d’Alger comme 
un fait devant se réaliser, M. d'Acqs adresse au duc 
d’Anjou les recommandations suivantes sur la manière 
dont le Prince devra gouverner la régence d’Alger, au 
point de vue des mœurs locales : 

J’ay veu ce qu’il a pieu au roy de m’escrire de 
l’unziesme de mai, pour ce qui vous touche, dont le succès 
ne saurait estre plus heureux que je le vous souhaite. 
Surtout, je vous supplie très humblement vous garder de 
la perfidie des Maures et commander qu’il ne soit faict 
aucun desplaisirs aux Turcs ny en leurs mosquées et 
religion, ny en leurs personnes et biens, monstrant que tout 
ce qui se faict de vostre part ne tend qu'au bien et profit 
du G. S. protestant de Luy rendre son pays après que la 


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-- 17 — 


guerre qu’il a contre le roy cTEspaigne sera finie et qu’il 
vous aura rembourcé des frais de l’armée que vous aurez 
employée pour le garder de tomber entre les mains de son 
ennemy. Ce langage se doit tenir aux Turcs qui sont par 
de-là et même au Vice-Roy qui y est à présent, afin qu'il 
n’ayt occasion d'en faire de grandes exclamations par deçà, 
qui toutes tomberaient sur moi. C’est celuy qu’il faudra 
plus gracieusement traicter, et néantmoins s’asseurer de 
Luy dextrement à toutes fins pour me retirer, si les choses 
passent en aigreur et force, là et icy, comme il est bien 
malaisé qu’autrement il se puisse faire : veu l'insolence de 
l'homme de guerre Français, lequel se rend insupportable, 
en pays de conqueste ». (Négociations dans le Levant. 
Note III, 292.) 

Ces conseils étaient fort sages ; mais on voit que le 
négociateur, toujours inquiet pour sa sécurité personnelle, 
se préoccupait surtout de « faire avaller (aux Turcs) ceste 
tiriague en leur déguisant les ingrédients » de manière à 
se ménager, si possible, une porte de sortie, en cas de 
complications qu'il prévoit et qu'il redoute. 

Le Grand Seigneur, en d’autres temps, aurait sans doute, 
aux premiers mots de l'ouverture faite par M. d’Acqs, chassé 
honteusement l’ambassadeur de sa présence, s’il ne l’avait 
fait emprisonner au château des Sept-Tours, indigné d'un 
projet qui blessait profondément et son orgueil et son fana¬ 
tisme; mais, à ce moment, la Sublime-Porte avait besoin 
de la France qu'elle espérait décider à se déclarer ouverte¬ 
ment contre l’Espagne. Elle parut donc se prêter à la 
discussion d'un projet qu'elle était, au fond, bien décidée 
à repousser. La suite des négociations le prouve suffi¬ 
samment. 

Le 20 août 1572, M. d'Acqs va voir le Grand-Vizir pour 
obtenir une réponse à ses ouvertures. 

« Le xx e de ce mois (août), je teus veoir le Bassa pour 


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— 18 - 


scavoir la response de l’arzé que j’avais fait au G. S. sur 
vostre dépesche du unziesme, lequel me respondit que Sa 
Hautesse désirait estreindre et augmenter vostre commune 
amitié par tous les moyens qu’elle pourrait, et que je Luy 
recorderois qu’il se déclarast amy de vos amis et ennemy 
de vos ennemis. Et si vous voulez commencer la guerre du 
costé d’Espaigne, il vous ayderait l’année prochaine de deux 
cens galères, nonobstant la guerre qu’il a contre la ligue; 
et advenant qu’il fist la paix avec les Vénitiens, il vous en 
baillerait trois cens. Mais quant au royaume d’Alger, la 
response fust presque pareille à celle qu'il m’avait desja 
faite le premier du mois; adjoutant seulement que Son 
Altesse promettait à Monseigneur votre frère, en cas qu’il 
secourust le pays contre les Espagnols, qu’il luy en ferait 
telle récompense qu’il s’en contenterait ; et que peut-estre 
serait-ce de meilleure chose que ceste-là. Sur quoy je luy 
répliquay que V. M. ni Monseigneur votre frère n’estiez 
Princes lesquels il fallustallescherd’incertainesespérances, 
et que je me garderais bien de vous mander ce langage, le 
priant de me faire de tout point accorder ou refuser ce 
que dessus, alléguant sur ce faict plusieurs nouvelles con¬ 
sidérations. Pour conclusion, il me dit que si j’en voulais 
faire un nouveau arzé qu’il le ferait encore veoii audit 
G. S. et y ajouterait les meilleurs offices qu’il pourrait : 
ce qui a esté incontinent faict, et j’en attends la résolution, 
dont je ne puis mieux espérer quo de coustumo, quelque 
gros présent et pension que je luy aye sceu promettre. » 
(Négociations dans le Levant , III, 297.) 

Autre audience le 20 août et autres batteries diploma¬ 
tiques (Lettre des 4 et 6 septembre 1572). 

« Sire, voyant la longueur dont on usait à me respondre 
sur les arzés que j’avais fait au G. S., je fus voir le Bassa, 
le xxvni* du mois passé, qui me dit que Sa Hautesse les 
avait veuz et qu’il l’avait du coromançement trouvée bien 


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-In¬ 


disposée à gratifier Monseigneur vostre frère du royaume 
d’Alger; mais ayant communiqué de ce faict avec ses 
Muftiz et Docteurs de son empire, comme est accousturaé 
en semblable cas, il s’estait trouvé quy ayant leur religion 
de longtemps esté plantée et exercitée dans les mosquées, 
et la justice Turquesque administrée par ses magistrats et 
officiers, il ne le pouvait éclipser de sa domination non 
plus que Constantinople : toutesfois qu’il lui gardait mieux 
que cela. Et cependant pour Tasseurance de sa bonne vo¬ 
lonté, il promettait dès à présent vous délaisser toutes les 
conquêtes qui se pourront faire avec son armée de mer, 
tant en Espagne qu’en Italie. * (Négociations dans le Le¬ 
vant , III, 298.) 

C’était un refus clair et net de donner suite aux négo¬ 
ciations relatives à l’affaire d’Alger. Il était désormais 
manifeste que la Porte n’avait jamais eu un seul instant 
l’intention de laisser un prince français se créer un 
royaume sur la côte d’Afrique. 

Sur ces entrefaites, la mort de Sigismond-Auguste avait 
ouvert les compétitions au trône de Pologne, et M. d’Acqs, 
voyant dans cet événement un moyen de sortir de l'affaire 
d'Alger qu’il redoutait toujours lui devenir fatale (1), s’était 

(1) Le brutal traitement subi par l’ambassadeur de Pologne dans 
une conférence avec le Grand-Vizir n’était pas de nature à rassurer, 
en effet, l’ambassadeur de France : t 11 (l’ambassadeur de Pologne)— 
écrit M. d’Acqs le 4 septembre — m’a mandé la désordonnée inso¬ 
lence que le Passa Luy u«a hier, dont je fus bien estonné, qui fut de 
faire donner un souflet à un gentilhomme Polacre, en sa présence, et 
de faire tirer par ses capisis ou portiers l’ambassadeur hors de sa 
chambre de son audience, par les bras, et fort rudement, luy disant 
tant de villanyes que les siens mêmes en avaieat honte, puis luy fit 
donner gardes pour le resserrer. Je lui ay mandé que j’irai9vers ledit 
Hacha pour luy en dire mon advis et luy remonstrer le tort qu’il luy 
faict, comme je feray afin que oultre la bonne volonté qu’il a de 
vous faire service, il y ait de l’obligation. C’est pitié de veoir les in- 


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— 20 — 


empressé de préparer, auprès de la Porte, le terrain pour 
la future élection du duc d’Anjou. L’évêque-diplomate sa¬ 
vait qu'en cette circonstance il allait au devant des plus 
chers désirs de la reine-mère; et il réussit si bien qu’il 
détermina la Porte à une démarche officielle des plus dé¬ 
cisives. Le divan de Constantinople envoya à la Diète de 
Varsovie une ambassade solennelle chargée de mettre la 
Pologne dans l’alternative, ou d’élire le duc d’Anjou pour 
rester en paix avec la puissance voisine, ou de se préparer 
à la guerre si elle nommait un autre prétendant. CharlesIX, 
de son côté, n’avait pas attendu cette nouvelle direction 
de sa politique extérieure pour abandonner toute idée de 
royauté française sur le littoral barbaresque de l’Afrique 
septentrionale. 

Par dépêche du 15 octobre 1572 (adressée à M. d’Acqs), 
Charles IX se déclare satisfait et éclairé par les deux lettres 
que son ambassadeur lui a écrites sur l’affaire d’Alger : 
« Cette nouvelle occasion (l’affaire de Pologne) aura 
reculé le fait de la première, dit-il, de laquelle vous ne 
ferez autre instance pour cette heure ; toutefois, vous ne 
laisserez de me mander quelle réponse le G. S. vous aura 
faite sur le dernier arzè que vous lui avez fait présenter 
par le premier Bacha, ce qui nous éclairera entièrement de 
ce fait. » (Négociations dans le Levant, III, 345.) 

Dans une autre lettre écrite de Paris, 18 janvier 1573, 
Charles IX dit à l’évêque d’Acqs : « Les mutations surve¬ 
nues eu mon royaume font que je ne me donne grand’peine 
du refus, qui m’a été fait dudit Alger, auquel j’avais été 
mû de penser autant pour le respect de leur intérêt, pré- 

solences qui se font ici ordinairement auxambassadeurs de l'Empereur 
(d’Espagne) et aultres, et j’aymerai mieulx eatre le plus pauvre de 
vos serviteurs que d’endurer ce qu’ils endurent. » Harley, Correspon¬ 
dance de Turquie. (Négociations dans le Levant, 111, 301). 


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— 21 — 


voyant ce qui en pourrait advenir, comme pour autre con¬ 
sidération. n’étant marri avoir éprouvé en cette occasion 
ce que l’on peut espérer d’eux (les Turcs), interprétant 
toutefois le tout pour le mieux, et singulièrement la réponse 
du Bacha sur les conquêtes d’Italie. 

« Mais je suis fort déplaisant et mal content de votre 
partement (de Constantinople) et que vous vous y soyicz 
précipitamment résolu sans sçavoir mon intention. » ( Négo¬ 
ciations dans le Levant, III, 343.) 

En effet, l’Évêque d'Acqs, toujours hanté par les mêmes 
frayeurs à l’endroit du gouvernement ottoman, avait 
quitté assez précipitamment et sans autorisation son poste 
à la fin de septembre 1572, et s’était arrêté à Raguse. 
C’était de là que le pauvre évêque diplomate écrivait à 
Catherine de Médicis : « J’eus si grand peur de ce qui était 
porté par icelles (lettres de Charles IX) dont je tenais 
l’événement pour tout asseuré qu’il me semblait que je n’en 
serais jamais dehors assez à temps. > (Négociations dans 
le Levant, III, 316.) 

M. d’Acqs ne rentra à Constantinople qu’en mars 1573, 
et s’employa très utilement, comme nous l’avons dit plus 
haut, à l’élection du Duc d’Anjou au trône de Pologne. Il 
n’avait plus le cauchemar de l’affaire d’Alger, complète¬ 
ment enterrée. 

Certains regretteront peut-être, tout d’abord, l’avorte¬ 
ment de la séduisante entreprise de Charles IX. Mais 
qu’ils réfléchissent ; et avec quelques réflexions et un 
examen approfondi des hommes et des choses, de la per¬ 
sonnalité du futur roi et des conditions particulières des 
pays barbaresques, ils reconnaîtront que le projet n’était 
qu’un vain mirage. 

Le duc d’Anjou, luxurieux et dépravé, usé par l’abus des 
plaisirs et qui n’avait goût qu’à des passe-temps d’enfants 
ou de femmes, quand il n’était pas livré à de monstrueuses 

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— 22 — 


débauches, était le chef le moins propre à dominer l’Odjeak 
d’Alger et sa turbulente milice de janissaires. Voyez-vous 
le frère de Charles IX faire son entrée à Alger, comme il 
le fit deux ans plus tard solennellement à Paris, • ayant 
autour de lui grande quantité de singes, perroquets et 
petits chiens >. Le roi français d’Alger, eût-il été soutenu 
par une forte armée chrétienne, ne serait pas resté long¬ 
temps sur son trône. Kabyles, Arabes, Turcs, Renégats 
— et ces derniers étaient alors fort nombreux et influents, 
quoique tous ennemis les uns des autres — se seraient 
promptement ralliés contre l'occupation étrangère. Cette 
aventure se serait terminée certainement par un désastre. 
Ou le duc d’Anjou aurait lui-même pris en dégoût le climat 
brûlant de la régence et sa rude et batailleuse population, 
et aurait un jour abandonné la régence comme, plus tard, 
il devait abandonner la couronne de Pologne en s'en¬ 
fuyant, la nuit, de Varsovie, comme un malfaiteur — 
ou bien il aurait été chassé par ses sujets, peut-être 
même massacré, sort assez commun à un grand nombre de 
pachas d'Alger. 

Le moment n’était pas encore venu pour la France de 
détruire la piraterie Barbaresque, de rétablir la sécurité 
de la navigation de la Méditerranée et de rallumer sur le 
littoral de l’Afrique septentrionale le flambeau de la civi¬ 
lisation éteint depuis douze siècles : mission providentielle 
que poursuit, depuis soixante-neuf ans, la politique géné¬ 
reuse et humanitaire de la France ! 


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RAPPORT 


SUR L1 

aÆÉJlÊÆOIIRÆ] Q,TJT PBÉOÈDB 

Par M. M. Charoy. 


Séance dw 17 novembre 1899 


Le travail de M. Watbled ne fait qu'obéir à la néces¬ 
sité de toute étude historique en nous reportant à l'époque 
déjà lointaine où régnaient les Valois; mais, en outre de ce 
déplacement dans le temps, il nous invite à un déplace¬ 
ment dans l’espace, en nous entraînant vers ces pays du 
Levant si différents des nôtres, et à ce point de vue il 
nous fait bien un peu sortir de nos habitudes casanières et 
du cadre ordinaire de nos recherches sur l’histoire locale. 

Si M. Watbled avait besoin d’une excuse pour justifier 
celte nouveauté, il la trouverait dans la connaissance que 
ses séjours sur différents points de la côte méditerranéenne 
lui ont donnée et d’Alger, et de l’Egypte, et de Constanti¬ 
nople. 

M. Watbled connaît et aime l’Algérie qu’il a habitée ; 
il connaît aussi l’Orient musulman et sans jamais être passé 
par les transes que l’ambassadeur de Charles IX avoue un 
peu naïvement, il a pu, dans ses rapports avec les autorités 
turques, apercevoir, sous le velours de la courtoisie, les 
griffes du monstre qui faisait si grand peur à l’évêque 


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— 24 — 


d’Acqs. Il a aussi visité, en touriste, les cachots de Constan¬ 
tinople et peut mieux qu’un autre nous parler des mystères 
des « Sept-Tours de sanglante mémoire ». 

Il n’est donc pas étonnant qu’il ait été attiré par l’étude 
d’un incident qui, en mettant aux prises les diplomates 
français et turcs du xvi* siècle, pouvait avancer de 
près de 300 ans la conquête de l’Algérie par les Français. 

L’idée de confier la régence d’Alger à un prince français 
tributaire de la Porte était assurément originale, et nous 
ne pouvons nous défendre de partager l’étonnement qu’une 
pareille proposition dût causer au Bassa et à son Grand- 
Seigneur. Elle indique chez Charles IX une certaine 
absence de préjugés où se reconnaît sans doute l’influence 
de Catherine; car, si la politique de François 1 er , justement 
louée par M. Watbled, peut expliquer certaines alliances 
avec l’Infidèle, il nous est difficile de nous imaginer le fils 
et le frère de rois très chrétiens rendant au grand Turc 
les hommages d’un vassal. Le roi de France, il est vrai, 
devait dire quelque vingt ans plus tard : « Paris vaut bien 
une messe » ; on peut se demander toutefois si Alger valait 
une telle humiliation imposée à un prince français, au len¬ 
demain de la victoire remportée à Lépante par la Chrétienté 
sur son ennemi séculaire. 

Et cependant on ne peut s’empêcher de reconnaître dans 
ce projet d'un établissement français en Algérie une 
pensée vraiment politique. Ne pouvait-elle pas se recom¬ 
mander dans une certaine mesure du patronage de saint 
Louis lui-même qui, trois siècles auparavant, avait débar¬ 
qué sur cette côte d’Afrique et en avait ainsi, le premier, 
tenté la conquête ? C’est que l’histoire se refait constam¬ 
ment ou plutôt qu’elle s’essaie, par des efforts successifs 
longtemps infructueux, dans des entreprises qui doivent 
triompher un jour parce qu’elles sont dans la logique des 
choses. 


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— 25 — 


Le sort de ces provinces du nord de l’Afrique semble en 
effet obéir à certaines lois historiques qui ne sont que 
la conséquence de leur situation géographique. 

Isolés du reste du continent par des déserts, que pour la 
première fois nous songeons aujourd’hui à franchir, ces 
pays appartiennent bien plus à l’Europe qu’à l’Afrique elle- 
même. Reclus dit avec raison (1) : « Depuis le commence¬ 
ment de l’histoire, les relations les plus suivies de cette 
contrée, pacifiques ou guerrières, ont toujours eu lieu, 
non avec les terres africaines dont la séparent les solitudes 
du Sahara, mais avec les régions d’outre-mer situées au 
Nord ou à l’Orient. * La Méditerranée, si large quelle 
soit, n’est pas un obstacle et dès les premiers progrès de la 
navigation, le bassin méditerranéen n’a pas tardé à devenir 
comme celui d’un grand fleuve qui unit, plus qu’il ne 
sépare, ses deux rives opposées. 

C’est ainsi que, dès l’époque de la civilisation grecque, les 
provinces de l’Afrique septentrionale étaient occupées par 
des colonies ayant leur métropole dans l’Asie Mineure, àTyr 
ou à Sidon. Après la brillante période d’indépendance car¬ 
thaginoise, elles étaient absorbées par cet empire romain 
qui était bien l’empire méditerranéen par excellence. Les 
Vandales y portèrent le plus lointain effort de l’invasion 
des Barbares du Nord et y rencontrèrent bientôt le flot de 
l'invasion musulmane qui les culbuta. La suprématie de 
ces contrées fit alors retour aux pays orientaux; mais la 
lente décadence de l’empire ottoman les prédestinait à 
trouver de nouveaux maîtres. Les puissances européennes 
devaient, en effet, chercher à étendre leur domination sur 
les rivages de l’Afrique qui leur faisaient face au-delà de 
la Méditerranée. La France vient à peine de terminer cette 
conquête : le débarquement de saint Louis, le projet de 

(1) Reclus, Géographie universelle , t. XI, p. 293. 


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— 26 — 


Charles IX, si chimérique qu’il puisse nous apparaître, 
peuvent être regardés comme les précurseurs de l’expédi¬ 
tion de 1830 (1). 

Nous devons donc remercier M. Watbled d’avoir, en 
mettant en lumière des documents restés ignorés, appelé 
notre attention sur un incident diplomatique qui semble, 
malgré son intérêt réel, avoir échappé aux historiens. Il a 
su donner à cette étude la forme frêle et élégante qui lui 
est familière, et les appréciations qu’il nous communique 
empruntent une valeur particulière & sa connaissance des 
choses de l'Orient. 

La Section des lettres vous demande donc, Messieurs, de 
vouloir bien voter l’impression du travail de M. Watbled 
pour être publié dans vos Mémoires. 

(1) On peut mentiouner également dans cet ordre d'idées un débar¬ 
quement fait par lea Français sous la direction du duc de Beaufort 
qui s'empara, en 1664, du port de Djijelli, mais ne put le conserver. 
(V. Henri Mabtin, t. XV, p. 181). 

Louis XIV songea-t-il sérieusement à conquérir l’Algérie ? Il 
paraît avoir, sous l'inspiration de Colbert, fait étudier un projet 
pour l’entreprise d’Alger, inséré dans les Archives curieuses de VHis¬ 
toire de France (2 e série, t. X, p. 79). Mais le bombardement d'Alger, 
en 1682, s'il a été une sanglante punition infligée aux corsaires bar- 
baresqueB, ne se rattachait à aucun plan de conquête, ni à aucune idée 
d’un établissement des Français sur la côte algérienne (V. Henri 
Martin, t. XV, p. 582). 


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OBSÈQUES 


DB 

M. Jules LOISELEUR 


M. Jules Loiseleur, Secrétaire général de la Société 
d,' Agriculture, Sciences, Belles-Lettres et Arts d'Or¬ 
léans , est décédé le 5 mars 1900. 

Des discours ont été prononcés sur sa tombe par deux 
de ses collègues : M. Cuissard, son successeur à la Bi¬ 
bliothèque de la Ville, et M. Guerrier, son adjoint au 
secrétariat général de la Société. 

Disooars de H. Cuissard. 

C’est pour moi, Messieurs, un triste devoir que celui de 
dire à mon distingué prédécesseur un dernier adieu aveo le 
juste hommage dû à sa longue vie laborieuse et austère. 

Il m’a été donné, pendant bien des années, d’assister 
M. Loiseleur dans l'administration de votre belle Biblio¬ 
thèque qu’il aimait tant. 

J'ai pu constater le zèle qui l’animait dans l’exercice de 
sesfouctions qu’il a conservées pendant plus de 40 ans, à 
la satisfaction générale, et admirer, avec ses rares facultés 
de travail, sa vive intelligence qu’il a eu le bonheur de 
garder jusqu’à la fin. 

Malgré la retraite que l’état de sa santé lui avait impo¬ 
sée, il ne cessait de s’intéresser à la bibliothèque. Je puis 


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— 28 - 


dire en toute vérité qu’elle a, pour ainsi dire, été sa der¬ 
nière préoccupation, puisque, tout souffrant déjà, il a 
encore voulu assister, le mois dernier, à la réunion de 
notre commission et que cela a été sa dernière démarche. 

Son talent d’écrivain s’exerçait de différentes manières 
dans une langue châtiée et toujours correcte, soit qu’il 
fasse revivre des figures ou des œuvres ignorées ou sim¬ 
plement oubliées, soit que, changeant de sujet, et comme 
pour se reposer de ses savantes recherches, il chante en 
rimes harmonieuses les personnes ou les choses qu'il a 
aimées. 

Sa vie de labeur et d’honnêteté doit être pour nous un 
enseignement, pour sa famille en larmes une consolation 
et un patrimoine d’honneur. Dieu veuille lui donner le 
repos qu’il a si bien mérité ! 

Discours de M. Guerrier. 

La génération qui vient après nous n’aura guère connu 
de M. Loiseleur que ce grand vieillard, sec et courbé, que 
l’on voyait se promener à pas lents, péniblement, avec 
mélancolie, sous les arbres du Mail, ou dans quelques-unes 
des rues voisines de sa demeure. Ce grand vieillard avait 
été pendant plus d’un demi-siècle — il est bon que nos 
enfants le sachent — un des esprits les plus vigoureux, les 
plus vifs, les plus fins, les plus distingués d’Orléans. 

On put prévoir dès le collège ce qu’il devait être un 
jour. C’est pour lui qu’étaient les plus belles couronnes ; il 
était le poète de sa classe, comme ses condisciples l’avaient 
proclamé. 

La poésie, cette fleur délicate et brillante de l’esprit, 
embaumée des parfums du cœur, il ne cessa point de la cul¬ 
tiver avec amour dans sa jeunesse. Que de pièces de vers 


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on retrouvera peut-être un jour, qu’il n'a pas voulu faire 
connaître ! 

Quelques-unes seulement ont été publiées : elles sont 
charmantes. Plus tard, quand d'autres objets l'attirèrent, 
il n'abandonna pas pour cela définitivement la Muse, qui 
vint toujours pour le reposer, le réjouir ou le consoler. 

Sa vie tout entière fut une vie de travail. Il commença 
par les occupations du notariat, très honorables, très 
utiles, mais sans poésie ; plus tard, quand il avait quarante 
ans, il devint bibliothécaire de la Ville; c'était plus con¬ 
forme à ses aptitudes et à ses goûts ; il y resta quarante 
ans. 

Il avait été, dans l'intervalle, reçu membre, puis, quel¬ 
que temps après, élu secrétaire de la Société d’Agriculture, 
Sciences, Belles-Lettres et Arts d’Orléans. Il le fut trente 
ans, jusqu'à la fin de sa vie. 

C'est surtout à son secrétaire général, à son zèle persé¬ 
vérant et à ses travaux que notre Société veut rendre 
hommage, avec discrétion, en quelques paroles : ce n’est 
pas le temps ni le lieu des longs discours. 

M. Loiseleur nous apportait ses habitudes d'ordre, son 
expérience des affaires, avec l'amour du travail, une grande 
lucidité d’intelligence, beaucoup de bon sens et de déci¬ 
sion. Ses fonctions lui donnaient un rôle important dans la 
Société ; à plusieurs reprises, il en fut l’ame ; il nous 
laisse, en disparaissant, le sentiment d’une vive reconnais¬ 
sance et d'inoubliables regrets. 

Les travaux de la bibliothèque publique, ceux de notre 
secrétariat général ne suffisaient point à absorber la jour¬ 
née de M. Loiseleur. Il lui restait des loisirs; c’est par un 
travail différent qu’il se reposait de ses fatigues, comme nos 
terres où les cultures succèdent aux cultures, sans jachères, 
sans interruption. C'est alors qu’il composait et publiait ces 
articles de journaux, de revues, ces volumes très remar- 


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quéft pour la plupart et dont la simple énumération serait 
ici trop longue. Je ne puis parler que des études publiées 
dans nos Mémoires. Elles y figurent parmi les plus impor¬ 
tantes par leur sujet, leur étendue, leur mérite. 

Ce sont, entre autres, des documents pour l’histoire de 
nos anciennes sociétés savantes, des notices sur les ma¬ 
nuscrits de Lavoisier conservés à la bibliothèque de la 
ville, et sur nos châteaux historiques de Gien, de Sully, du 
Hallier. Dans tout cela, beaucoup de recherches faites à des 
sources inédites, souvent même inconnues, un choix judi¬ 
cieux des choses à dire et de celles qui sont à négliger, une 
sage disposition des matières, et dans le style beaucoup de 
clarté, de sobriété et de goût. 

M. Loiseleur nous a donné, dans un autre genre, une 
Anthologie d'Horace , c est-à dire une traduction des plus 
belles odes du poète latin : œuvre singulièrement difficile 
à laquelle il a longtemps travaillé, nuit et jour. Des cri¬ 
tiques sévères ont jugé qu'il y avait mieux réussi que ses 
prédécesseurs. 

En même temps, il lisait et relisait ses poètes préférés; 
et, comme sa mémoire était éîonnante et qu’il la conserva, 
avec ses autres facultés, jusqu’à la fin, le commerce de ces 
brillants esprits ajoutait à sa conversation un grand charme; 
et contribuait à lui donner tout ce qu'il faut, pour parler et 
pour écrire avec beaucoup d’amabilité et de délicatesse. 
Un seul exemple : voici dans quels termes il fait à la com¬ 
pagne si bonne et si dévouée de sa vie la dédicace d'un de 
ses ouvrages : 

A celle dont U cœur ne bat que pour le bien, 

Idéal d # indulgeuce et de douceur divines. 

Qui se prodigue à tous sans en attendre rien, 

Et de la sombre route oi\ son pas suit le mien, 

Toujours m'offre les fleurs et garde les épines. 


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C’est ainsi qu’il était aimable, quand il voulait l’être ; 
mais il avait besoin de le vouloir, je dois le dire et en donner 
la raison, ne voulant pas laisser exposés au regret d’avoir 
été trop sévères ceux à qui il n’aura pas été donné de voir 
souvent, de voir de près M. Loiseleur, et de connaître assez 
le fond de son âme. 

Il n’était guère encore qu’au milieu de sa carrière (1865), 
quand il éprouva la douleur accablante de perdre son fils 
unique, jeune homme de grande espérance, qui avait déjà, 
à dix-neuf ans, commencé de se faire un nom dans les 
lettres. Ce fut pour le pauvre père un coup terrible, dont 
il ne se releva jamais. Un long voile de deuil enveloppa sa 
vie et y resta attaché jusqu’à la fin, pendant trente-cinq ans. 

En même temps, il se trouvait atteint d’une maladie 
nerveuse qui se développa avec l’âge et dont résultait une 
sensibilité excessive qui faisait éprouver au malade des 
malaises à peu près continuels, des souffrances et quelque¬ 
fois d’atroces douleurs, incroyables à qui n’en aurait pas 
été témoin. 

De là oe8 impatiences, ces vivacités, ces brusqueries, ces 
duretés dont on n’est pas maître, qui éclatent tout à coup, 
sans qu’on l’ait prévu, sans qu’on y pense, et qu’on ne 
peut plus arrêter : misères de notre nature que la science 
explique et que le moraliste sait excuser. 

L’accès passé, M. Loiseleur déplorait son malheur, faisait 
des excuses et s’appliquait à tout réparer. Qu’il me soit 
permis de rapporter à ce sujet un fait auquel il m’est 
impossible de penser sans en être profondément ému. Tous 
les détails seront empruntés à des pièces imprimées de 
M. Loiseleur. 

Cette digne et noble femme, si patiente et si bonne, que 
nous avons pu voir, pendant trente-cinq ans, 

Traînant un deuil Bans fin dans sa vie en ruines, 

Offrant toujours les fleurs et gardant les épines, 


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elle eut, dans le cours d'une longue vie, pour les raisons 
qui ont été dites, bien des épines et bien des douleurs. 
Quand elle mourut, il y a trois ans, M. Loiseleur, dans le 
sentiment du vide qui s’était fait autour de lui et de la 
perte irréparable qu’il avait faite, s’adressait à elle dans 
une poésie émue, résumée tout entière dans son premier 
vers : 

Je De fai pas aimée autant que j’aurais dû ! 

Touchant et suprême hommage, rendu sur la terre, 
entendu là-haut, qui fait tant d’honneur à l’une et à l’autre 
et que je me reprocherais de n’avoir pas répété ici, au 
milieu de leurs amis, auprès de leur famille, devant ce 
tombeau, qui va bientôt les réunir. 

Un dernier trait, mais qu’il ne faudrait pas omettre, parce 
qu’il complète et qu’il couronne la physionomie morale de 
M. Loiseleur. Sa vie fut celle d’un honnête homme, labo¬ 
rieux et juste ; malheureux, pendant la seconde moitié de son 
existence, au milieu de tant d’éléments de bonheur; frappé 
au cœur, comme il était, d’une douleur inconsolable, et en 
même temps tyrannisé par cette sensibilité maladive, qui 
ne lui laissait point de repos. Elle l’empêchait d’être 
aimable; elle masquait, elle étouffait presque la bienveil¬ 
lance et jusqu’à la bonté naturelle qu’il avait dans l’âme. 
Souffrant beaucoup, les yeux constamment fixés sur ses 
souffrances, ce qui les accroissait encore, il ne s’apercevait 
point qu’il y eût autour de lui des souffrances et des 
larmes: on pouvait croire qu’il ne pensait qu’à lui-même. 
Ses vertus ne présentaient rien d’héroïque ; le vol de son 
esprit, pour la même cause, était enchaîné, comme les 
élans de son cœur: il n’eut pas le coup d’aile; Corneille 
et Pascal l’attiraient peu, et l’on ne s’aperçoit pas qu’il ait 
beaucoup pratiqué Platon, ni médité profondément l’Évan- 


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- 33 — 


gile. Même sur ce dernier point, il vécut, du moins appa¬ 
remment, dans une longue et tranquille indifférence. Mais 
un moment vient où la vieillesse se fait durement sentir : 
les forces s’en vont, l'horizon tout autour de nous se 
rétrécit, tout pâlit et se décolore. Et nos regards qui ont 
tant besoin de lumière et d’espace se tournent du côté des 
étoiles, cherchant à pénétrer l’au-delà. C’est un des besoins 
les plus impérieux, les plus nobles aussi de notre nature, 
auquel ne pouvait échapper l’esprit éclairé, sincère, tou¬ 
jours en éveil de M. Loiseleur. Visiblement préoccupé, il 
pensait souvent à ces choses, il s’en entretenait avec ses 
amis, il cherchait à résoudre de redoutables problèmes. Sa 
philosophie n’y suffisant pas, il se réfugiait modestement 
dans la foi du charbonnier , comme on l’appelle, mais qui 
est aussi, depuis bientôt dix-neuf cents ans, celle des 
esprits les plus puissants et des plus glorieux bienfaiteurs 
du monde. 

« O Dieu de mon berceau, sois le Dieu de ma tombe », 
l’avons-nous souvent entendu dire ; et c’était, chaque fois, 
sa dernière parole. 

Le Dieu de son berceau entendit sa prière; il n’attendit 
point au dernier jour, pour venir l’assister et le bénir ; et 
M. Loiseleur, quand fut venu le moment suprême, s’endor¬ 
mit doucement dans l’espérance de s’en aller revoir ceux 
qu’il avait aimés. 




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OBSÈQUES 

DE 

M. Édouard PELLETIER 

VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ 


Les obsèques ont été célébrées le 10 juin 1900. 

M. L. Guerrier, Secrétaire général, y a prononcé le 
discours suivant : 

Messieurs, 

La Société d’Agriculture, Sciences, Belles-Lettres et Arts 
d'Orléans aura été cruellement éprouvée dans cette der¬ 
nière année du siècle. Elle perdait, il y a trois mois, son 
secrétaire général; aujourd’hui, c’est à son vice président 
qu’elle rend les derniers devoirs; tandis que son dévoné 
président, retenu par une longue et douloureuse maladie, 
se voit privé, malgré tout son courage, de la consolation 
d'être en ce moment à notre tête auprès de ce cercueil et 
d’adresser à celui qui fut son collaborateur et son ami les 
paroles émues que lui aurait suggérées son cœur. 

C’est en 1883 que M. Edouard Pelletier fit son entrée 
dans la Société. 11 y fut chargé du secrétariat, le 2 mars 
1894; et porté à la vice-présidence peu de temps après. 
Nous avons trouvé en lui un collègue aimable et bon, 
simple dans ses relations, accueillant et juste ; un esprit 
éclairé, très lettré, ami des arts, les pratiquant même, pour 
être mieux en état de les apprécier et d’en jouir. 

Comme magistrat, il était réputé pour son intégrité et 
entouré de l’estime publique ; de son côté, il avait pour sa 
profession un attachement qui l’honore, mais qui fut cause 
de la grande douleur de sa vie, au moment où tant de 
magistrats furent sous nos yeux brusquement dépossédés 
de leurs sièges, sans que leur considération eût à en souf- 


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- 35 — 


frir. Frappé au cœur, M. Pelletier ne s'en consola point; 
mais il trouva autour de lui et en lui-même des diversions 
puissantes qui adoucirent l’épreuve et l’aidèrent à la sup¬ 
porter. 

Il aimait beaucoup ses enfants ; plus de loisirs lui per¬ 
mirent de donner à leur éducation plus de temps, plus de 
soins, et de préparer leur avenir. Vous savez comme il y 
a réussi. Plus tard les petits-enfants vinrent, qui furent, 
par leurs sourires et leurs gentillesses, la joie et comme la 
couronne de ses vieux jours. 

Les études auxquelles il n’avait pas cessé de se livrer 
lui-même lui ouvrirent une autre source de jouissances va¬ 
riées, inépuisables : véritable trésor ignoré du vulgaire, 
mais si précieux à ceux qui ont mérité d’en jouir. En di¬ 
sant un mot tout à l’heure du goût et de l’amour des arts, 
j’avais en vue les arts du dessin que pratiquait M. Pelletier. 
La courbure des lignes, l’harmonie des couleurs, le jeu de 
la lumière et des ombres sont pleins de mystérieux enchan¬ 
tements, qui se révèlent peu à peu, à mesure que l’on tra¬ 
vaille, que l’on apprend à regarder et k voir, à lire dans la 
nature; tout alors, jusqu’aux moindres détails, apparaît à 
nos yeux plein de charme et de poésie : un rayon de soleil 
à travers le feuillage, le vol de l’insecte autour d’une rose 
humide de rosée, le coup de vent qui courbe un buisson, 
comme dans le tableau de Ruisdaël, la fumée qui s’élève 
sur le toit des chaumières, et ces grandes ombres descen¬ 
dues des montagnes, qui vont s'allongeant, à mesure que 
le soleil penche vers son déclin. L’art a ainsi le secret de 
donner à la nature une vie nouvelle et une ravissante 
beauté. Aussi M. Pelletier aimait-il la campagne, ses bois, 
ses prairies, ses fleurs, ses bruits, son silence, son air pur 
qui rafraîchit à la fois le sang et la pensée. 

Plus vaste et plus riche encore nous apparaît le domaine 
des lettres. Je n’y veux recueillir, en ce moment, que ce 
qui m’a semblé particulièrement répondre aux idées de 


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M. Pelletier et à son état d’esprit-, à l'époque où je l’ai 
connu. 11 a dû s’envoler quelquefois, sur les ailes de la sa¬ 
gesse antique, à ces hauteurs sereines d’où le regard s’a¬ 
baisse avec calme sur les agitations et les vains projets 
des hommes ; sur leurs ambitions, leurs habiletés, leurs in¬ 
justices, leurs efforts de jour et de nuit, pour arriver au 
pouvoir, à la fortune et à la renommée. 

Il n’y a pas de plus doux spectacle, dit le poète latin. 
Lucrèce se trompe : il n’a pas tout connu. 11 y a quelque 
chose de plus doux encore, de plus noble surtout que cette 
contemplation stoïque et froide des misères de l'humanité : 
c’est de savoir y condescendre et y compatir; c'est aussi de 
s’élever plus haut encore et dans un autre monde; car, au- 
dessus de la terre, il y a le ciel ; et en même temps au mi¬ 
lieu, au-delà, dans tous les sens, des choses qui se voient 
et qui sont périssables, il y a les choses qui ne se voient 
pas et qui sont éternelles : c’est le droit, qui prime la 
force; le devoir, qui foule aux pieds les suggestions mau¬ 
vaises et les intérêts vulgaires; le dévouement à la patrie; 
la vérité, que l’on peut méconnaître, que l’on peut offenser, 
mais qui ne périt jamais. 

M. Pelletier avait vécu dans la méditation de ces grandes 
choses et s’y était tenu attaché par les liens d’une convic¬ 
tion profonde et d’un inviolable amour. Aussi était-il de 
ceux qui ne meurent pas tout entiers. Il laisse à ses amis 
un doux et respectueux souvenir, avec l’exemple de sa vie; 
il nous laisse ses enfants, qui consacrent leur vie, en ce 
moment, sur les rivages de l’Afrique, près des ruines de 
Carthage, ou sous les plis de nos drapeaux, à l’honneur et 
à la prospérité de la France. L’un d’eux, allié à une des 
plus honorables familles de la ville, restera parmi nous; il 
y perpétuera le nom et les vertus de son père. 


«r» 


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ALLOCUTION 

Prononcée dans la séance du 5 Octobre 1900 

Par M. CHAROY, vice-président 


A l’ouverture de cette séance de rentrée, votre pensée ne peut 
que se reporter avec une profonde tristehse vers l’aunée qui vient de 
s'écouler : sans doute, on n*en trouverait aucune, depuis la fondation 
de notre Société, qui lui ait apporté des deuils aussi nombreux et 
aussi cruels ; elle a vu disparaître successivement notre secrétaire 
général M. Loiseleur, puis M. de Buzonnièie, enfin, et presque coup 
sur coup, notre vice-président, M. Pelletier, et noire président, 
M. Paulmier, que nous avions la douleur de conduire à sa dernière 
demeure le jour même de notre dernière réunion. 

Je n’aurai pas la prétention de vous retracer la vie de ces hommes 
éminents; vous ne pardonneriez pas, cependant, à celui que votre 
dernier vote a appelé à l’honneur de présider cette séance, de ne point 
vous entretenir, au moins quelques instants, des pertes cruelles qui, 
en nous privant des trois principaux dignitaires de notre buieau, 
semblaient presque avoir détruit l’organisation de notre Société. 

M. Loiseleur était né à Orléans le 4 octobre 1810. Cet homme, qui 
devait laisser un nom parmi les érudits de notre époque, se consacra 
d’abord aux sévères fonctions du notariat ; il y apporta les qualités 
maîtresses, l'intelligente activité et la probité la plus scrupuleuse ; 
mais il n'y trouva pas sans doute la satisfaction de ses goûts person¬ 
nels, car il ne tarda pas à céder sa charge et se livra alors à des tra¬ 
vaux plus en harmonie avec la nature de Bon esprit. 

M. Loiseleur était un érudit, mais c’était aussi un écrivain, se 
préoccupant au même degré de la vérité historique à dégager et du 
charme littéraire dont elle avait besoin d’être revêtue. C’est cette 
double qualité qui permit à la léputation de M Loiseleur de sortir 
du domaine, toujours restreint de l’éiudition, pour atteindre le grand 
public. Quelques-uns de ses ouvrages sont dans toutes les biblio¬ 
thèques, tous ont contribué à établir la considération dont jouissait 
notre regretté collègue dans tous les milieux oü, depuis 40 ans, on 
s’est occupé d’archéologie et d'histoire. 

Il ne nous est pas difficile de nous faire une idée des principes qui 
guidèrent M. Loiseleur dans ses études historiques. 11 les a lui-même 
exposés, inconsciemment peut-être, dans la notice qu’il a consacrée à 
M. Eugène Bimbenet (t. XXXI. série D de nos Mémoires, p. 5). Les 
critiques qu’il adresse, non sans quelque sévérité, aux travaux de 
notre ancien président suffisent à indiquer tout su moins les defauts 
qU’il a eu toujours à cœur d’éviter. 11 a horreur du parti pris de la 
thèse, de ce qu’il appelle le système à priori; à cette école, dont il 
trouve le type chez l'abbé Dubos, il oppose la méthode vraiment scien¬ 
tifique, celle qui, après avoir soigneusement recherché et réuni tous 


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les documents, étudie les faits ainsi constatés et tire de ces faits, et 
d'eux seuls, la conclusion qui s'impose d'elle-même et constitue 
la vérité historique ; et M. Loiseleur cite comme son modèle et son 
maître. M. Fustel de Coulanges. 

Tel est l'idéal qu'a poursuivi M. Loiseleur : il ne m'appartient pas 
de vous dire s'il la toujours atteint; du moins s'en est-il souvent 
assez rapproché pour que ses ouvrages aient gardé dans le monde 
savant une légitime autorité. 

Si M. Loiseleur n’a pas toujours donné à la Société la primeur de 
ses plus importants ouvrages, il a pris cependant une part importante 
à ses travaux : vous trouverez le relevé complet de ses nombreuses 
communications dans le catalogue si ingénieusement dressé par notre 
savant collègue M. Cuissard. 

Mais c'est surtout comme secrétaire général qu'il a montré tout 
l’intérêt qu'il portait à notre Société. 11 a exercé ces importantes fonc¬ 
tions pendant 30 ans et, alors même que sa santé ne lui permettait 
plus d*assister aux séances, il ne renonça pas à exercer sur la Société 
une sorte de tutelle toujours vigilante. Les plus jeunes mnmbres pou¬ 
vaient quelquefois s'étonner de ne connaître leur Secrétaire général 
que par les instructions qu'il nous envoyait de son cabinet : ceux qui 
connaissaient M. Loiseleur savaient que ces interventions étaient tou¬ 
jours inspirées par son dévouement aux intérêts de la Société. 

M. Loiseleur était devenu bibliothécaire de la Ville en 1856 : long¬ 
temps il ne vécut que dans sa bibliothèque et pour sa bibliotèque. 
C'est là aussi, qu'après une longue maladie, il s’est éteint le 24 mars 
dernier. 

M. Loiseleur était chevalier de la Légion d’honneur depuis plus de 
30 ans. 

M. Edgard de Buzonnière n’a fait, pour ainsi dire, que traverser 
notre Société. Membre de la section d’agriculture, depuis 1893, il a 
présenté à la Société, dans sa séance du 1 er juin 1894, un trèsintéres- 
saut mémoire sur la Sologne et sa chasse . Il a montré dans ce travail 
qu’il était le digne fils de celui qui, pendant de nombreuses années, 
avait fait profiter la Société de ses études et de ses connaissances 
approfondies en matière d'agriculture. M. E. de Buzonnière conti¬ 
nuait la tradition de ces propriétaires Orléanais qui ont si efficacement 
concouru à la prospérité agricole de notre région et plus particuliè¬ 
rement à celle de la Sologne. 

Depuis quelques années, M. E. de Buzonnière ne quittait plus guère 
sa terre du Berry : c’est là qu’il a été prématurément frappé par la 
mort. 

Notre président M. Paulmier et notre vice-président M. Pelletier, 
nous ont été enlevés à quelques jours d’intervalle ; il semble que la 
mort n'ait pas voulu séparer ceux qui, dans la vie, avaient eu bien 
des points de ressemblance et de contact. 

Tous deux appartenaient à ce corps de la magistrature dans lequel 
notre Société a aimé de tout temps à recruter un certain nombre de 
ses membres. Sans doute, les magistrats que vous avez appelés 
parmi vous n’étaient point généralement des professionnels de ^érudi¬ 
tion, mais ils joignaient à une haute culture intellectuelle le goût des 
lettres et des choses dè l’esprit, ils appartenaient à cette élite de la 
société orléanaise qui s'est toujours distinguée par l'aménité de ses 
manières et l’élévation de ses sentiments ; toutes ces qualités se trou* 


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— 39 — 

raient réunies chez nos regrettés présidents et ce sont elles qui leur 
avaient attiré l'honneur de votre cnoix. 

M. Paulmier, né à Paris en 1824. entra fort jeune dans la magies 
trature. Il était, en 1851, substitut à Forcalquier lorsqu’éclataient des 
troubles causés par les événements politiques de l'époque. Sans 
crainte do danger auquel il s'exposait, il voulut tenir tête à l'émeute 
et fut fait prisonnier : il devait être fusillé le lendemain matin et ne 
dut son salut qu'à l'intervention d'un jeune ingénieur. M. Duval, qui, 
ayant gagné un gardien, fil évader le prisonnier pendant la nuit. La 
voiture dans laquelle il s'échappait et où il avait été reconnu fut pour¬ 
suivie par les émeutiers à coups de pistolet : une balle vint frapper 
au bras l'un de ses compagnons. 

Le courage qu'il avait montré en face de l’émeute, la modération 
dont il fit preuve lorsque l'ordre fut rétabli, valurent au jeune magis¬ 
trat la croix de la Légion d'honneur. 

Après Avoir gravi tous les échelons de la hiérarchie judiciaire à 
Gien, à Chinon, à Blois, M. Paulmier fut nommé conseiller à Orléans 
en 1862 : il épousa la fille d’un des magistrats les plus distingués de 
la Cour et ce mariage, en le faisant entrer dans une de nos familles 
orléanaises les plus justement estimées, le fixait définitivement parmi 
nous. 

M. Pelletier, quoiqu’il fût né à Etampes, appartenait à une fa¬ 
mille gue de nombreux liens rattachaient à l'Orléanais. Aussi après 
avoir été attaché à la Chancellerie, puis substitut à Rochechouarl il 
entra dès 1850 dans le ressort de notre Cour et après y avoir occupé 
différents postes et subi en 1870 une révocation de courte durée, il 
vint occuper en 1871 un siège de conseiller à la Cour d’Orléans. 

Je ne ferai point ici l'éloge des qualités qui distinguèrent ces deux 
magistrats dans l'exercice de leurs fonctions : je me bornerai à dire 
que lorsque tous deux, frappés ensemble par l'application de la loi du 
30 août 1883, durent résigner leurs fonctions, ils ne virent en rien 
diminuer l’estime et la considération dont ils étaient entourés. 

La diversité de leurs caractères et de leurs aptitudes qui pouvait 
ne point apparaître lorsque tous deux se livraient avec le même zèle 
à des travaux semblables et poursuivaient le même idéal de justice, 
se révéla au contraire dès que leurs loisirs leur firent un devoir de 
rechercher pour leur activité de nouvelles occupations. 

M. Paulmier se dépensa plus au dehors. 11 avait toujours aimé 
l’agriculture, la vie active, le plein air. Il se donna alors avec entrain 
à l'exploitation de son domaine de la Brossette et devint un agricul¬ 
teur modèle. C'est ainsi que ce magistrat fut l’un des membres les 
plüs actifs et les plus compétents de notre section d'agriculture : il 
dirigeait avec autorité la visite des fermes en vue de l’attribution des 
prix de Morogues et Perrot et dans de remarquables rapports faisait 
ressortir les mérites et les défectuosités des exploitations agricoles, 
dont la commission avait à apprécier la valeur comparative. 

Maire de Chanteau, depuis 1884, membre de la Société de Secours 
aux blessés depuis sa fondation, président de cette société, délégué 
régional, M. Paulmier s'inspirait toujours de l’idée patriotique. C’est 
elle oui lui faisait éleverdans un coin de la forêt une poétique tombe 
à ce héros, resté anonyme quoique populaire, le Turco ; c'est elle en¬ 
core qui lui faisait préparer avec tant d'ardeur l'organisation des am¬ 
bulances et du service de secours aux blessés, organisation tenue 


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— 40 — 


toujours toute prête eu vue d'une éventualité qui, souvent mena¬ 
çante, ne s'est heureusement pas réalisée. 

Dans toutes ces fonctions particulièrement dans celles de président 
de notre Société qu'il a remplies depuis 1892» M. Paulmier ne ména¬ 
geait ni sa peine, ni son temps, ni ses démarches. 11 se mettait réelle¬ 
ment et efticacement au service de tous : sa bonne humeur toujours 
égale, sa séduisante affabilité savaient éviter les froissements, aplanir 
les difficultés et sa bonne grâce le faisait réussir là où tout autre au¬ 
rait échoué. 

C'est dans son cabinet de travail queM. Pelletier rechercha surfont 
les consolations dont, plus que tout autre peut-êtie, il eut besoin après 
la perte de ses fonctions judiciaires; et ce cabinet était à la fois celui 
d'un artiste et d'un littérateur. 

M. Pelletier appartenait à notre Section des arts. Dessinateur ha¬ 
bile, il avait en effet le goût artistique le plus fin et le plus cultivé. 
Sa famille a le privilège de conserver ses dessins où la nature, sincè¬ 
rement comprise, est heureusement reproduite; mais joignant la 
théorie à la pratique, M. Pelletier a su nous faire profiter de ses 
connaissances et de ses aptitudes spéciales : ses communications (Moy- 
reau et son œuvre, Musée de peinture d’Orléans etc.), sont des mo¬ 
dèles de critique artistique. 

S’occuper de littérature n’était point pour M. Pelletier sortir du 
domaine de l’art. 11 était resté très admirateur de la forme du langage 
antique et passait une grande partie de ses loisirs à relire ses clas¬ 
siques. Le style de ses écrits et jusqu'à sa conversation, se ressentaient 
de cette fréquentation avec les auteurs anciens et ce n'était point sans 
une certaine recherche de la forme qu’il s’efforçait de donner à sa 
pensée le vêtement brillant dont il aimait à la revêtir. 

Très versé dans la connaissance de la langue anglaise, M. Pelletier 
a fait plusieurs traductions intéressantes dont la plus connue est celle 
de la « Vie de Jeanne d’Arc par le P. Wydhamm ». 

M. Paulmier et M. Pelletier se sout trouvés rapprochés dans les 
dernières années de leur vie par une communauté de souffrances et 
de seutiments. Nous constations avec douleur les progrès de la mg- 
ladie qui minaient lentement leurs forces physiques sans atteindre 
leur énergie morale. Dans cette longue lutte, tous deux étaient en 
effet soutenus par leurs sincères croyances religieuses et ils envis&» 
gèrent la mort non pas seulement avec la froide résignation du phi¬ 
losophe mais avec les consolantes espérances du chrétien. Vous me 
permettrez, Messieurs, à moi qui ai eu le privilège de les approcher 
dans l’intimité de leurs familles, de donner à ces deux hommes de 
bien le souvenir ému que mérite leur mémoire. 

Tel est, Messieurs, le triste bilan de l’année passée... Ces pertes, si 
cruelles qu’elles soient, ne doivent ni nous décourager, ni nous abattre: 
le souvenir de eaux dont nous déplorons la mort peut être encore pour 
nous une force si nous savons les prendre pour modèles et imiter 
leurs exemples. 


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OBSÈQUES 


DE 


M. -AJfoert PAULMIER 


Président de la Société 


Les obsèques ont été célébrées le 20 juillet 1900. 
M. Sainjon, Président de la Section des Sciences et 
Arts y prononça le discours suivant : 


Messieurs, 

L’année aura été douloureuse pour la Société d’Agricul¬ 
ture, Belles-Lettres, Sciences et Arts d’Orléans : deux 
personnalités, qui lui étaient chères et qu’elle était fière 
de compter dans son sein, lui avaient été enlevées, son 
secrétaire général, M. Jules Loiseleur, il y a quelques 
mois, et tout récemment son vice-président, M. Edouard 
Pelletier; aujourd’hui, c’est son président, M. Albert 
Paulmier, que la mort vient de frapper. • 

La Société m’a délégué le pénible honneur de parler, en 
son nom, sur cette nouvelle tombe et de rendre ses der¬ 
niers hommages au Président dont elle appréciait la haute 
valeur et qu’elle entourait d’un profond respect aussi bien 
que d’une sérieuse affection. 

4 


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— 42 - 


Ces liens s'étaient encore, s'il est possible, resserrés 
pendant le cours de l'inexorable maladie à laquelle il a 
succombé ; elle se rappelle avec émotion combien de fois, 
malgré de cruelles souffrances et les instances de ses mé¬ 
decins, il a eu le courage d'assister à ses réunions ; elle 
savait encore que, lors même que son fauteuil était vide, 
les choses de notre Société n'en restaient pas moins sa 
constante préoccupation. 

Ce souci du devoir, ce dévouement absolu aux intérêts 
qui lui étaient confiés s'exerçaient aussi, vous le savez, 
Messieurs, sur un champ plus large que le nôtre : Prési¬ 
dent du Comité de secours aux blessés de nos armées, 
maire de Chanteau, que sais-je encore ? Il a partout donné 
la preuve des mêmes scrupules de conscience, partout usé, 
jusqu'à la dernière heure, de ce qui lui restait de forces. 

Il y eut dans son existence un jour bien pénible, celui 
où il fut arraché à la carrière qu'il avait fait sienne et à 
laquelle l'avait encore plus étroitement attaché son union 
avec la fille de M. le Président de chambre Yilneau, dont 
la magistrature d’ürléans n'a certainement pas perdu le 
brillant souvenir. 

Mais sa force d’âme était telle que ses amis les plus 
intimes n’ont pas été admis dans la confidence de son 
déchirement ; il s’était interdit toute récrimination stérile, 
toute plainte si peu bruyante qu'elle fût. 

Ses concitoyens lui en ont heureusement facilité l’oubli 
en faisant appel à l'activité qu’ils lui connaissaient, et ils 
ont voulu profiter des loisirs qui lui étaient désormais 
laissés, loisirs pendant lesquels il a pu déployer toute 
la sûreté de son jugement, toutes ses qualités d'adminis¬ 
trateur, et mettre en haut relief son aimable courtoisie. 

C'est ainsi que le Comité d’Orléans de Secours aux 
blessés n’a pas hésité à l'asseoir au siège le plus élevé 


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43 


dont il put disposer ; il lui avait d’ailleurs déjà donné un 
témoignage de son patriotisme en acceptant d’être son 
délégué auprès des pouvoirs publics. C’est également ainsi 
que la Société d’Agriculture, Belles-Lettrés,* Sciences et 
Arts d’Orléans lui a ouvert sa porte à deux battants. 

Ses amis particuliers désirent se faire entendre aussi 
dans la triste cérémonie qui nous rassemble tous, et vous 
permettrez, Messieurs, à l’un d’eux, le plus ancien peut- 
être, d’ajouter quelques traits à cette noble figure. 

Ce n’est pas seulement la sûreté de son commerce, le 
charme de ses relations qui nous attiraient vers lui et nous 
faisaient attacher tant de prix à son amitié ; il y avait plus : 
nous étions frappés de l’unité de sa vie qui ne s’est pas 
démentie un seul instant. 

Tel il était le jour où il nous arrivait, à Gicn, procureur 
à vingt-sept ans, avec sa belle et franche physionomie de 
magistrat, et précédé du prestige de sa croix d’honneur 
gagnée au péril de sa vie au moment des troubles qui ont 
suivi le coupd’Étatde 185t. tel nous l’avons constamment 
retrouvé depuis, avec la meme vigueur d’âme, la meme 
fermeté de principes, et cependant les temps étaient bien 
changés. 

Dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, Albert 
Paulmier est donc resté le justum et tenacem propositi 
virum d’Horace, et pendant que s’accumulaient les ruines 
de sa santé si longtemps vigoureuse, il a été encore et 
toujours Yimpavidum du poète latin, mais anobli par un 
sentiment que les anciens ne connaissaient pas : la Foi 
chrétienne. 

Puisse l’affluence spontanée de nos concitoyens autour 
de cette tombe, puissent les éloges et les regrets exprimés 
par leurs porte-paroles et par les amis du défunt verser 
quelque baume sur la douleur de la veuve si cruellement 


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— 44 — 


éprouvée, sur celle de ses fils et belles-filles qui mesurent 
toute l'étendue de la perte qu’ils ont faite, sur celle enfin 
de ses petits-enfants en âge de tout comprendre et qui 
auront pour Ynission de faire partager leur vénération 
pour le grand-père à leurs cadets qui l'auront à peine 
connu. 

Adieu, cher Président ! Adieu, mon cher ami ! 


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FI^EnvÆXHSI^S ETEJUILLETS 

ENLEVÉS PAR SURPRISE 


Aü PORTEFEUILLE • 

JUSQU'A GE JOUR FERMÉ A LA PUBLICITÉ 

Du Docteur E. ARQUÉ 


Séance du 16 Mars 1900 


Au lendemain de la soirée artistique, donnée à l’Institut, 
le il mars 1900, parles médecins Orléanais, au profit de 
la Ligue contre la Tuberculose, le compte rendu humo¬ 
ristique en avait été crayonné, à l’impromptu, et remis, 
sous la signature « Vieux jeu », au Président de la 
Ligue, le docteur Pilate. Celui-ci, au risque de compro¬ 
mettre l’anonymat, pria le docteur Arqué de le lire, pour 
lui, à la Société des Sciences d’Orléans, qui tint à 
garder cette fantaisie dans ses Mémoires. 

Le sonnet « VImpromptu » peut servir d’introduction et 
de sous-titre à la plupart des pièces échappées à l’auteur. 

Ce sont les premières signées par lui, dont il permet 
l’impression. 

L’IMPROMPTU 


L'Impromptu, c’e9t l'éclair, c’est le 90ufûe qui passe, 

Que l'on saisit au vol avant qu'il ne s'efface, 

C’est un sentiment vif : larmes ou cris du cœur, 

Subite impression, fait touchant, trait moqueur... 

Aux plus chauds sentiments le temps ne fait pas grâce : 

Tout subit, ici-bas, son pouvoir destructeur ; 

Leur souvenir vivra : pour en garder la trace. 

Strophes, croquis ou chants jaillissent d’un teur... 

La fleur, à peine éclose, a déjà cessé d’ô tre ; 

Ainsi l'homme apparaît, pour bientôt disparaître. 

Contre le sort, en vain, le fort a combattu. 

Que d’actions d’éclat de l’oubli sont suivies! 

Noms obscurs ou fameux, courtes ou longues vies, 

Dans l'Océan des temps ne sont... qu'un Impromptu ! 

Avril 1880. 


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EN ROUTE POUR LE GODET 


AUTOUR D’UN SANATORIUM 


A propos impromptu , par à peu près 


L Union fait la Force 


Je vous le dis, en vérité : 
C'est par l'accord, la Charité, 
Qu on verra le déshérité 
D’un fléau terrible abrité ; 

Je vous le dis en vérité ! 


« Sans hâte, aller ! » soit la devise 
L’empressé manque ce qu'il vise. 
Toute œuvre a besoin qu'on avise ; 
Hien d’important ne s’improvise, 
u Sans hAtc, aller ! » soit la devise 


Pour faire un Sanatorium, 

11 faut de l’air, un atrium, 
Architecte et... psaltérium... 
L’argent, l’assistance, omnium 
Pour faire un Sanatorium. 


Ils sont résistants, les microbes ! 

Les docteurs, à bonnets et robes, 

Voient qu’à^leurs sérums — les plus probes 
O bacille, tu te dérobes. 

Ils sont résistants, les microbes ! 


L'antiseptique le plus sûr : 

C’est le soleil et c’est l’air pur. 

Sol perméable et ciel d'azur 
. Sont, au bacille actif et dur, 
L'antiseptique le plus sûr. 

(I) C’est au « Godet », commune de Chécv, qu’est élevé 
le Sanatorium Orléanais. . ~ .a 




















— 47 — 


Pour multiplier les ressources, 

Que d'écritures, que de courses ! 

Il faut puiser à toutes sources, 

Presser les gens, presser les bourses, 

Pour multiplier les ressources. 

A tous, on demande secours : 

Ouvriers, bourgeois, gens de cours ; 

A conférences et discours, 

Bals et concerts, ayons recours ! 

A tous, on demande secours. 

L’Orléanais donne l’exemple. 

L’union fait moisson plus ample ; 

Dans l’Institut, dans le saint Temple, 

Au monde étonné, qui contemple, 
L’Orléanais donne l’exemple. 

Pour ne pas rester à quia , 

— Ainsi qu’Orphée édifia 
D’antiques Sanatoria, — 

— Dansons ! — Chantons ! — Alléluia ! — 
Pour ne pas rester à quia. 

Au Sanatorium qu’on amène 
Large tribut, par voie amène, 

Et qu’Harpagon même on malmène. 

Thalie, Euterpe, Melpomène, 

Au Sanatorium qu’on amène ! 

La fin rend justes les moyens ; 

Citoyennes et citoyens, 

Des débutantes aux doyens, * 

Usent de procédés.. .Troyens : 

La fin rend justes les moyens ! 

Avec un programme artistique, 

Au crayon très humoristique, 

La Ligue antibacillistique, 

Triomphe à plein jet fantastique... 

Avec un programme artistique. 

On joue en sol , on chante en ut y 
L’arpège vole droit au but. 

Tout gêneur serait Belzébuth, 

Et le cc vieux jeu » recevrait.. .zut ! 

On joue en sol t on chante en ut. 

L’harmonie en perles ruisselle, 

Piano, violon et violoncelle, 

Grand air, sonate ou balancelle. 

Sous les archets l’àme étincelle ; 
L’harmonie en perles ruisselle. 


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- 48 — 


Do, rè, mi, fa, sol , /a, st, do ! 

— Mezzo voce ! — Rinforzando ! — 

Baryton, ténor, contralto 1 — 

La salle applaudit ctescendo : 

Do, ré, mi, fa, sol , là, si, do î 

Microbe à part, que chacun vive ! 

Mais, dîner deux fois ! « Le Convive » (1) 

Y risque indigestion vive ; 

L’amphytrion sa faim avive... 

Microbe à part, que chacun vive 1 

Drapeau français (2) aux trois couleurs, 

« Pourpre, azur, lys », en leurs splendeurs; 
C'est l’union de nos valeurs, 

Vertu, sacrifice, douleurs : 

Drapeau français aux trois couleurs 1 

Pour le bien que d'entremetteuses 1 

— Nul billet chez les émetteuses? 

— Ni programme ? ô gentes vendeuses ! 

— Chargez le plateau des quêteuses ! 

Pour le bien, que d’entremetteuses ! 

A l’œuvre il faut donner l’essor ! 

Riches, versez, versez encor ; 

L’aumône vous ouvre un trésor 
D’heureux avenir par votre or... 

A l’œuvre il faut donner l’essor ! 

L’égoïsme, qui s’humanise, 

Par la charité s’immunise ; 

Bientôt il se christianise; 

Puis, dans le bien il s’éternise, 

L’égoïsme qui s’humanise. 


Je vous le dis, en vérité : 
C’est par l’accord, la Charité, 
Qu’on verra le déshérité, 

D’un fléau terrible abrité ; 

Je vous le dis en vérité! 


12 Mars 1900. 


iii le Convive, comédie jouée par deux docteurs et une fille de docteur. 

La dernière des pièces dites, à la soirée artistique, par le docteur Paul Mounet, de 
la Comedie française. 


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RAPPORT 

SUR 

L’OUVRAGE OFFERT PAR M. A. JOHANET 

A LA 80CIÉTÉ 

LE BARREAU D’ORLÉANS AU XIX* SIÈCLE 

Par M. CHAROY 


Séance du 1 eT Juin 1900. 


C'est un travers fort commun aujourd’hui de parler et 
même d’écrire sur des choses que l’on ne connaît pas. 
Chacun ne se fait-il pas facilement spécialiste en toute 
matière avec une certaine préférence peut-être pour 
celles qu’il ignore le plus. Celui-ci, qui n’a jamais tenu 
un pinceau, juge avec une merveilleuse désinvolture les 
œuvres de nos maîtres. Celui-là, qui n’a jamais vu la 
mer que sur les plages à la mode, disserte savamment sur 
les mérites comparés des cuirassés et des torpilleurs et 
l’on doit s’estimer heureux lorsque de pareilles incompé¬ 
tences restent dans le domaine de la théorie. 

Il n’est certes pas possible d’adresser un pareil repro¬ 
che à M. Johanet et à l’œuvre (1) dont il a bien voulu 
faire hommage à Ja Société. Le Barreau d’Orléans au 
xix 6 siècle, qui donc pouvait en écrire l’histoire avec plus 

(1) Le Barreau d'Orléans au XIX • siècle , t800 Î900 , par 
A. Johanet, bâtonnier de l’Ordre des avocats. 


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- 50 — 


d’autorité quo celui-là même qui pourrait dire des faits 
qu’il rapporte : 

... Quorum pars magna fui. 

Ne serait-on pas tenté de redouter même pour M. Joha- 
net un péril inverse à celui que je signalais tout à l'heure? 
N’est-ce pas sa propre vie qu’il va nous raconter, quelque 
chose comme ses mémoires? Et le danger qui pourrait 
en résulter pour Pauteur s’accroît de cette circonstance 
que, s’il a lui-même vécu la vie du Barreau d’Orléans 
pendant la plus grande partie de la dernière moitié du 
siècle, son père et son grand-père y ont tenu une 
large place pendant la première moitié. 

Ce qui, dans l’œuvre entreprise, avait pu être pour 
Pauteur un attrait de plus, pouvait aussi devenir un 
écueil. M. Johanet a su l’éviter et en nous retraçant la 
vie des principaux avocats du siècle, il sait faire à chacun 
la part qui lui revient et alors même qu’en parlant de 
son père « c'est son cœur qui conduit sa plume (1) », la 
piété filiale ne l’a jamais entraîné au delà des limites 
d’une impartiale appréciation. 

Il ne m’est pas possible de suivre l’auteur dans cha¬ 
cune des biographies qui composent son ouvrage. Vous 
les lirez, si ce n'est déjà fait: elles vous rappelleront des 
hommes que plusieurs d’entre vous ont connus et appré¬ 
ciés et dont quelques-uns ont fait partie de notre So¬ 
ciété (2). 

Ne craignez point de trouver dans ces récits biographi¬ 
ques une monotonie peu attrayante ; la plume toujours 
alerte et fine de l'auteur a su y mêler des anecdotes 
piquantes et des aperçus originaux : les Assises du Loiret 

(1) P. 91. 

(2) M 68 Moreau-Lauiois (p. 41) ; Légier (p. 51) ; Paillet (p. G6) ; 
Boscheron-Desportes (p. 135) ont été membres titulaires de la 
Société. 


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- 51 — 


en 1832 et 1833 (affaire de l’Insurreetion vendéenne) sont 
l’objet d’un chapitre spécial où l'intérêt s'élève jusqu'à 
l’émotion du drame. 

Les récits biographiques sont interrompues une seconde 
fois (p. 137) par une étude que M. Johanet a modeste¬ 
ment intitulée : Coup (Tœil sur Véloquence du Barreau 
au XIX e siècle . L’auteur a bien tort de s’excuser de 
cette digression ; en tous cas le sujet qu’il aborde ainsi, 
un peu accessoirement, est de ceux qui peuvent intéres¬ 
ser notre Société et il m’a paru digne de retenir un instant 
votre attention. 

Il est incontestable que le genre d’éloquence du Bar¬ 
reau (j’emploie ce mot éloquence dans son sens étymolo¬ 
gique qui lui enlève toute prétention) a subi dans ce siècle 
une transformation radicale. 

Il arrivait trop souvent autrefois que la plaidoirie fût 
quelque chose comme un exercice de style, presque un 
devoir de rhétorique dans lequel le but de l’avocat sem¬ 
blait être de montrer son érudition littéraire, ses qualités 
oratoires, beaucoup plus que sa connaissance des affaires 
et du droit. Ce genre était fertile en citations latines, en 
développements de pur sentiment, il s’inspirait tantôt des 
souvenirs de l’antiquité, tantôt de cette sensibilité que 
Rousseau avait mise à la mode au siècle dernier. 

Nous sommes aujourd’hui bien loin de ces tendances. 
M. Johanet a raison de s’en applaudir et il se trouve 
d’accord sur ce point avec le bâtonnier de Paris qui dans 
un discours récent s’exprime ainsi (1) : « A la barre, la 
plaidoirie tend de plus en plus à la simplicité et à la rapi¬ 
dité... l’élégance et la simplicité remplacent avec avantage 
le luxe ». 

(4) Discours de M. Devin, bâtonnier, prononcé à l'ouverture de 
la conférence des avocats dans la séance du 17 novembre 1900. 
Gazette des Tribunaux , du 18 novembre. 


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- 52 — 


M. Johanet avait dit avant lui, p. 160 : « Une marche 
« rapide dans la discussion des faits et du droit, aucun 
« étalage de science inutile, une extrême sobriété dans le 
« développement des considérations sentimentales, tels 
« sont les ressorts du plaidoyer moderne. » 

Ainsi la rapidité, la simplicité, la sobriété sont signalées 
comme les qualités maîtresses du discours. 

D’où provient donc ce renversement complet des an¬ 
ciens usages, cet abandon, ce dédain des anciennes tra¬ 
ditions? 11 en est une cause que je ne puis pas ne pas 
relever quoiqu’elle ne soit pas certes à notre avantage. 

Jusqu’à une époque voisine de la nôtre, l’étude des 
lettres avait été, plus que partout ailleurs, en honneur au 
Palais. 

Magistrats et avocats, nourris du même lait classique 
sur les genoux de Y aima parens , étaient généralement 
des humanistes distingués et lorsqu’à la barre on citait 
Cicéron ou Sénèque, Virgile ou Horace, on était sûr 
non seulement d’être compris, mais d’éveiller dans l’esprit 
du juge je ne sais quelle indulgente satisfaction, celle que 
l’on éprouve en entendant parler d’un ami. 

L’abaissement des études littéraires n’est-il pas, au 
moins autant qu’un amour désintéressé de la simplicité, 
la cause du changement dans les habitudes oratoires? 
L’avocat peut être moins tenté qu’autrefois de citer du 
latin, mais son principal motif est celui qu’il avouera le 
moins. Il est plus facile ici de se séparer des anciens 
usages que de les suivre. 

N’y a-t-il pas aussi dans la rapidité voulue des plai¬ 
doiries, dans leur concision si vantée, des causes un peu 
étrangères à la recherche des meilleurs procédés ora¬ 
toires ? L’avocat qui veut être bref obéit-il toujours à un 
penchant de son esprit, à une règle de sa raison ? Peut- 
être a-t-il quelquefois d’autres soucis, et les limites qu'il 


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— 53 — 


s'efforce de ne pas dépasser ne les trouve-t-il pas dans la 
crainte de soumettre la patience du juge à une trop rude 
épreuve au moins autant que dans les nécessités d'une 
discussion rationnelle? 

Vous connaissez le juge des Plaideurs , ce Dandin qui 
ayant fait « ample provision de sacs et de procès ne vou¬ 
lait de trois mois rentrer dans la maison » (1) et malgré 
ce grand zèle et cet amour des plaids , c’est lui déjà qui 
invitait l'intimé à passer au déluge . 

Que sera-ce donc aujourd'hui, dans ce siècle de la va¬ 
peur où l'on devient de plus en plus pressé, j’allais dire 
haletant? Le besoin d’aller vite prime tout: faudra-t-il 
bientôt inventer la plaidoirie-express ? La rapidité n'est 
donc point exempte de défauts : ici comme ailleurs elle a 
ses inconvénients et ses périls. 

En faisant ainsi la part de ce qui peut être regretté dans 
les anciennes traditions aujourd'hui abandonnées, il faut 
reconnaître, avec M. Johanet, que le Barreau a bien fait 
de débarrasser ses discours « de toute armure trop pesante 
comme de tout décor suranné » ; que l’ancienne ordon¬ 
nance des plaidoyers s’est heureusement allégée des insi¬ 
nuantes précautions de l’exorde et du pathétique obligé de 
la péroraison. 

S’ensuit-il que tout est pour le mieux dans le meilleur 
des mondes de la rhétorique ? M. Johanet n’est pas 
éloigné de le penser, car il va jusqu'à dire (p. 158) qu' « il 
a été donné à notre époque d’élever l’éloquence du bar¬ 
reau jusqu'à son sommet » et (p. 164) que « cette élo¬ 
quence a atteint une perfection voisine de l’idéal ». 

Je respecte et j’admire cet enthousiasme, sans le par¬ 
tager complètement. Je crois qu’ici comme partout, la 
mode a ses complaisances et ses tyrannies. Ceux qui en¬ 
tendaient d’Aguesseau prononcer ses fameuses harangues 

(1) Les Plaideurs , acte I, scène IV. 


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— 54 — 


n’étaient-il pas convaincus que jamais l’éloquence 
judiciaire ne pourrait rien produire de plus parfait : et 
cependant les rares lecteurs qui les parcourent aujourd’hui 
les trouvent singulièrement vieillies. J’ai grand'peur que 
les meilleurs morceaux de nos contemporains uc produi¬ 
sent le même effet à nos arrière-neveux. 

Ce qu’il importe avant tout de signaler, et je suis bien 
sûr d’être ici d’accord avec M. Johanet, c’est que les nou¬ 
velles tendances présentent un danger qu’il ne faudrait 
pas perdre de vue. 

Si le rôle de l'avocat se trouve ainsi réduit par une con¬ 
cision et une sobriété devenues nécessaires, ne sera-t-on 
pas tenté de croire qu’il est inutile de s’y préparer par 
une culture littéraire qui ne trouverait plus son applica¬ 
tion à la barre ? Ce serait là la plus regrettable des erreurs, 
contre laquelle il semble d’ailleurs que l’auteur ait voulu 
nous mettre en garde, quand il dit (p. 163) : « Les grâces 
de l’esprit, les souvenirs classiques, les dons d’une 
mémoire heureuse et d'une intelligence d’élite doivent 
embellir la langue du Barreau et augmenter son crédit ». 

De ces vérités, M. Johanet nous a donné la démonstra¬ 
tion pratique dans sa longue et brillante carrière. « Il y 
a au Palais, dit-il (p. 99), de beaux oiseaux, aux couleurs 
séduisantes et variées pour lesquels la volière, nous vou¬ 
lons dire le cabinet, a moins d’inspirations heureuses que 
le grand jour de l’audience. » 

Cette remarque est faite par M. Johanet en parlant de 
son père ; on serait bien plus tenté de lui en faire à lui- 
même une application bien justifiée. Mais ces qualités 
éminentes d’improvisation ne vont pas sans une prépara¬ 
tion générale et une intensive culture intellectuelle, et si 
elles ont été héréditaires dans une famille, c’est que les 
pères y transmettaient aux fils les traditions du goût 
et de l’amour des lettres. 


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- 55 — 


Concluons donc que de fortes études littéraires, la 
lecture et la fréquentation des auteurs classiques, y com¬ 
pris les anciens, seront toujours pour le jeune avocat la 
meilleure école et le meilleur apprentissage dans l’art de 
Lien dire. 

Me permettrez-vous, Messieurs, en terminant, de 
m’excuser près de vous de vous avoir ainsi entretenu du 
Barreau. J’ai peut-être trop obéi à mes préoccupations pro¬ 
fessionnelles et mérité que quelqu’un de vous, eu m’en¬ 
tendant, ait murmuré: * Vous êtes orfèvre, M. Josse ». 

On m’a raconté (l’indiscrétion n’était pas bien cou¬ 
pable) que lorsque j’ai eu l’honneur d’être admis parmi 
vous, l’un des bulletins de vote portait cette mention : Oui, 
quoique avocat . Ce n’était là qu’une boutade humoris¬ 
tique que l’on attribuait tout bas à l’un de nos plus 
spirituels et plus vénérés collègues. S’il était vrai cepen¬ 
dant que notre profession pût avoir besoin d’être défendue 
parmi nous, je crois que le meilleur plaidoyer en sa 
faveur serait le livre que M. Johanet a consacré au Bar¬ 
reau du xix e siècle. Il est donc utile pour le Barreau et 
il sera certainement agréable pour tous que l’ouvrage de 
M. Johanet occupe dans notre bibliothèque une place de 
choix d’où il sortira souvent, je l’espère, pour le plaisir 
et l’instruction des lecteurs. 


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PROCÈS-VERBAL DES SÉANCES 

KT 

RAPPORT SOMMAIRE 

DE LA COMMISSION CHARGÉE DE DÉCERNER 

LS 

Prix Émile DAVOTJST 

En 1900 


(Lecture faite au coura de la Séance du 15 Juin 1900) 


Dans sa séance du 6 avril dernier, la Société nommait 
une Commission à laquelle elle confiait le soin d'exami¬ 
ner « les œuvres d'art pur ou littéraires artistiques t 
qui lui seraient présentées par les candidats au prix 
Emile Davoust, pour le Concours de 1900. 

Cette commission fut ainsi composée : 

1° M. Paulmier, président de la Société, président ; 

2° M. Sainjon, président de la Section des Sciences et 
Arts, vice-président ; 

3° M. le docteur Arqué, président de la Section de 
Médecine ; 

4° M. Didier, directeur du musée de peinture de la 
Ville d’Orléans; 

5° M. Dusserre, architecte ; 

6° M. Guerrier, secrétaire général de la Société ; 


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— 57 — 


7° M. Dumuys, attaché à la direction du Musée histo¬ 
rique. 

Cette commission se réunit pour la première fois au 
siège social, le samedi 14 avril dernier, à 4 heures du 
soir. 

Au cours de cette première séance, les membres de la 
Commission prirent connaissance des demandes qui leur 
avaient été transmises et enregistrèrent trois candida¬ 
tures, savoir : 

1° Celle de M. Henri Jamet, artiste peintre, né à 
Gien (Loiret), le 25 septembre 1858, demeurant à Paris, 
rue Victor-Massé, n° 25, et professeur de dessin à Orléans, 
où il a un atelier, rue Bourgogne, n° 225 ; 

2° Celle de M. Penchaud, artiste peintre, professeur 
de dessin au Lycée d’Orléans, demeurant cloître Sainte- 
Croix, n° 8; 

3° Celle de M. Emile Pinedo, membre de la Société 
des Artistes français, demeurant à Paris, boulevard du 
Temple, n° 40. 

La Commission examina tout d’abord les titres des 
candidats qui se présentaient au concours. 

Elle reconnut les droits incontestables de MM. Jamet 
et Penchaud, mais crut de son devoir d’écarter avant 
tout examen la candidature de M. Emile Pinedo, artiste 
parisien, dont l'œuvre n’avait aucun caractère Orléanais. 

M. Emile Pinedo est présentement possesseur, par voie 
d’acquisition, de certaines œuvres artistiques de notre 
regretté compatriote M. Lanson, statuaire émérite, ancien 
prix de Rome, décédé depuis plusieurs années. 

Mais la Commission, s’inspirant d’ailleurs de la décision 
prise à l’égard de ce candidat, dans une séance antérieure, 
par la Société tout entière, conclut à l’unanimité que le 
fait d’avoir fait reproduire des statues exécutées par 

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M. Lanson, ne constituait pas à proprement parler un 
droit à concourir pour l'obtention du prix Davoust, 
réservé dans la pensée du testateur à une « œuvre d’art 
pur ». 

En conséquence, la Commission retint les deux candi¬ 
datures de MM. Penchaud et Jamet puis fixa au lundi 
30 avril la date de la visite des œuvres présentées par 
ces deux artistes. 

Nous devons mentionner pour mémoire, en terminant, 
une petite œuvre littéraire, sorte d’étude de mœurs Beau¬ 
ceronnes, dont le sujet n’était pas « littéraire-artistique » 
et qui fut rendue à son auteur par les soins de M. le Pré¬ 
sident, sans même avoir été examinée. 


Le 30 avril, MM. Paulmier, Sainjon, Guerrier, Arqué, 
Didier et Dumuys se réunirent pour remplir la mission 
qui leur avait été confiée par la Société; M. Dusserre, 
absent d’Orléans, ne put, à leur grand regret, les accom¬ 
pagner dans leurs visites. 

La Commission se rendit tout d'abord au musée de 
peinture de la Ville d’Orléans, où elle put examiner 
plusieurs œuvres très importantes de M. Jamet, savoir : 

1° « Le Grand Père », tableau portant le n° 878 peint 
en 1897, qui valut à l’auteur une mention honorable au 
Salon de ladite année; 

2° « La Convalescente », œuvre exécutée en 1891 et 
donnée au musée municipal, par son auteur, en 1894 
(cette toile est cotée sous le n° 866) ; 

3° « Saint Sébastien » d’après Ribot, également offert par 
l'artiste, en 1880, à la même collection publique orléanaise. 

La Commission se rendit ensuite au château de Char¬ 
bonnières, sis à quelques kilomètres à l’est d’Orléans, 


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- 59 — 


à l’effet d'y examiner les divers panneaux décoratifs 
exécutés dans la salle à manger de M. Prost, par M. Jamet. 

Là, MM. les Commissaires eurent à apprécier quatre 
grands panneaux mesurant 2 m. de hauteur sur 0,70 c. 
de largeur et représentant des paysages, deux natures- 
mortes disposées en pendants au-dessus d’une cheminée 
monumentale et d'un dressoir, enfin, quatre trumeaux 
ornés de peintures variées représentant des Heurs, des 
fruits, des oiseaux et des poissons. 

La Commission se transporta ensuite au domicile du 
peintre, au n° 225 de la rue Bourgogne, où M. Jamet 
lui fit les honneurs de son atelier. 

Vos délégués purent apprécier en cet endroit plusieurs 
tableaux importants, au nombre desquels nous pouvons 
citer « Un portrait de M. Mahon » daté de 1894, « L'église 
de Gargilesse », « Une vieille femme au coin du feu », 
très belle étude de lumière, et nombre d'esquisses, de 
croquis fort habilement traités. 

Après avoir passé en revue les œuvres de M. Jamet, 
la Commission se mit en devoir d'apprécier celles de 
M. Penchaud, son second candidat. 

Elle se rendit, à cet effet, au domicile de l’artiste et passa 
en revue les nombreux portraits que l'auteur avait pris 
soin d'y grouper pour la circonstance. 

Nous citerons, au nombre de ces œuvres, le portrait de 
S. E. Mgr Coullié, cardinal-archevêque de Lyon, ancien 
évêque d’Orléans, qui figura au Salon de Paris en 1899; 
ceux de Mgr Renaudin ; ancien supérieur du petit Sémi¬ 
naire de Sainte-Croix, deM. Humbert, ancien professeur 
de philosophie au Lycée d’Orléans ; de M. Chouppe, notre 
regretté collègue, professeur de dessin et aquarelliste 
bien connu dans notre Ville ; ceux de Mad. Loiseau, née 
Lepage ; de Mlle Prost, fille du châtelain de Charbonnières ; 


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de M. Maillard, secrétaire de notre Société, et de Mlle Ali- 
bran, etc., etc. 

La Commission vit encore dans le salon de M. Penchaud 
un grand paysage représentant une vue de Saint-Cénery, 
peinte en 1895 et qui valut à l'auteur un diplôme d'honneur 
à l’exposition des Beaux-Arts de Toulouse enfin diverses 
peintures décoratives exécutées sur étoffes variées et des 
esquisses de paysages. 

Vos Commissaires se rendirent ensuite chez M. Berton, 
conseiller à la Cour d’appel d’Orléans, afin d'y revoir 
le portrait de notre collègue, œuvre connue et appréciée 
de tous les Orléanais, qui ont pu l'examiner à loisir lors¬ 
qu'elle fut exposée à la vitrine de la maison Vallet, au 
n° 73 de la rue Royale. 

Il convient de mentionner au nombre des œuvres im¬ 
portantes de M. Penchaud que la Commission jugea 
inutile d'aller revoir, attendu que tous les Membres dé¬ 
clarèrent en avoir le souvenir très présent à la mémoire, 
le portrait de Mgr Dupanloup exposé dans la salle Synodale 
de PEvêché d’Orléans, et ceux des membres de la famille 
Rougeoreille récemment exposés à la vitrine de la maison 
Vallet déjà mentionnée ci-dessus. 

Le jeudi 3 mai en suivant, à 4 heures de l’après-midi, 
votre Commission se réuuit une dernière fois, au domicile 
privé de M. Paulmier ; notre dévoué président, immobilisé 
par la souffrance, avait exprimé le désir d’achever l’œuvre 
qu'il avait courageusement entreprise en dépit de son 
fâcheux état de santé. 

La Commission prenant en considération les mérites 
incontestables des candidats Orléanais : MM. Jamet et 
Penchaud, tous deux professeurs de dessin et de peinture 
dans notre Ville, titulaires de récompenses très hono¬ 
rables, lauréats de nos expositions locales, exposants aux 


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— 61 - 


divers salons de peinture, donateurs de nos collections 
municipales, votre Commission, disons-nous, soucieuse 
avant tout d’interpréter la volonté de notre généreux et 
très regretté collègue Émile Davoust, dont la fondation a 
pour but d'encourager la culture des arts dans notre 
région, votre Commission vous propose, Messieurs, de 
partager le prix en question entre MM. Jamet et Penchaud, 
candidats au concours ouvert par vos soins au cours de 
cette année 1900. 

Le Secrétaire rapporteur de la Commission : 

Léon Dumuys. 


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RAPPORT 

DE LA COMMISSION 


SUR LE 

PRIX PERROT 

En 1H99 

Par M. Maurice des FRANCS 


Séance du 21 Décembre 1900. 


Messieurs 

Notre Société avait, cette année, à décerner le prix 
Perrot qui doit être accordé, d’après les clauses du testa¬ 
ment du fondateur, au cultivateur ayant fait faire le plus 
de progrès à l'agriculture dans le département du 
Loiret. 

Votre commission, composée de M. Ànselmier, président, 
et de MM. du Roscoât, de Puyvallée et de votre rapporteur, 
avait à examiner les mérites de trois candidats habitant 
Artenay, Saint-Lyé et Jargeau. 

Le 12 juin, nous nous mettons en route pour la Grange, 
près Artenay, par un temps splendide, mais un peu 
chaud. 

Nous saluons en passant le beau groupe deDesvergnes, 
nouvellement placé, « le soldat qui meurt et le soldat qui 


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tue », nous admirons l'expression énergique de ce der¬ 
nier, le regard tourné vers notre ennemi de l’Est, et in¬ 
volontairement notre pensée se reporte à l’année terrible, 
à cette Beauce, si verdoyante aujourd’hui qui à cette 
époque, sous la neige et le sang, servit de tombe aux 
plus braves de ses enfants. « Sunt lacrymœ rerum ». 

La ferme de la Grange, d’une contenance de 150 hec¬ 
tares, appartient à M. Lefebvre ; elle est exploitée par M. 
Joseph. La cour forme un vaste quadrilatère entouré de 
tous côtés par les bâtiments. La construction est bien 
comprise ; les écuries, vacheries et bergeries sont suffi¬ 
samment aérées ; un manège couvert et des canalisations 
permettent d’amener Teau, partout où elle est nécessaire ; 
tout y a été prévu pour faciliter l’exploitation et nous 
sommes heureux de pouvoir ici rendre hommage à la 
science agricole du propriétaire qui en a conçu et exé¬ 
cuté le plan. 

Dans l’écurie nous trouvons 12 bons chevaux de travail 
séparés par des stalles ; les harnais sont en bon état et 
bien rangés. 

La vacherie comprend 19 bêtes dont 15 mères, quelques- 
unes d’un bon modèle ; le taureau âgé de 2 ans est très 
bon, le rein droit, la croupe solide et susceptible de 
donner d’excellents produits. Bien qu’à la porte d’Ar- 
tenay, M. Joseph ne vend pas son lait; il aime mieux 
faire du beurre et du fromage. 

La bergerie contient 525 mérinos dont 300 mères ; le 
fumier y est foulé par les animaux et enlevé seulement 
tous les deux ou trois mois ; des crémaillères permettent 
d’élever les mangeoires à mesure que la litière augmente ; 
comme dans toutes les autres parties delà ferme d’ailleurs, 
il suffit de tourner un robinet pour avoir de l’eau po¬ 
table. 

Dans la porcherie nous voyons six bons craonnais qui 


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attendent leur tour pour alimenter la maison ; leur poids 
moyen, au moment de passer au saloir, est de 250 ki¬ 
los. Ce ne sont pas malheureusement les seuls hôtes de 
l’étable, car, à notre approche, une nuée de rats qui 
viennent sans doute disputer aux porcs leur provende» 
s’échappent devant nous en grimpant le long du mur : il 
en sort de partout, des auges, de la paille, de sous les 
pattes des animaux et nous ne pouvons nous empêcher 
de regretter que de bons chats ou des pièges habilement 
tendus ne viennent en restreindre le nombre et diminuer 
le tribut qu’ils prélèveront cet hiver sur la Grange au 
grand détriment du cultivateur. 

Sur les 150 hectares que cultive M. Joseph, il y a 40 
hectares de blé, 50 hectares d’avoine, 20 de luzerne ; 
le reste en vesces, betteraves, pommes de terre ou trèfle 
incarnat. On donne trois façons aux blés, deux aux 
avoines (entrehivernage et labour). Pour la betterave on 
pique, quand on le peut, jusqu’à 0,25 ou 0,30 centimè¬ 
tres. 

La culture en usage à la Grange est la vieille culture 
de Beauce dite de francs-guérets. Sauf quelques hectares 
ensemencés en luzerne, les chaumes d’avoine servent de 
pacage aux troupeaux et ne sont retournés qu’au prin¬ 
temps suivant. Lessemencesemployées sont pour l’avoine 
la Joauette, pour le blé le rouge de Bordeaux et le Japhet; 
comme engrais le superphosphate est toujours mélangé 
au fumier avec adjonction, au printemps, de 80 à 90 
kilos de nitrate à l’hectare ; malheureusement, cetteannée, 
à cause de la sécheresse sans doute, le nitrate n’a pro¬ 
duit aucun résultat ; M. Joseph ne fait pas de betteraves 
à sucre, dont le produit, d’après lui, n’est pas assez ré¬ 
munérateur. De même il ne veut plus de moissonneuses ; 
il en a acheté une qui, paraît-il, a été mise hors d’usage 
en deux années, soit par le mauvais vouloir, soit par la 


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négligence de ses employés. Il préfère pour la moisson 
prendre des sapeurs belges qui coupent ses blés à raison 
de 25 francs l’hectare, et rangent les épis dans les gerbes 
avec beaucoup de soin, ce qui rend le battage plus fa¬ 
cile. 

Dans notre promenade au milieu des récoltes, nous 
avons pu observer de bons blés. Malheureusement les 
avoines en général laissent à désirer ; outre qu’elles souf¬ 
frent beaucoup de la chaleur, elles ne sont pas suffisam¬ 
ment propres ; nous ferons le même reproche aux prai¬ 
ries : elles n’ont pas été assez vigoureusement hersées et 
contiennent des mauvaises herbes qui diminuent d'autant 
la valeur du produit. En résumé, la culture que nous 
avons sous les yeux est une bonne moyenne de culture 
de Beauce. 

Nous quittons la Grange pour nous rendre à la Fon¬ 
taine de Saint-Lyé ; par la chaleur torride que nous affron¬ 
tons, ce nom de Fontaine nous fait espérer qu’au terme 
de notre course nous trouverons un peu de fraîcheur ; vain 
espoir, le soleil continue à darder sur nous ses rayons 
implacables et de Fontaine nous ne trouvons à la ferme 
que le nom. 

En arrivant nous sommes pour la plupart en pays de 
connaissance, car M. Legros, dont nous allons visiter 
l'exploitation, est un Solognot naturalisé Beauceron, et, je 
me hâte de le dire, nous n’avons pas à rougir de lui, car 
sa culture ne dépare pas la plaine de Saint-Lyé. 

Deux choses ont surtout frappé la Commission dans sa 
visite : les soins donnés aux fumiers et l’importance de 
la vacherie. 

Aidé de son propriétaire qui a fourni les matériaux 
tandis que lui-même donnait la main-d’œuvre, M. Legros 
a construit au milieu de sa cour une fosse à fumier intel¬ 
ligemment comprise. Les rigoles empierrées qui sillonnent 


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la cour mettent le fumier à l’abri des eaux pluviales et les 
entraînent dans un puits perdu ; une canalisation souter¬ 
raine, partant de l’étable, amène directement le purin dans 
une citerne ad hoc . 

Dès que le fumier commence à sécher, M. Legros, à 
l'aide de sa pompe, lui donne l'humidité nécessaire pour 
une bonne fermentation et produit ainsi un engrais supé¬ 
rieur dont les qualités fertilisantes sont plus que doublées; 
l’excédent du liquide, après avoir traversé le fumier, re¬ 
tourne dans la citerne. 

Dans la vacherie nous trouvons 19 mères vaches, la 
plupart d’un bon modèle, quelques-unes même remar¬ 
quables et 1 taureau enfant de la maison qui laisse à 
désirer. Toutes ces bêtes manquent d'air et de place; 
l’étable n’est pas digne des animaux qu’elle abrite et nous 
souhaitons que M. Legros obtienne de son propriétaire 
une construction plus en rapport avec l’importance de son 
troupeau que nous n’avons pas encore vu tout entier. 

La vacherie n’étant pas assez vaste pour contenir tous 
les animaux, les génisses sont disséminées un peu partout 
et il n’est pas un bâtiment, pas un réduit, pas un toit à 
porcs même qui ne recèle une ou deux élèves ; il y a en 
tout 32 bêtes à cornes, ce qui est un chiffre considérable 
pour une exploitation de 66 hectares. Chaque année on 
élève en moyenne S ou 6 bêtes et il n’y a pas, dans l’étable, 
de vaches au-dessus do 7 ans. 

Les veaux qui ne sont pas gardés comme élèves sont 
vendus entre 8 et 15 jours et le lait est cédé à raison de 
12 centimes le litre à un industriel qui l’expédie sur Paris. 
Deux fois par jour sa voiture vient prendre à la ferme le 
produit de la traite et son agent inscrit la quantité de lait 
livré sur un registre spécial qui reste entre les mains du 
cultivateur ; le règlement de compte a lieu tous les quinze 
jours. 


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L’exploitation qui, comme je l'ai dit, comprend 66 hec¬ 
tares, se compose de 21 hectares de blé, 17 hectares 
d’avoine, 2 hectares d’orge, 3 hectares de vesces d’hiver 
et printemps, 15 hectares de luzerne et sainfoin, 2 hec- 
tres 1/2 de betteraves et carottes, 50 ares de pommes de 
terre. 

Les façons, trois pour le blé, deux pour les avoines, 
sont données en temps voulu ; les semences, passées au 
trieur à la maison, sont le blé do Bordeaux et de Saumur 
en mélange et l’avoine rouge qui s’égrène moins que la 
joanette , généralement on ajoute au fumier de ferme 
5 ou 600 kilos de superphosphate à l’hectare et du nitrate 
en couverture au printemps. 

M. Legros possède depuis plusieurs années une mois¬ 
sonneuse dite « Reine des Champs » et, contrairement à 
M. Joseph, il s’applaudit de cette acquisition ; mais c’est 
presque toujours son frère, qui lui sert de premier charre¬ 
tier, qui conduit la machine. 

Des allées de jeunes pommiers, qui font espérer du 
cidre pour l’avenir, nous conduisent aux champs : Les 
blés sont beaux, bien plantés, propres, avec de bons épis ; 
les avoines très régulières, n’ayant pas encore souffert 
de la sécheresse et n’attendant qu’une bonne pluie pour 
donner une abondante récolte ; les prairies artificielles 
sont bien réussies en général, surtout les sainfoins qui 
sont superbes ; mais, pour quelques pièces, nous pouvons 
faire la même critique qu’à la Grange : le hersage de 
printemps a été insuffisant et les mauvaises herbes appa¬ 
raissent en certains endroits. Quoi qu’il en soit, l’ensemble 
de la culture est bon et le fait d’un homme travailleur et 
intelligent. 

Avec M. Baudue-Peschard, cultivateur à la Tisonnière, 
près de Jargeau, nous tombons dans le domaine de la petite 
culture, mais de la petite culture industrieuse et soignée. 


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M. Baudue fait valoir 16 hectares : très travailleur, 
très énergique, il n’a point de charretier et fait tout par 
lui-mème. Les bâtiments sont en bon état, suffisamment 
aérés, spacieux pour les 16 hectares cultivés et, ceci dit 
pour M rae Baudue-Peschard, tout y respire Tordre et la 
propreté. 

L’écurie contient deux bons chevaux, la vacherie sept 
vaches, un taureau et un jeune élève. Les vaches sont 
remarquablement belles et le jeune taureau promet de 
donner plus tard de bons produits. Les veaux sont géné¬ 
ralement vendus vers quatre semaines et le laitage est 
exclusivement employé à faire du beurre et des fromages 
qui se vendent bien à Jargeau. 

Les fumiers sont économiquement soignés : deux ton¬ 
neaux défoncés reçoivent le purin ; quand ils sont pleins, 
un arrosoir en déverse le contenu sur le fumier mis en 
tas dans la cour ; 

La pompe viendra un jour. 

L’aphorisme « de minimis non curât prœtor * n’est 
pas de mise à la Tisonnière où le maître s’occupe « de 
minimis » et tire parti des moindres produits. C’est 
ainsi que nous trouvons un clapier où, bon an mal an, il 
s’élève environ de 250 à 300 lapins, dont le produit vient 
s’ajouter à celui de la culture. C’est ainsi encore que dans 
la serre de son potager, dernier vestige de l’ancien château 
de la Tisonnière, Mad. Baudue se livre l’hiver à la cul¬ 
ture... du poulet ; chaque année elle y confine à l’automne 
un certain nombre de poules, les y nourrit spécialement 
et grâce à cet élevage sous verre, elle en fait des pon¬ 
deuses et des couveuses précoces ; ce qui lui permet de 
livrer tous les ans une cinquantaine de ces poulets de 
grains si recherchés avant Pâques. 

En passant dans l’écurie tout à l’heure, nous avons 
aperçu sur un coffre une douzaine de sacs à grains 


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fraîchement reprisés, habilement pliés et soigneusement 
mis en pile: c'est encore « de minimis », ce n’est qu’un 
rien, mais ce rien indique que la ménagère a passé par 
là, et dénote dans la maison des habitudes d’ordre et de 
soin qui permettent de se tirer d’affaire dans les mau¬ 
vaises années et de s'enrichir dans les bonnes. 

L’exploitation comprend, cette année, 5 hectares de blé 
Saumur et Bordeaux mélangés, 4 hectares d’avoine et 
orge, 3 hectares 1/2 de luzerne, 1 hectare de vigne, le 
reste en légumes et cultures dérobées. 

Les blés sont épais, bien graines et très vigoureux. 

Ils reçoivent généralement, outre une demi-fumure en 
fumier de ferme, de 2 à 300 kilos de parure de pied de 
cheval, préférable au superphosphate dans le val de 
Jargeau. Les avoines, toujours enterrées à la charrue, ne 
semblent pas souffrir de la sécheresse ; nous admirons 
surtout une très bonne avoine de Brie dans laquelle se 
trouve un semis de luzerne fort bien réussi. 

La luzerne d’ailleurs est l’objet de tous les soins de 
M. Baudue : la terre reçoit avant l’ensemencement 2,000 à 
2,400 kilogrammes de chaux à l’hectare et, nous avons 
pu le constater, le récitât en est excellent. 

La vigne est vigoureuse, bien soignée et promet cette 
année une abondante récolte ; malheureusement nous 
avons aperçu en deux points des taches de phylloxéra. 

En quittant la Tisonnière nous traversons un champ de 
carottes et diverses cultures dérobées d‘un fort bel aspect 
et nous emportons de notre visite une favorable im¬ 
pression . 

Comme vous le voyez, Messieurs, nous avions à décider 
entre la grande, la moyenne et la petite culture. A l’una¬ 
nimité, il a semblé à votre commission qu’il y avait lieu 
d’éliminer du coucours M. Joseph qui, tout en nous 
présentant une bonne culture moyenne, ne nous avait 


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rien montré de particulièrement remarquable ou indiquant 
un progrès quelconque sur la routine habituelle. 

Restaient deux candidats : M. Legros et M. Baudue ; 

L’un qui nous présentait une vacherie excellente, un 
traitement de fumier pouvant servir d’exemple à toutes les 
exploitations, et un ensemble de récoltes très satisfaisant; 

L’autre qui nous montrait une petite culture intelligente 
et raisonnée et prouvant à tout homme économe et tra¬ 
vailleur qu’avec un modeste capital on peut devenir 
maître à son tour et faire de bonnes affaires; tous deux 
par conséquent, très dignes du prix que nous avions à 
décerner. 

Aussi, à l’unanimité, votre commission a-t-elle pensé 
qu’il y avait lieu d’accorder, en tenant compte de l’impor¬ 
tance de chacune des deux exploitations : 

A M. Legros, une médaille de vermeil et 300 fr. 

A M. Baudue, une médaille de vermeil et 200 fr. 

Votre décision, si elle est conforme à celle de votre 
Commission, servira d’encouragement à ces deux culti¬ 
vateurs qui, chacun dans leur canton, prouvent que la 
terre, * l'aima parens » du poète, est une mère bienfai¬ 
sante pour qui sait la travailler. * 


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POÉSIES 

LUES A LA RÉUNION GÉNÉRALE 

DES 

TROIS SOCIÉTÉS SAVANTES D’ORLÉANS 

Par le Docteur E. ARQUÉ 


Séance du Si Décembre 1900 


Messieurs, 

Dans quelle situation nos très aimables collègues met¬ 
tent un médecin, qui doit s'évader , un instant, de la 
Section de Médecine pour se glisser, subrepticement, 
dans la Section des Lettres et... vous parler en vers! 

— Combien plus embarrassé est-il pour répondre au 
désir de notrè cher Président, qui lui demande d'ap- 
paraître : 

Comme un Recteur... montrant les quatre Sections! 

Pour Toser, il doit s'abriter sous l’égide de devanciers 
plus autorisés, tels queM. Boutet de Monvel, M. Loiseleur, 

— notre secrétaire général pendant un tiers de siècle, — 
M. Ludovic de Vauzelles, conseiller à la Cour d'appel 
d'Orléans. 

A ce dernier il adressait le sonnet : « Il faut chan¬ 
ter ! » au moment où, accablé par un deuil cruel, 
M. de Vauzelles se sentait découragé et se disait vieilli. 

Que ces vers, déjà anciens, servent d’introduction près 
de vous. 

Puisque nous lui empruntons sa langue, à la Section 
des Lettres le premier rang ! 

IL FAUT CHANTER ! 


Poète, il faut chanter ! Tout encor vous engage : 
Succès passés, présents, du temps vous font vainqueur 
Pour chanter, il suffît de se sentir un cœur, 

Et le poète sent que le cœur n'a pas d’âge. 


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Le vieux luth peut vibrer, quand on voit un orage 
Fondre sur la Patrie : il sourit au malheur, 

Il venge une mémoire, anime le courage ; 

Il partage la joie, ou calme la douleur... 

Le poète, en chantant, s'apaise et se délasse ; 

11 met, suivant les temps, toute chose en sa place : 

Aux festins un couplet, un cantique au saint lieu. 

Ou plaisant ou sévère, il peint, il pleure, il conte : 

Ode, à tes hauts sommets, d’un coup d'aile, il remonte, 

Et du plus humble insecte il sait conduire à Dieu. 

2 Octobre 1879. 


Gomme nos Littérateurs, nos Artistes, peintres, des¬ 
sinateurs, musiciens, architectes, sculpteurs, visent à 
ritléal ! Toujours, comme un de leurs maîtres éminents, 
Chapu ! ils mettent en exergue, au génie de Tlmmorta- 
lilé : a Par les choses qui passent, cherchons les éter¬ 
nelles ! » Je laisse donc échapper une boutade, puis¬ 
qu’elle ne saurait atteindre aucun de nos collègues des 
A rts . 


IMMORTELS ! 


L’homme tient à la vie et cherche à se survivre : 
Celui-ci dans son fils, cet autre... dans son livre ; 

Le plus faible veut être,... être parmi les forts. 

Pour se perpétuer, ils font de vains efforts. 

Plume, pinceau, burin, toile, bois, marbre, cuivre, 
Artistes et lettrés, secondent vos essors... 

Guerriers, vous entraînez les peuples à vous suivre, 
Pour apparaître... un jour, en redresseurs de torts. 

Et demain, c'est la mort ! demain, l’oubli dans l'ombre. 
Qui de nous se survit ? à part un petit nombre : 
Cendres au Panthéon, reliques sur l'Autel... 

Les plus fameux s’en vont des fastes de l’histoire ; 

Aux archives se perd et pâlit leur mémoire... 

Même à l’Académie... où donc est Y Immortel ! 


8 Mai 1892. 


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A nos Médecins, à nos hommes de Science! 

On a parlé de la « faillite de la science ». — Non ! La 
science ne faillira pas, tant qu’on ne la fera pas dévier de 
la voie qui lui est propre, tant qu’on ne lui demandera 
pas plus qu’elle ne peut donner. 

Ce sonnet est dédié à Pasteur. 

LA SCIENCE ! LA VIE ! 


Rien ne se fait de rien : tout être vient d’an germe. 
L’infmiment petit et l’infiniment grand, 

Tout naît, s’épanouit et marche vers son terme, 

Sur la route tracée, à son poste, à son rang. 

En ce vaste univers, une loi sage et ferme, 

Du microbe au soleil, de l’esclave au tyran, 

Dans un cercle éternel les pose et les enferme. 

La matière est instable; elle est prise et reprend... 

La science incrédule échafaude un système ; 

Mais l’atome à l'atome est uni vainement: 

Pour commencer à vivre il attend... un ferment. 

Le vrai savant, d’un mot, résolut le problème : 

Dieu seul est l’Incréé, Dieu seul est Créateur !... 

La foi du charbonnier est la foi de Pasteur. 

Iti Mars TJOO. 


C’est à travers champs, maintenant, Messieurs, que 
nous allons glaner I Glaner une histoire, vieille comme 
le monde, puisqu’elle date de la première lutte fratricide, 
une histoire encore d’actualité, puisqu’en cette fin du 
xix e siècle, les nations n’ont pas désappris les batailles. 

Nous ne pouvons, ici, toucher, même de loin, à rien 
de politique: c’est donc sous forme d’un fabliau que je vais 
envelopper et développer mon histoire. Un de nos dessins 
à la plume, d’après un croquis de Granville, nous l’inspira 
jadis; nous le reproduisons ci-après : 

6 


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POUR UN ÉPI ! 


FABLIAU 

Un jour, deux passereaux, jusque-là bons ainis, 

Dans le fond d'un sillon rencontrent des épis, 

Dont l’un, courbant à terre une tête pesante. 

Promettait aux gourmets moisson très suffisante 
De grains dorés et pleins. Chacun de l’envier. 

— Il est à moi ! dit l’un, je l’ai vu le premier! 

Mais l’autre, se posant sur l’objet en litige : 

— Et moi, tout le premier, j’en ai saisi la tige ! 

On cherche à s’expliquer et l’on ne s’entend pas. 

Tous deux étaient Normands... Grands cris en pure perte ; 
Enfin, d’un coup de bec on a clos les débats. 

Les moineaux, paraît-il, ont la tète un peu verte ; 

Ils ne sont pas les seuls. Donc ils vinrent aux coups. 

En est-il autrement chez nous ? 

Et ne dit-on pas d’ordinaire, 

Ou’on ne peut, entre gens d’honneur, 

Arranger une affaire, 

Sans se casser la tête ou se percer le cœur ? 

Cependant, de moineaux une troupe affamée 
A leurs cris accourait et la gent emplumée, 

Laissant nos combattants tous les deux s’acharner, 

De l’épi disputé faisait son déjeuner. 

Une trêve, un moment, a suspendu la guerre : 

Les forces s’épuisaient; et d’ailleurs, la colère 
Même d’un passereau ne peut toujours durer. 

On s’interpose alors, et l’on sait démontrer 

Par cent raisons, — qu’on me dispense 
D’énumérer, je pense, - 


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— 75 — 


Qu'ils se sont bien conduits. Aux témoins il parait 
Qu’ils ont, tous deux, à l’honneur satisfait. 

L’avis est trouvé bon ; on se réconcilie. 

Et la troupe, qui se rallie, 

Vers d’autres champs porte son vol, 

Laissant les deux rivaux mettre ordre à leur plumage. 

En étanchant leur sang, ceux-ci voient sur le sol 
Les débris de l’épi qu’elle a mis au pillage : 

Plus un seul grain de blé !... Chaque témoin, 

De son zèle imposé, s’était payé d’avance. 

— Par charité ! voulant leur éviter ce soin !... — 

Ils furent indignés. — A tort ! C’est redevance 
De bon ton, de donner 
A ses témoins un déjeuner. — 

Ils comprirent, enfin, qu’il est plus profitable 
De s’arranger à l'amiable 
Et de prendre chacun sa part ; 

Pour eux aussi, c’était un peu trop tard... 

On l’a dit : « C’est la loi, sur notre pauvre terre, 

Que toujours deux voisins auront entre eux la guerre. » 

Ils s’entendent d’abord : tous deux vivent heureux. 

Un conflit d’intérôt s’élève-t-il entre eux : 

La colère s'allume, on s’arme, on se déchire, 

Ici pour un épi, là-bas pour un empire. 

Quand on s’est épuisé, quand le sang a coulé, 

Dans une vaste arène ou sur le grain de blé, 

On s’arrête un instant; en reprenant haleine, 

Chacun veut calculer les fruits de tant de peine; 

Les profits sont peu clairs ; on voit, le plus souvent, 

Les débris de sa plume emportés par le vent, 

Un épi lacéré dont il reste la paille... 

Et, si nous regardons d'autres champs de bataille 
Où la mort fait son œuvre, où le sang coule à flots, 

Le spectacle est plus triste. Où sont tous ces héros 
Hier encor si fiers, l'orgueil de la patrie, 

L’effroi des ennemis? Ils ont donné leur vie, 

Souvent pour des motifs misérables et bas. 

Pour le parti vainqueur quels sont les résultats? 

Ses forces sont à bout... Mais son drapeau domine 
Des murs encor fumants, une ville en ruine... 

Heureux, quand profitant du trouble des combats, 

Un tiers inattendu, sans danger, ne vient pas 
Manger le grain de blé, dérober la victoire, 

Se faire, à leurs dépens, le larron de l’histoire ! 

Non, non! sacrifions plutôt nos intérêts, 

Soyons un peu lésés, mais... conservons la paix! 

1855. 

Tels sont nos vœux de nouvel an, pour vous tous, 
Messieurs, et pour le siècle qui va s'ouvrir ! 


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PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 


ANNÉES 1898-1899-1900 


SECRÉTAIRE PARTICULIER : A. MAILLARD 


Séance du 7 janvier 1898 


Présidence de M. Paulmier, Président. 


La séance est ouverte à huit heures un quart. 

Sont présents : MM. Paulmier, Guerrier, Thévenin, Jacob, Des- 
saux, Vacher, Charoy, Basseville, du Roscoat, de Puyvallée, 
Huau, Le Page ; total 12 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire général rend compte des ouvrages reçus 
depuis la dernière séance. 

Il donne lecture d’une lettre de la Société Archéologique, invi¬ 
tant les membres de la Société à assister à la fête de son Cin¬ 
quantenaire, qui doit avoir lieu le dimanche 23 janvier. 

Aucune section ne s’étant réunie et aucune lecture n’étant pro¬ 
posée, la séance est levée à huit heures quarante-cinq. 


Séance du 21 janvier 1898 


Présidence de M. Paulmier, Président. 


Membres présents: MM.Paulmier, Guerrier,Pelletier,Deshayes, 
Huau, de Puyvallée, Basseville, Charoy, Didier, de la Taille, 
Lefèvre, du Roscoat, Maillard ; total 13 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 


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— 77 — 


En rendant compte des ouvrages reçus depuis la dernière 
séance, M. le Secrétaire général donne un résumé des volumes 
envoyés à la Société par la Geological Survey, institution d’Etat 
chargée de la direction des études géologiques et de l’inspection 
géologique aux Etats-Unis d’Amérique. 

L’envoi très considérable et remarquablement imprimé de cette 
institution, se compose des tomes XXV, XXVI, XXVII, XXVIII, 
renfermant des détails fort intéressants sur la production du fer 
dans le district Maquette , au Michigan , sur le lac glacial A gas- 
sin , sur la Flore de l’Etat New-Jersey et sur la géologie du bas¬ 
sin de Denver au Golorado. 

Le tout est accompagné de planches nombreuses ; le second 
volume, à lui seul, en contient 113. Enfin, la môme Société publie 
également un bulletin dont elle a envoyé 18 fascicules. 

M. le Secrétaire général fait remarquer l’extraordinaire bon 
marché de ces ouvrages ; ‘1,000 sont distribués ; quelques-uns 
sont vendus au prix de publication qui coûterait quatre fois plus 
cher chez nous. 

En second lieu, M. le Secrétaire général donne lecture du pas¬ 
sage suivant extrait des comptes rendus de l’Académie des 
Sciences. Il s’agit du rapport de M. A. Gauthier sur le prix Mon* 
tyon (arts insalubres). Le prix n’est pas accordé cette année ; 
mais une récompense spéciale est accordée à M Masure, dont le 
travail, de réel mérite, ne se rapporte pourtant pas directement à 
l’objet du prix. 

M. Gauthier s’exprime ainsi : 

a M. F. Masure emploie fort utilement les loisirs que lui crée sa 
position d’inspecteur honoraire d’Académie h étudier et définir les 
caractères des bons vins naturels. 

t L’ouvrage qu’il envoie au concours, a pour titre : Recherches 
sur les bons vins naturels , leurs qualités hygiéniques et leurs 
falsifications. 

« Le livre a pour but de préciser, d’après les recherches et 
observations de l'auteur, aussi bien qu’en se basant sur les don¬ 
nées fournies par les hygiénistes, chimistes et connaisseurs les 
plus autorisés, les caractères des bons vins, les limites dans 
lesquels ils oscillent et les méthodes qui permettent de recon¬ 
naître et de classer les vins en vins naturels bons et hygié¬ 
niques, vins médiocres ou mauvais et vins artificiels ou fal¬ 
sifiés . Les caractères qui définissent les bons vins naturels sont, 


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d’après l’auteur, le rapport (lï ^122L< 11 le rapport— 1 — — > 3 pour 
les vins rouges et < 6 pour les blancs. La règle (2) somme 
alcool + acide * \î ; le rapport cen1,es > 0, ° 8 avec ses deux corol- 

1 < 17 ’ ri extrait < 0,10 

laireg _cendre8_s olnbbs > 0,2 ^ cendres in.olubû s > 0.3. T<mg lgg viûs 
cendres totales < 3 cen très totales < 0,5 

bien équilibrés, dit l’auteur, ouire leur goût de choix, leur par¬ 
fum et leur résistance aux maladies, présentent l’ensemble des 
caractères ci-dessus. 

« M. Masure donne aussi, dans son traité, une méthode person¬ 
nelle, ingénieuse et rapide pour doser les acides œnoliques des 
vins rouges, distinguant avec raison cette acidité très particu¬ 
lière, qui tient aux tannins colorants et toniques, de l’acidité géné¬ 
rale due aux acides incolores appartenant à d’autres familles 
chimiques et doués d’autres propriétés physiologiques. 

<; On trouve enfin dans cet ouvrage de bonnes règles générales 
pour guider l’expert ou l’acheteur dans le jugement qu’il doit 
porter sur chaque vin, aux divers points de vue de son état natu¬ 
rel ou falsifié, de son alcoolisation, de son mouillage, etc. 

« C’est un livre utile et consciencieux ; mais il convient de dire 
que les résultats personnels sur lesquels s’appuie l’auteur sont 
en petit nombre, et que quelques imperfections de détails se sont 
glissés dans cet ouvrage... 

« La Commission propose d’accorder en premier lieu, à M. Ma¬ 
sure, pour ses Recherches sur les bons vins naturels , une men¬ 
tion et une somme de mille francs . » 

Après la lecture de ces lignes, la Société consultée vote des 
félicitations à M. Masure et l’insertion du rapport de M. Armand 
Gauthier au procès-verbal de la présente séance. 

Aucune autre communication n’étant faite, la séance est levée 
à 9 heures 1/4. 


(1) Rapports toujours pris en poids. 

(2) Alcool en degrés centésimaux ; acide en poids d’acide sulfurique équi¬ 
vale ai. 


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- 79 — 


Séance du 4 février 1808 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents: MM. Paulmier, Pelletier, Deshaves, Cœur, 
The venin, Jacob, Didier, Lefebvre, Dessaux, Sainjon, Gharoy, 
Basseville, Huet, Maillard, Charpentier, Pilate ; total 16 
membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

En l’absence de M. le Secrétaire général, M. Basseville rend 
compte des ouvrages reçus depuis la dernière séance. 

Aucune communication n étant faite, et le nombre des membres 
nécessaires pour une séance administrative n’étant pas atteint, 
la séance est levée à 8 heures 1/2. 


Séance du 19 février 1898 


Présidence deM. Paulmier, Président 


Etaient présents : MM. Paulmier, Guerrier, Le Page, Angot, 
Vacher, Papelier, Jacob, Guillon, Dessaux, Lefebvre, Dumuys, 
Huet, Gharoy, Berton, Basseville, de Puyvallée, Didier, Maillard ; 
total 18 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire général donne communication des ouvrages 
envoyés dans la quinzaine à la Société. 

Le nombre des membres présents n’est pas atteint pour ouvrir 
une séance administrative ; c’est la seconde fois que l’absence des 
deux tiers des membres de la Société empêche l’ouverture de 
cette séance destinée à pourvoir à la vacance de deux places. 
M. le Président et les membres présents expriment leurs regrets 
et leur désir d’apporter au règlement une modification devenue 
nécessaire. 

L’arrivée de M. Huau porte à 16 le nombre des membres pré- 


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sents. M. le Président propose de prier l’un des membres les plus 
proches de se rendre à la Société. 

A 9 heures, grâce à l’obligeance de M. le docteur Geffrier, la 
séance administrative peut s’ouvrir. 

SÉANCE ADMINISTRATIVE 

Les votes des 20 membres déclarent ouvertes deux places va¬ 
cantes savoir : la succession de M. Heude, démissionnaire, et celle 
de M. Domet, décédé. La première dans la section des Sciences, 
la seconde dans la section d’Agriculture. 

Les membres présents signent une demande de modifications au 
règlement et aux statuts. 

Une commission de cinq membres est chargée de présenter un 
rapport à la Société. Les membres nommés sont MM. de Puy- 
vallée, Berton, Le Page, Sainjon, Jarry. 

La séance est levée à 9 heures i/2. 


Séance du 4 mars 


Présidence de M. Huau 


Membres présents : MM. Huau, Guerrier, Deshayes, Arqué, 
Le Page, Dessaux, Fauconnier, Didier, Dumuys, Charoy, Basse- 
ville, Berton, du Roscoat, des Francs, de Puyvallée, Guillon, 
Angot, Vacher, Barangor, Fauchon, Thévenin, Sainjon, Lefebvre, 
Geffrier et Maillard; total 25 membres. 

Le procès-verbal précédent est lu et adopté. 

M. le Secrétaire général donne communication de la correspon¬ 
dance, puis M. le Président déclare ouverte la séance administra¬ 
tive. 


SÉANCE ADMINISTRATIVE 

Elle a pour objet d’entendre les comptes du trésorier et d’arrê¬ 
ter la liste des candidats aux places déclarées vacantes dans la 
précédente séance. 


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— 81 — 


Les comptes de M. le Trésorier sont approuvés sans observa¬ 
tion 

M. le Président donne ensuite lecture d’une lettre de M. Watbled, 
consul honoraire, candidat à la place vacante dans la section 
d’Agriculture. 

Aucun candidat ne s’est présenté pour la place vacante dans la 
section des Sciences. 

La Société arrête la liste des candidats et renvoie à la section 
d’agriculture la candidature de M. Watbled. 

Elle décide, en outre, de remettre à une séance ultérieure la 
déclaration de vacance dans la section des Sciences; une nouvelle 
communication, suivant Pusage ordinaire, sera faite aux jour¬ 
naux. 

Il y aura séance administrative le 18 courant. La Société sta¬ 
tuera sur l’élection, entendra le rapport de la Commission nom¬ 
mée dans la séance précédente pour les modifications des statuts; 
elle pourra voter sur ces modifications dans la même séance 
administrative. 

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à neuf heures 
et demie. 


Séance du 18 mars 1898 . 


i 

Présidence de M. Victor Huau. 


Membres présents : MM. Huau, Arqué, Guerrier, Pilate, Angot, 
Jacob, Guillon, Sainjon, Basseville, Berton, Cuissard, du Ros- 
coat, des Francs, de Puyvallée, P. Charpentier; total 16 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance e9t lu et adopté. 

M. le Secrétaire général donne communication de la correspon¬ 
dance reçue dans la quinzaine écoulée. 

M. le Président constate avec regret que le nombre des 
membres présents est insuffisant pour que la séance administra¬ 
tive puisse avoir lieu. Il est également impossible pour la même 
raison de procéder au vote î\ l’effet de pourvoir à la place vacante 
dans la section d’Agriculture. 

M. le docteur Arqué sollicite, au nom de la Section de Médecine, 


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~ 82 — 


dont il est le Président, une souscription pour la Ligue contre la 
tuberculose. La demande acceptée en principe est renvoyée au 
Bureau qui fixera le montant de la souscription. 

M. Guerrier réclame la remise en vigueur de l’article 4*2 du 
règlement au sujet des rapports sur les travaux lus en séance. 

La Société reconnaît le bien fondé de l’observation et M. le 
Président de la section des Sciences est invité à rafraîchir la 
mémoire du membre de sa section que cette observation intéresse. 

Sur la demande de M. Basseville, la Société décide de nommer 
une commission chargée de s’entendre avec celle de la Société 
archéologique sur l’interprétation du testament de M. Emile 
Davoust au sujet du legs fait aux deux Sociétés. Sont nommés 
membres de la Gommission MM. Sainjon, Berton et Jacob. 

M. Berton donne, à titre officieux, communication du rapport 
qu’il a été chargé de rédiger sur les modifications des statuts. 

La séance est levée à neuf heures et demie. 

Le Secrétaire par intérim , 

P. Charpentier. 


Séance du 1™ avril 1898 . 


Présidence de M. Huau. 


Etaient présents : MM. Huau, Guerrier, Deshayes, Angot, 
Gefifrier, Le Page, Dumiiys, Fauconnier, Jacob, Lefèvre, Sainjon, 
de la Taille, Guillon, Jarry, Charoy, Basseville, Cuissard, Char¬ 
pentier, du Roscoat, Quantin, des Francs, de Puyvallée, Arqué, 
Cœur, Maillard; total :25 membres. 

La lecture du procès-verbal de la précédente séance est faite et 
ne donne lieu à aucune observation. 

M. le Secrétaire général donne communication des ouvrages 
reçus dans la dernière quinzaine et d’une lettre de la Société 
des Agriculteurs de France demandant à la Société d’approuver 
une protestation contre le tarif progressif des droits de succes¬ 
sion adopté en première délibération par le Sénat, le 7 fé¬ 
vrier 1898. 


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— 83 — 


La Société consultée donne son approbation à cette protestation 
et appuie le vœu de la Société des Agriculteurs de France. 

SÉANCE ADMINISTRATIVE 

Les membres présents sont appelés a voter sur la candidature 
de M. Watbled. La section d’Agriculture exprime le regret que le 
candidat, plus littérateur qu'agriculteur, ne se soit pas présenté 
de préférence dans la section des Lettres. M. Watbled a pourtant 
fait paraître une brochure sur l'Agriculture en Algérie; la section 
le présente donc aux suffrages de la Société. 

Après trois votes successifs, le candidat n’ayant pas obtenu, 
dans aucun des tours de scrutin, le minimum des voix exigé 
par le règlement, n’est pas admis au titre de membre titulaire ; 
l’élection est donc remise à deux mois suivant l’article du règle¬ 
ment. 

La seconde partie de la séance administrative est consacrée à 
la lecture du rapport de M. Berton sur le projet de modifications 
aux articles 1, 23, 30, 31, 42, 46 du règlement. La Commission 
propose les textes suivants : 

1° Modification à l’article l« p . L’article 1 er subsiste, sauf dans 
ses trois dernières lignes, à savoir l’alinéa : Toutefois, l’élection 
ne sera valable qu’autaut que le nombre des votants sera au 
moins égal à la moitié de celui des membres titulaires ; qui sera 
remplacé par le texte suivant : « Toutefois, l'élection ne sera 
valable à la première convocation qu’autant que le nombre des 
votants présents à la séance sera au moins égal à la moitié de 
celui des membres titulaires inscrits à ce moment sur le tableau 
de la Société. 

« Mais si ce quorum n’était pas atteint lors de la première 
convocation, l’élection serait valable lors de la seconde convoca¬ 
tion à quinzaine, s’il y était procédé par la moitié des membres 
titulaires inscrits, présents ou représentés par une lettre. 

« Pour assurer le secret du vote par lettre, il sera adressé au 
Président sous double enveloppe. La première enveloppe sera 
signée lisiblement par l’expéditeur, elle sera ouverte et anéantie 
au moment de la mise dans l’urne de la seconde contenant le 
bulletin, dette seconde enveloppe close et ne portant aucune 
8uscription ne sera ouverte qu’au moment du dépouillement du 
scrutin. Le bulletin non signé ne contiendra aucune autre 
mention que celle qui fait l’objet du vote. 


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Goc ' e 



« Avertissement du droit de vote par lettre devra être donné à 
chaque membre par la seconde lettre de convocation. » 

2° Modifications à l'article 23. Les nominations auront lieu par 
scrutin individuel et non par scrutin de liste. 

Nul ne sera élu par ce scrutin s’il n’a réuni les deux tiers des 
voix des membres présents, sans toutefois que le nombre des suf¬ 
frages favorables puisse être inférieur à 20. 

Si l’élection n’a pas abouti (soit parce qu’il n’y avait pas vingt 
membres présents, soit parce qu’après trois tours de scrutin le 
candidat n’a pas obtenu les vingt voix obligées), elle sera remise 
au mois suivant. Et cette fois, le vote par lettre adressée au Pré¬ 
sident sera autorisé dans les mômes conditions que celles de l’ar¬ 
ticle l* v . Mais, dans ce cas, il faudra encore que le candidat ob¬ 
tienne pour être élu les voix des deux tiers des votants présents 
et représentés et que leur nombre ne soit pas inférieur à vingt. 

Avertissement du droit de vote par lettre devra être donné à 
chaque membre par la seconde lettre de convocation. 

L’article 23, ancien texte, disparaît ainsi complètement. 

3° Article 31. Les cinq dernières lignes seules de l’article 3i 
page 20, à partir des mots : t Pour qu’une séance administrative, » 
sont modifiées et remplacées par celles-ci : 

« La nomination des membres du bureau est réglé par l’arti¬ 
cle 1er, celle des membres de la Société par l’article 23 ; elles ont 
lieu au scrutin secret. 

« Pour que les autres séances administratives soient valables, 
il faut que 20 membres au moins se trouvent présents; les 
questions se décident alors à la majorité de quinze voix au 
moins. 

« Si le quorum n’a pas été atteint à la première convocation, 
la séance sera valable lors de la seconde convocation à quinzaine, 
quel que soit le nombre des membres présents. La majorité sera 
dans ce cas de la moitié plus un. » 

Les membres présents , après lecture de ces modifications, 
les votent à V unanimité . Les articles 1 , 23, Si, ainsi modi¬ 
fiés, remplacent , dès aujourd'hui, les anciens articles i, 23 
et 31 du Règlement, édition 1875. 

Modification» secondaires 

M. le rapporteur lit le texte suivant apportant des modifications 
aux articles 30, 42 et 40 du Règlement. 


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— 85 - 


« Article 30 (2« alinéa, 3« ligne). Le Président ouvrira la séance 
à 8 heures précises. 

« Article 42 (2e alinéa). Après cette lecture, la Société peut en 
décider immédiatement l'impression dans ses mémoires, soit en 
ordonner la transmission au Président de la section compétente, 
soit en effectuer le dépôt dans ses archives. (Le reste de l’article 
subsiste). 

« Article 46. Les mémoires contenant les travaux de la Société, 
et les procès-verbaux des séances paraissent deux fois par an, le 
15 janvier et le 15 juillet (L’ancien texte portait quatre fois). » 

La Société, consultée par vote, admet les modifications aux ar¬ 
ticles 3 et 46, modifications qui remplaceront l’ancien texte dès 
aujourd’hui, mais elle rejette toute modification à l’article 42 
qui est conservé dans toute son intégrité. 

A la fin de la séance, la Société déclare de nouveau que les mo¬ 
difications ci-dessus adoptées seront applicables à partir de ce 
jour et émet le vœu qu’une nouvelle impression du Règlement 
soit faite et distribuée aux membres titulaires. 

La séance est levée à 9 heures 1/2. 


Séance du 16 avril 1898 


Présidence de M. Pelletier, Vice-Président 


Membres présents : MM Pelletier, Guerrier, Deshayes, Arqué, 
Jacob, des Francs, de Puyvallée, Huau, Maillard ; total 9 mem¬ 
bres. 

La lecture du procès-verbal donne lieu à quelques questions 
sur l'interprétation des nouveaux articles votés dans la séance 
administrative précédente. 

Il sera répondu à ces questions à la prochaine séance adminis¬ 
trative, lorsque la Société sera suffisamment représentée. 

M. le Secrétaire général donne communication des ouvrages 
parus dans la quinzaine » Deux envois à noter, l’un de la Société 
Smithsonnienne, l’autre du Ministre de l'Instruction publique. 

La séance est levée à 9 heures. 


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- 86 — 


Séance du 6 mai i898 


Membres présents : MM. Pelletier, Guerrier, Deshayes, Jul- 
lien, Papelier, Dumüys, .Jacob, Sainjon, Berton, Basseville, Cuis¬ 
sard, de Puy vallée, Maillard, Lefebvre ; total 14 membres. 

La lecture du procès-verbal de la précédente séance ne donne 
lieu à aucune observation. 

M. le Secrétaire général donne communication des ouvrages 
envoyés à la Société. 

La parole est donnée à M. Basseville pour lire le rapport de la 
Commission nommée pour l’interprétation du legs Davoust Le 
rapport donne lieu à une question : l’art musical rentre-t-il dans 
l’Art pur et une œuvre musicale est-elle susceptible d’être récom¬ 
pensée comme une œuvre de peinture ou de sculpture? La Com¬ 
mission sera consultée de nouveau et répondra à cette question. 
Le rapport, adopté dans son ensemble, sera complété ultérieure¬ 
ment quant au point ci-dessus énoncé. 

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à i) heures. 


Séance du 20 mai 1898 


Présidence de M. Pelletier, Vice-Président 


Membres présents : MM. Pelletier, Guerrier, Deshayes ; Va¬ 
cher, Jullien, Huau, Desnoyers, Basseville, Dusserre. Huet, total 
10 membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Le Secrétaire général donne communication des ouvrages reçus 
au cours de la dernière quinzaine. 

M. Basseville rend compte de son rapport au sujet du legs 
Davoust, fait à la Société archéologique. La Société archéologi¬ 
que a voté son rapport sans modification. La Commission de la 
Société d’agriculture statuera. 

Aucune communication n’étant à l’ordre du jour, la séance est 
levée à 8 heures 3/4. 


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— 87 — 


Séance du 3 juin 1898 


Présidence de M. Pelletier, Vice-Président 


Membres présents: MM. Pelletier, Deshayes, Guerrier, Jullien, 
Angot, Baranger, Papelier, Fauconnier, Jacob, Dessaux, Lefebvre, 
Sainjon, Dusserre, Charoy, Busseville, <’.ochard, Huet, Desnoyers, 
Cuissard, Ansehnier, de Puyvallée, Dumuys, Maillard, Arqué, 
Fauchon, Charpentier, Pilate ; total 27 membres. 

Après la lecture du procès-verbal de la précédente séance et le 
dépouillement de la correspondance, la séance administrative est 
ouverte dans le but d’élire un membre dans la section d’Agricul¬ 
ture. M. Watbled, dont l’élection était restée suspendue, main¬ 
tient sa candidature. 

Pour la première fois la Société applique les modifications 
apportées à l’article 23 du règlement. Sept membres absents ont 
envoyé leur vote sous double enveloppe. Avant le vote, M. le 
Secrétaire particulier donne lecture de l’article 23 modifié. 

On passe ensuite au vote. M. Watbled ayant réuni la majorité 
requise, c'est-à-dire plus des deux tiers des membres présents et 
représentés, est élu dans la section d’Agriculture. 

A la fin de la séance, M. Jullien-Crosnier expose à la Société 
que ses occupations l’empêchant actuellement de s’occuper acti¬ 
vement de la bibliothèque, il donne sa démission de bibliothé¬ 
caire. La Société témoigne à M. Jullien toute sa satisfaction de 
ses longs et utiles services et espère qu’il reviendra sur sa déter¬ 
mination. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
neuf heures et demie. 


Séance du 18 juin 1898 


Présidence de M. Pelletier, Vice-Président 


Membres présents: MM. Pelletier, Guerrier, Jullien, Desnoyers, 
Papelier, Thévenin, Dusserre, Dumüys, Sainjon, Basseville, 


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Cochard, Cuissard, Huau, Maillard, Lefebvre, Fauchon ; total 
16 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 
M. le Secrétaire général donne communication de la correspon¬ 
dance reçue dans la quinzaine. La parole est ensuite donnée à 
M. Dusserre pour lire son rapport sur le travail de M, Guerrier 
Y Architecture des Anciens . 

La Société vote l’impression du mémoire et du rapport. 

M. Basseville, répondant à la question posée à la Commission 
du legs Davoust : La musique rentre-t-elle dans l'art pur et 
une œuore musicale peut elle être récompensée ? déclare que 
selon la Commission telle n’a pu être l’intention du donateur. La 
Société, consultée, accepte cette interprétation et exclut les 
œuvres musicales de la liste des ouvrages pouvant être récom¬ 
pensés. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
neuf heures et demie. 


Séance du i er juillet 1898 


Présidence de M. Desnoyers, Président d’honneur 


Membres présents : MM. Desnoyers, Guerrier, Jullien, 
Deshayes, Fauchon, Dessaux, Thévenin, Jacob, Dumüys, 
Cochard, Didier, Huet, Berton, Basseville, Cuissard, Baillet, 
Maillard, Pelletier, Geffrier, Lefebvre ; total 20 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. M. le 
Secrétaire général rend compte des envois faits à la Société pen¬ 
dant la quinzaine. Parmi les ouvrages reçus il signale un opus¬ 
cule intitulé : Supplément au catalogue des plantes vasculaires 
du département du Loiret. Parmi les plantes, quatre-vingt-quatre 
nouvelles espèces ne figurent jusqu’ici dans aucun catalogue 
de la Flore orléanaise. La Société remercie M. Jullien de son 
envoi et le félicite de ce travail. 

Une lettre «le M. le Président de la Société archéologique 
demande à la Société d’approuver les propositions de la Commis¬ 
sion mixte du prix Davoust, demandant à la Société d’agri- 


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culture de vouloir bien laisser à la Société archéologique la 
libre disposition du prix pour l’année 1899. La proposition est 
approuvée. 

M. Guerrier a la parole pour expliquer le texte de Cicéron qu’il 
a cité dans son travail, sur l’aplomb des colonnes du temple de 
Castor ; cette obliquité des colonnes, cet écart de la verticale 
était-elle connue des Romains du temps de Cicéron ? M. Guerrier 
juge que non et appuie son dire sur l’explication littérale du texte 
et le commentaire du contexte. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
neuf heures. 


Séance du 15 juillet 1898 


Présidence de M. Pelletier, Vice-Président 


Membres présents : MM. Pelletier, Guerrier, Jullien, Desnoyers, 
Jacob, Fauchon, Baillet, Cochard, Basseville; total 9 membres. 

M. le Secrétaire général énumère les circulaires et brochures 
envoyées à la Société pendant la quinzaine 
La séance est levée à huit heures trois quarts. 


Séance du 7 octobre 1898 


Présidence de M. Desnoyers, Président d’honneur 


Membres présents : MM. l'abbé Desnoyers, Guerrier, Jullien, 
Cuissard, Arqué ; total 5 membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire général donne la liste de tous les volumes 
envoyés depuis la dernière séance et les énumère avec détail. 

M. le Bibliothécaire est chargé de voir si, dans les Atti délia 
Academia dei Lincei , il n’y a pas, comme autrefois, une partie 

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concernant l’histoire et la philologie ; si cette partie manque, 
M. le Secrétaire général la demandera. 

Rien n’étant plus à l'ordre du jour, la séance est levée à 
neuf heures. 


Séance du 22 octobre 18OS 


Présidence de M. Pelletier, Vice-Président . 


Membres présents : MM. Pelletier, Guerrier, Deshayes, Des- 
novers, Basseville, Lefèvre, Papelier, Le Page, Maillard ; total 
9 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 
M. le Secrétaire général donne communication des ouvrages et 
correspondances reçus depuis la dernière séance. 

M le Président prend la parole pour faire l’éloge de M. Chi- 
pault, membre de la Société dans la section de Médecine, décédé 
le 18 de ce mois. 

« 11 y a quelques jours à peine, dit M. le Président, notre col- 
« lègue, M. le docteur Ghipault, tombait, comme le soldat sur le 
f champ de bataille, foudroyé par un mal implacable au milieu 
« même d’une opération chirurgicale commencée, et la mort 
« faisait tomber de sa main le fer dont il se servait. Il était 
i heureusement ressaisi par l’habile praticien qui l’assistait, 
« M. le docteur Cœur, un autre de nos collègues, qui put conti- 
« nuer et mener à bon terme cette opération délicate. 

« M. Antony Ghipault occupait une place éminente dans la 
« médecine de cette ville. Fils lui-même d’un médecin distingué 
« de Châteauneuf-sur-Loire, il manifesta de bonne heure son 
« goût pour la profession paternelle et il se fixa à Orléans, après 
« de brillantes études à la faculté de Paris, où il conquit en 1863 
« le grade de docteur. 11 ne tarda pas à faire preuve de son 
« sérieux mérite et à s’y créer une clientèle nombreuse et sym- 
« pathique. Mais ce furent les événements douloureux de l’an- 
« née 1780 qui mirent son talent en relief et lui fournirent 
« l’occasion de donner la mesure de toute sa valeur. Chirurgien 
« d’une science et d'une habileté consommées en même temps 


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« que d’un dévouement sans limite, il se consacra tout entier à 
« l’organisation des ambulances de la ville et pratiqua sur les 
a blessés qui y aflluaient les opérations les plus difficiles, avec 
« une supériorité qui fut remarquée par les savants médecins 
a dont étaient accompagnés les armées tant françaises qu’alle- 
« mandes. Ce qui, surtout, frappa vivement l’attention, ce fut la 
a vigueur et la puissance d’intelligence du D r Chipault, qui tout 
« écrasé qu’il était par des travaux sans nombre, n’abandonna 
« pas ses préoccupations scientifiques, mais trouva le moyen de 
« noter et de consigner ses observations de chaque jour et de se 
« mettre en état de publier peu de temps après la guerre un 
« ouvrage magistral sur les blessures par les armes à feu qui fait 
« autorité dans le monde médical. D’autres voix plus autorisées 
« que la mienne s’étendront avec la compétence qui lui appartient 
« sur la valeur des autres publications sorties de sa plume. Qu’il 
« me suffise de dire que les distinctions les plus flatteuses sont 
« venues le trouver d’elles-mémes. Officier de la Légion d’hon- 
« neur et de l’Instruction publique, il était membre correspon- 
« dant de la Société de chirurgie, chirurgien en chef honoraire 
« des hospices d’Orléans, président de l’Association des médecins 
« du Loiret, médecin du Lycée, président de la Ligue contre la 
« Tuberculose, sans compter tant d’autres titres qui lui furent 
« conférés par le choix de ses confrères et la confiance de ses 
« compatriotes. 

« Mais ce que nous pouvons attester par notre témoignage 
« personnel, c’est la sympathie générale que lui attiraient le 
« charme de son caractère, sa parfaite courtoisie, sa grande 

* affabilité et le commerce agréable de son esprit. Aussi le sou- 
€ venir de sa noble figure ne risque pas de s’effacer de longtemps 
« dans notre société aussi bien que dans la ville qu’il honorait 
« par son talent et son caractère. Il risque d’autant moins de 
« tomber dans l’oubli que son nom est dignement porté par un 
t fils qui, quoique jeune encore, a déjà attiré sur lui, par ses 

• communications à l’Académie de médecine, l’attention du 
« monde savant et rendu ainsi à la mémoire de son père l’hom- 
< mage le plus sensible que celui-ci pût désirer en quittant une 
« vie aussi honorablement remplie. » 

Après cette lecture, M. le Président demande à la Société de 
vouloir bien partager avec la Société d’archéologie les frais de 
gravure du portrait de M. Domet. La proposition est acceptée. 


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La parole est ensuite donnée à Mgr Desnoyers qui lit un tra¬ 
vail : Analyse et Commentaire d’un livre d’heures écrit et annoté 
de la main d'un charpentier d’Orléans en 1710. 

Ce travail est renvoyé à la section des Lettres. 

La séance est levée à neuf heures un quart. 


Séance du 4 nooembre 1898. 


Présidence de M. Pelletieh, Vice-Président. 


Membres présents : MM. Pelletier, Guerrier, Deshayes, Arqué, 
Dumiiys, Dessaux, Guillon, Basseville, Cuissard, Desnoyers, 
Charpentier, Maillard; total 12 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire général donne communication des ouvrages 
reçus dans la quinzaine et signale en particulier un volume de 
l’Institution smithsonienne, intitulé : Rapport du Musée national. 

M. le Président fait ensuite l’éloge funèbre de M. L. Jarry, 
membre de la Société dans la section des Lettres, décédé le 
26 octobre 1898. Voici en quels termes : 

« Les morts vont vite. A notre précédente séance, j’avais à 
« vous entretenir de la mort du regrettable D r Chipault. J’ai à 
« vous parler aujourd’hui de la perte d’un autre collègue, bien 
* cher à chacun de nous, frappé à une époque de la vie qui 
« devait nous faire espérer, pour de longues années encore, le 
« charme de sa société, de sa collaboration et de ses travaux. 

« M. Louis Jarry, né à Orléans, est mort à l’âge de 61 ans 
« seulement. 11 avait recueilli dans les traditions paternelles le 
« goût des recherches historiques et archéologiques auxquelles il 
« se consacra dès sa jeunesse et qui devinrent sa préoccupation 
« constante et l’étude passionnée de toute sa vie ; il aimait surtout 
« à remonter aux origines de notre histoire orléanaise. et c’est 
« aux documents originaux et inédits qu’il s’efforçait d’arracher 
« les secrets du passé. Tout était matière à ses savantes et labo- 
t rieuses investigations, vieux manuscrits conservés dans les 
« archives locales, documents enfouis dans la -poussière des 
« bibliothèques publiques et qu’il prenait la peine d’aller chercher 


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— 93 — 


« jusqu’à l’étranger, vieux monuments en ruines, médailles et 
« jetons, il savait, grâce à son esprit sagace et pénétrant, jeter 
« une vive lumière sur des points restés jusque-là obscurs ou peu 
« connus. 

t Son érudition était aussi étendue que vive. Vous avez pu en 
« juger par la nature diverse des travaux sortis de sa plume et 
» dont un grand nombre a été adressé aux Sociétés d’Orléans 
t qui se faisaient honneur de le compter parmi elles, et dont il 
« enrichissait leurs annales. Ce n’est point le moment, à l’heure 
« de cette triste séparation, de porter un jugement détaillé sur le 
« mérite littéraire et scientifique de ses œuvres. Qu’il me suffise 

• de faire appel à votre souvenir, car vous n’avez pas perdu de 
« vue le charme de ses communications à la fois savantes et ingé- 

• nieuses, toujours sérieusement documentées et écrites dans un 
« style clair et relevé, révélé souvent par un ton de bonne humeur. 
« M. Jarry s’inspirait de ce conseil donné par un éminent histo- 
« rien : « Les historiens modernes doivent fournir à leurs lecteurs 
« les moyens les plus sûrs pour être leurs propres critiques en 

• leur faisant connaître leurs autorités ». En loyal écrivain, 

• M. Jarry n’y manquait jamais, ce qui donnait à ses œuvres un 
« grand crédit et à ses lecteurs une entière confiance. 

« Tous ces travaux lui avaient créé une notoriété non seule- 
4 ment dans sa ville, mais aussi auprès de nos grands savants. 

« Il était membre des trois sociétés savantes d’Orléans : la Société 
« d’archéologie, celle de l’Agriculture, Belles-Lettres et Arts et 
« de l’Académie de Sainte-Croix. Il était correspondant du Minis- 
a tère de l’Instruction publique, membre non résident du Comité 
« des Sociétés des Beaux-Arts des départements, membre de la 
« Société de l’Histoire de France et de la Société Française archéo- 
« logique. Il avait reçu, de plus, la distinction universitaire d’Of- 
« licier de l’Instruction publique. 

« Ces occupations diverses ne suffisaient pas à absorber sa 
« grande activité. Toujours prêt à mettre son dévouement au 
« service de ses concitoyens, il s’occupait avec zèle de l’organi- 
« sation et de la surveillance des écoles libres, et il remplissait 
« les fonctions de membre de la fabrique de la cathédrale de 
u Sainte-Croix. 

« Que dirais-je des qualités de l’homme privé? Les nombreux 
« amis qu’il comptait dans notre ville savent combien ses rela- 
« tions étaient sûres et fidèles, son caractère à la fois sérieux et 


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— 94 — 


« enjoué, son affabilité toujours prête à rendre les services qui 
h étaient en son pouvoir et notamment la libéralité avec laquelle 
« il mettait à la disposition des travailleurs les trésors de la riche 
e bibliothèque qu’il avait réunis. 

« M. Jarry laisse un certain nombre de livres et de mémoires 
« remarquables aussi bien par la forme que par le fond de la 
« composition. Je citerai seulement ; VHistoire de VAbbaye de 
« la Cour-Dieu, la Guerre des sabotiers de Sologne , le Testa - 
« ment inédit de Danois 9 les Dépêches royales sur la Saint- 
« Barthélemy adressées à Matignon , le Compte de VArmée 
« française au siège d'Orléans et le dernier travail lu à notre 
« Société, intitulé : Henriette d’Enlraigues et son vœu singulier 
« à Notre-Dame de Cléry. Il mettait de plus, au moment de la 
u mort, la dernière main à un important ouvrage 6ur Y Histoire 
« de Cléry , dont il venait de terminer le manuscrit. Les mains 
u pieuses d'un fils digne de lui, et qu’il avait formé à son école, 
a ne tarderont pas à le livrer à l’impression. 

« Nous perdons en M. Jarry un de nos collègues des plus 
u estimés et aimés, les sciences et les lettres un érudit plein de 
« savoir et de conscience, et la ville d’Orléans un des hommes 
<( qui lui faisaient le plus grand honneur par sa science, ses 
« talents et son caractère. » 

M. le docteur Arqué demande la parole au nom de la section 
de Médecine pour ajouter quelques mots à l’éloge du regretté doc¬ 
teur Chipault : 

« Messieurs, 

« La section de Médecine a perdu un de ses membres, un des 
« chirurgiens de la ville les plus en vue. Le concours empressé 
u et sympathique de toutes les classes de la société aux obsèques 
« a montré que la perte du docteur Chipault était un deuil public 
« pour Orléans. La famille du défunt a décliné tout discours sur 
« la tombe ; mais notre Société pense qu’il est convenable, dans 
« l’intimité de ses réunions, de relever ses morts. C’est ce que 
« M. Je Président a fait dans la dernière séance. Il vient de me 
u l’apprendre. Après lui, il n’y avait plus qu’à garder le silence. 
« Il a insisté pour que je dise les pensées et les regrets de la sec- 
« tion de Médecine. 

« Notre Société, sans doute, n’a pas profité souvent de la pré- 


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- 95 ~ 


u sence et des recherches d’un praticien dont le9 instants étaient 
« absorbés par des occupations multiples : clientèle, service hos- 
« pitalier, Conseil d’hygiène, Lycée, chemin de fer. Association 
« et Syndicat médicaux, Société de Médecine, Ligue contre la 

tuberculose et tant d’autres... Mais les communications faites 
a par le docteur Chipault à la Société des Sciences ont toutes eu 
« l’honneur de l’insertion dans ses mémoires. 

« Je ne puis songer — en ce moment — a un éloge funèbre — 
a il a été fait par M. le Président — au compte rendu des œuvres, 
« à une notice biographique, — que nous réservons. — C’est un 
« simple avant propos, une pierre d’attente que je viens vous 
b offrir. Je veux espérer qu’un de nos chirurgiens, un de nos 
u collaborateurs ou de ses élèves — tiendra à honneur de nous 
a faire revivre, dans des pages autorisées, le confrère bienveillant 
ü et habile, Je veux seulement au jourd’hui faire à notre collègue, 
u si inopinément enlevé, le salut d’honneur. 

« J’en avais été chargé déjà le 17 janvier 1896, au moment où 
f la limite d’âge venait d’atteindre M. Chipault, comme chirur- 
« gien en chef. Le corps médical des hospices avait voulu, par 
« un acte de confraternité, lui adoucir les amertumes de la sépa- 
« ration en lui offrant, pour son honorariat, un bronze d’art : 
•c Le Gaulois au repos , de Début. Ce que je lui disais alors* 
« retrouve, par sa mort même, de son actualité. Je me permets 
« de vous en donner deux fragments, ce sera le prologue de sa 
o biographie. 

« Mon cher collègue, le moraliste romain s’écriait en parlant 
« de quinze ans écoulés dans la vie d’un peuple : Grande œvi 
« spatium / Que dire du même espace dans la vie d’un homme î 
* Et voilà quinze, vingt, vingt-cinq ans que, chaque jour, pen- 
« dant de longues heures souvent, vous êtes venu prodiguer aux 
« malheureux les soins les plus éclairés et les plus dévoués ! 
u Dans vos différents services ouverts à tous les confrères et à 
« à toutes les initiatives — les anciens et les jeunes vous ont 
« toujours trouvé prêt à faire tout ce qui pouvait être agréable et 
« avantageux à chacun. Il n’est donc pas surprenant que le corps 
« médical, civil et militaire des hospices, ait voulu, avant de 
u vous voir prendre un repos si mérité, graver sur le bronze i’ex- 
« pression de ses sympathies et de ses regrets. Il a, pour ainsi 
« dire, matérialisé et personnifié sa pensée, dans cette figure 
f allégorique : Le Gaulois. C’est un vaillant, un chef, après la 


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a lutte, au repos ! Debout, face à l'ennemi, le regard encore me- 
« naçant, appuyé sur sa hache d’arme, il attend, sans rien crain- 

« dre d’autre.que la chute du ciel. (le glaive au fourreau est 

« peut-être celui que le Brenn a jeté dans la balance où som- 
« brait la fortune de Rome : — Vœ victis ! 

a Mon cher collègue, fils des Gaulois et des Francs, pendant 
« un quart de siècle dans les Hospices d’Orléans, vous avez tenu 
« vaillamment une arme, non pas l’arme qui tue, mais l’arme 
« qui défend de la mort et qui conserve la vie. Au moment de la 
« déposer, appuyé sur elle, vous regardez autour de vous afin 
c de la confier à des mains plus jeunes. D’autres vaillants se 
u sont élevés prés de vous, vous les connaissez, nous les connais- 

« sons, et à titres différents nous les aimons.Tous, nous 

« savons que le glaive sauveur est en des mains sûres et que nos 

« espoirs ne seront pas déçus. Pour vous, d’ailleurs, qui 

« partez plein de force encore si, — ce qu’à Dieu ne plaise ! — des 
« jours mauvais se levaient pour la France et qu’elle dut faire 
u appel à tous ses fils et mobiliser ses réserves, vous sauriez le 
« ressaisir ce glaive et rentrer dans le rang : Pro Patria ! 

« Voilà, Messieurs, ce que nous disions au docteur Ghipault, il 
« y a deux ans. Les espérances de retour, à nos réunions confra- 
« ternelles, celles de longévité, que nous faisaient concevoir la 
« forte constitution de notre confrère, sa taille vigoureuse, sa 
« face léonine, devaient être déçues. Cette vigueur apparente 
« était trompeuse, et la.catastrophe inattendue fut foudroyante. 
« Le glaive curateur, il sut le garder au profit de l’humanité, en 
« dehors des services hospitaliers, et le tenir jusqu’à la dernière 
« heure. La mort l’a frappé debout comme le Gaulois - il est 
« tombé sur la brèche sanglante, les armes à la main. 

« Toutes les fois que le 46 e régiment — auquel appartient le 
« premier grenadier de France - - prend les armes, et que le dra 
« peau sort, le capitaine commandant la compagnie du drapeau, 
« appelle à haute voix : La Tour d'Auvergne (1), le plus ancien 
« sergent s’avance et répond : « Mort au champ d’honneur t » 

« J’ai fait aujourd’hui l’oftice du vieux sergent et répondu à 
« l’appel du docteur Ghipault, du praticien, tombé les armes à la 
« main : Mort au champ d'honneur! 

(1) Le capitaine La Tour d’Àuvergne-Corret, par le capitaine Paimblant da 
Roui], page 22. 


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« Un de ses émules en chirurgie viendra vous redire bientôt les 
« œuvres et la valeur du chirurgien ». 

La Société décide que ces paroles seront transcrites au procès- 
verbal de la séance. 

Elle entend ensuite le rapport de M. Cuissard, sur le travail de 
M* r Desnoyers, sur le livre du charpentier Orléanais Sallé il710.) 
Elle vote l’impression du mémoire et du rapport. 

La séance est levée à 9 heures 30. 


Scance du 18 novembre 1898 


Présidence de M. Pelletier, Vice-Président. 


Membres présents : MM. Pelletier, Guerrier, Jullien, Charpen¬ 
tier, Deshayes, Arqué, Cuissard, Basseville, Dessaux, Dumüys, 
Lefebvre; total 11 membres. 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. 

M. le Président donne lecture à la Société d’une lettre de 
M. Masure. Dans cette lettre, notre honorable collègue exprime 
ses regrets de ne pouvoir désormais assister aux réunions de la 
compagnie. Depuis une année déjà, son état de santé le prive de 
prendre part à ses travaux et de venir siéger dans le local où 
elle tient ses séances bi-mensuelles. En conséquence, M. Masure 
se voit contraint d’adresser à M. le Président sa démission de 
membre titulaire résidant, mais il sollicite en échange de ce titre 
celui de membre honoraire « qui lui permettra de présenter à la 
Société les résultats des recherches qu’il pourra faire encore ». 

La Société décide d’accepter la démission de M. Masure, tout 
en exprimant ses regrets que le mauvais état de santé du démis¬ 
sionnaire soit cause de son départ. Elle remet à la première 
séance administrative la nomination de notre collègue au titre de 
membre honoraire. 

M. Guerrier, faisant fonction de secrétaire général, donne lec¬ 
ture des ouvrages reçus depuis la dernière séance. 

Au nombre de ces ouvrages se trouve un mémoire de M. Emile 
Bouchet, notre ancien collègue, intitulé : Le Gouvernement du 
comte d* Estrades. 


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La Société remercie l'auteur de l’hommage qu’il a bien voulu 
lui faire. 

M. Cuissard commence la lecture d’un travail intitulé : Les 
Compagnies du tir à Orléans du XIV* au XVIIF siècle. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
9 heures. 


Séance du 2 décembre 1898 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents : MM. Paulmier, Pelletier, Deshayes, Guer¬ 
rier, Le Page, Fauchon, Papelier, Didier, Basseville, Watbled, 
Huau, Lefebvre, Maillard ; total 13 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 
M. le Secrétaire général donne connaissance de la correspondance 
reçue dans la quinzaine. 

Une lettre de M. le Ministre de l'Instruction publique demande 
aux Sociétés savantes dans quelle proportion elles pensent parti¬ 
ciper à l’Exposition de 1900. Il est décidé qu'une commission 
composée du Bureau et des Présidents de chaque section s'occu¬ 
pera de cette question. 

La parole est ensuite donnée à M. Watbled, qui donne lecture 
d’un travail sur Molière et le Masque de Fer. 

Le travail est renvoyé à la section des Lettres. 

M. le Président avertit la Société que la prochaine séance sera 
une séance administrative. 

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 9 heures. 


Séance du 16 décembre 1898 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents : MM. Paulmier, Pelletier, Jullien, Guerrier, 
Deshayes, Arqué, Vacher, Le Page, Angot, Rocher, Thevenin, 
Dessaux, Fauconnier, Dumiiys, Sainjon, Berton, Gharoy, Basse- 


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ville, Cuissard, Watbled, des Francs, Baranger, Cœur et Maillard; 
total 24 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Le dépouillement de la correspondance ôtant terminé, la So¬ 
ciété se constitue en séance administrative. 

SÉANCE ADMINISTRATIVE 

Quatre places sont vacantes dans la Société, une dans la sec¬ 
tion de Médecine par suite du décès du D r ( Jiipault, une dans 
la section des Lettres qui a perdu son président M. Jarry, une 
dans la section des Arts, depuis le départ de M. Heude et une 
dans la section d’Agriculture, par suite de la démission de 
M. Masure. 

Les deux sections de Médecine et des Lettres demandent de 
renvoyer à un an la nomination des membres qui doivent succé¬ 
der h M. Chipault et M. Jarry. La Société, en raison du peu de 
temps écoulé depuis la mort et en témoignage de ses regrets et de 
sa sympathie, agrée la demande des deux Sections et remet à un 
an les deux nominations 

L’élection de deux membres en remplacement de MM. Heude 
et Masure est fixée h la première séance de février 1809. 

Le bureau, après avoir délibéré sur la demande de M. Masure 
de faire partie de la Société au titre de membre honoraire, le pré¬ 
sente aux suffrages des sections. Le vote pour l’élection de 
M. Masure aura lieu à la dernière séance de janvier. 

A ce propos, M. le Président rappelle que les membres hono¬ 
raires de droit sont : MM. le Général commandant en chef le 
5 e corps, le Premier Président, le Préfet du Loiret, l’Evéque et 
le Maire d’Orléans. 


SÉANCE ORDINAIRE 

La séance ordinaire est reprise. M. le Président annonce que 
chaque bureau a renouvelé son président de section. M. Charoy 
succède à M Jarry dans la section des Lettres, M. < luissard en est 
le secrétaire. Rien de changé dans les autres sections. 

Enfin, sur la demande de M. Dessaux, la Société émet le vœu 
de la réimpression du règlement. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
9 heures J/2. 


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ANNÉE 1 899 


Séance du 6 janvier i899 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents : MM. Paulmier, Pelletier, Guerrier. Des- 
hayes, Jullien, Le Page, Sainjon, Didier, Guillon, Basseville, 
Cuissard, de Puyvallée, Huau, Maillard ; total 14 membres. 

Le procès-verbal est adopté, après une rectification sur la date 
de la séance où auront lieu les prochaines élections. 

M. le Secrétaire général donne communication des ouvrages et 
lettres reçus dans la quinzaine. Il signale dans le Bulletin de 
V Academie des Sciences le rapport sur le Prix Montvon (Arts 
insalubres ), décerné à M. Masure. 

M. le Président donne lecture d’une lettre de M. le Président de 
la Société des Agriculteurs de France demandant de signer une 
protestation contre le projet d’impôt progressif. Il est décidé que 
les membres de la Société pourront signer individuellement la 
protestation. 

M. Cuissard continue la lecture de son travail : Les Compa¬ 
gnies de tir à Orléans du A7Ve au X\> siecle. 

Le travail de M. Cuissard est renvoyé à la section des Lettres. 

La séance est levée à 9 heures. 


Séance du 20 janvier 1899 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents : MM. Paulmier, Guerrier, Deshayes, Jul¬ 
lien, Arqué, Angot, Papelier, Dessaux, do la Taille, Sainjon, 
Didier, Guillon, Charoy, Basseville, Cuissard, de Laage, Ansel- 
mier, de Puyvallée, des Francs, Huau, Lefebvre, Maillard et 
Watbled ; total 23 membres. 


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- 101 — 


Après la lecture du procès-verbal de la précédente séance et le 
dépouillement de la correspondance, M. le Président fait con¬ 
naître les demandes de deux candidats aux places vacantes, l’une 
de M. des Francs, dans la section d’Agriculture ; l’autre de 
M. Renardier, dans la section des Sciences. Les lettres des candi¬ 
dats sont renvoyées aux sections intéressées. 

M. le Président ouvre la séance administrative. 

SÉANCE ADMINISTRATIVE 

M. le Président et, avec lui, le Bureau proposent à la Société 
de nommer M. Masure membre honoraire, selon la demande que 
M. Masure a faite à la Société, dans une lettre du 18 no¬ 
vembre 1898. 

A ce propos, l’un des membres demande quels sont les droits 
des membres honoraires. Le règlement leur donne le droit d’as¬ 
sister aux séances. Ils ont voix délibérative, mais dans les séances 
ordinaires seulement. Ils peuvent présenter des mémoires, dont les 
membres titulaires peuvent voter l’impression. 

Il est ensuite passé au vote; M. Masure n’obtient pas le 
nombre de voix suffisant. La nomination est remise à un mois. 

M. le Président fait part à la Société de la démission de 
M. Quan tin, de la section d’Agriculture, qui quitte la ville d'Or¬ 
léans. 

La Société décide ensuite : 1° que le prix Perrot sera distribué 
cette année ; 2<> que le concours pour le prix Davoust est ouvert 
dès ce jour. Le prix sera distribué l’an prochain au mois de 
mai 1900. Le concours sera fermé le 1 er mars de la même 
année. 

M. Guerrier donne lecture du rapport sur le travail de M. Wat- 
bled : Molière et le Masque de Fer . On vote l’impression du 
travail de M. Watbled. M. Guerrier demande que son rapport 
soit considéré comme rapport verbal. En voici le résumé : 

« On a beaucoup discuté sur le Masque de Fer ou, comme on 
dit aujourd’hui plus justement, sur l’Homme au masque ; car il 
est presque certain que le masque était de velours. Quant au 
personnage lui-même, des noms divers ont été prononcés ; 
aujourd’hui les suffrages semblent se porter sur Mattioli (voir le 
journal le Temps, du 16 novembre 1898). M. Loquin, Président 
de l’Académie de Bordeaux, a découvert un nom nouveau. Le 


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Masque de Fer, c’e9t Molière ! — Les preuves ! M. Loquin n’en 
apporte pas ! son assertion est donc le fruit de son imagination ! 
C’est de l’histoire écrite dans le genre des Trois Mousquetaires , 
avec le talent en moins. Heureusement que l’auteur laisse au lec¬ 
teur la liberté de sourire ou de hausser les épaules. « C’est ce 
qu'il y a de mieux à faire », disent quelques-uns. M. Watbled a 
pensé autrement ; il a voulu étudier le travail de M. Loquin, et 
l’a jugé avec un grand bon sens et en des termes qui nous font 
désirer un travail plus digne de son talent. 

« En terminant, M. Guerrier signale à la Société l’opinion de 
M. Loiseleur, qui a beaucoup étudié cette question. Il y eut plu¬ 
sieurs Masques de Fer, le dernier, mort en 1713, est la synthèse 
de tous les autres et réunit en sa personne toutes les particularités 
de ses homonymes. Ainsi se forment des légendes dans l’histoire, 
ainsi se forma la légende de Guillaume Tell. » 

La séance est levée à 9 heures 3/4. 


Séance du 3 février 1800 


Présidence de M. Paulmibr, Président 


Étaient présents : MM. Paulmier, Guerrier, Arqué, Pilate, Le 
Page, Angot, Thévenin, Dessaux, Fauconnier, de la Taille, Sain- 
jon, Berton, de Laage, Guillon, Basseville, Cuissard, Charpentier, 
Anselmier, de Puyvallée, Huau, Desnoyers, Watbled, Lefebvre, 
de la Rocheterie, du Roscoat, Maillard, Deshayes et Geffrier; 
total 29 membres. 

Après la lecture du procès-verbal et la communication des 
ouvrages reçus dans la quinzaine, M. le Président ouvre la séance 
administrative. 


SÉANCE ADMINISTRATIVE 

La section d’Agriculture présente M. Maurice des Francs, et la 
section des Sciences, M. Renardier. 

M. des Francs et M. Renardier sont élus chacun au premier 
tour de scrutin. 


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— 103 — 


Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
8 heures 40. 


Séance du 17 février 1890 


Présidence de M. Pàulmier, Président 


Membres présents : MM. Pàulmier, Guerrier, Deshayes, Jul- 
lien, Arqué, Le Page, Angot, Dumuys, Lefebvre, Berton, Basse- 
ville, Cuissard, Charpentier, du Roscoat, des Francs, Hitau, Des- 
saux, Baranger, Watbled et Maillard ; total 20 membres. 

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté. 

M. le Secrétaire générai donne communication des correspon¬ 
dance de la quinzaine et donne lecture de deux lettres de remer¬ 
ciements de MM. des Francs et Renardier, élus dans la précé¬ 
dente séance. 


SÉANCE ADMINISTRATIVE 

On procède à l’élection de M. Masure comme membre honoraire 
de la Société ; 12 membres votent par correspondance. Il y a donc 
82 votants. 

M. Masure est élu à la majorité des votants. 

M. le Trésorier présente à la Société Je compte annuel de sa 
gestion qu’il a préalablement soumis, conformément au règle¬ 
ment, à la vérification du Bureau. 

La Société approuve le compte de M. le Trésorier et lui adresse 
des remerciements. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à neuf 
heures. 


Séance du 3 mars 1899 


Présidence de M. Pàulmier, Président 


Membres présents: MM. Pàulmier, Guerrier, Jullien, Huau, 
des Francs, des Francs fils, de Puyvallée, Cuissard, Basses 


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— 104 - 


ville, Desnoyers, Watbled, de la Taille, Lefebvre, Didier; total 
14 membres. 

Après la lecture des envois, M. le Président souhaite la bien¬ 
venue à notre nouveau collègue dans la section d’Agriculture, 
M. Maurice des Francs,dont la famille est si connue à Orléans. 

M. le Président fait part de la démission du Bibliothécaire 
contre laquelle tout le monde proteste. M. Jullien insiste et 
M. de Puyvallée demande que, profitant de l'entrée d’un jeune 
collègue parmi nous, M. Maurice des Francs, on l'adjoigne à 
M. Jullien. M. Jullien accepte et, à l’unanimité, la Société vote 
cette nomination. 

M. le Président prend la parole sur la question de l’agrandis¬ 
sement de la bibliothèque, question qui a été traitée déjà. Le plan 
en a été demandé à notre collègue, M. Dusserre, qui ne l’a jamais 
donné. Le Président propose de prendre, pour agrandir la biblio¬ 
thèque, la cuisine qui est à côté. 

M. Jullien fait observer que la pièce est humide et le Président 
revient au projet qui a été émis il y a quelques années de conti¬ 
nuer dans le jardin le local existant. La construction incomberait 
alors à la ville. M. de la Taille fait observer que M. le Directeur 
des travaux serait chargé des devis et le travail pourrait être fait 
en une ou deux fois. 

M. le Président, sur l’avis de la Société, se charge de demander 
à la ville cette annexe, et il espère que la municipalité enverra le 
Directeur des travaux pour élaborer un devis. 

Personne n’ayant de lêcture à faire, la séance est levée à neuf 
heures. 

Pour le Secrétaire , 

A. Didier. 


Séance du 19 mars 1899 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents : MM. Paulmier, Guerrier, Deshayes, Jul¬ 
lien, Arqué, Le Page, de la Taille, Basseville, fîharoy, Cîuissard, 
Desnoyers, Watbled, de Puy vallée, Huau, des Francs et Mail¬ 
lard; total 16 membres. 


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— 105 — 


Après la lecture du procès-verbal et la communication de la 
correspondance reçue dans la quinzaine, M. le Président fait part 
à la Société des démarches qu'il a faites près de la municipalité 
pour la reconstruction de la Bibliothèque ; la réponse sera com¬ 
muniquée à la Société sitôt sa réception. 

M. des Francs, obligé de quitter Orléans, se voit forcé de re¬ 
fuser sa collaboration à l'entretien de la Bibliothèque ; la Société 
pourvoira plus tard à la nomination d’un autre membre pour 
remplir les mêmes fonctions. 

M. Basseville lit son rapport sur le travail de M. Cuissard : 
Les Sociétés de tir à Orléans et conclut à l'impression de ce 
travail. L’impression est votée. Le rapport, sur la demande de 
M. Basseville, sera considéré comme verbal. Nous en donnerons 
le résumé à la fin du présent procès-verbal. 

M. Guerrier lit ensuite un résumé de VHistoire de la Société 
depuis sa fondation. Ce travail est destiné à être envoyé à la 
Direction de l’Enseignement supérieur, pour figurer dans une 
section du Ministère de l’Instruction publique à l’Exposition 
de 1900, selon le désir exprimé par le Ministre dans une lettre 
adressée à la Société le 24 octobre 1898. 

La séance est levée à neuf heures et demie. 


Résumé du rapport verbal de M. Basseville 


C/était autrefois un préjugé que nos ancêtres, n’ayant à leur 
disposition ni les facilités de transport ni les merveilleuses dé¬ 
couvertes de notre siècle, restaient enfermés dans les limites de 
leur pays et menaient une vie triste et monotone. Les travaux 
publiés de nos jours ont fait justice de ce préjugé. Nos pères 
avaient pour se récréer les jeux d’esprit, contes, énigmes, cha¬ 
rades, bouts rimés, etc., etc. ; les jeux de hasard, des trictracs, 
cartes ; et enfin les jeux d’adresse et exercices du corps, tels que 
jeux de l’arbalète, de l’arquebuse, des courses, de paume, voire 
le jeu de volant qui faisait les délices de M lle de Montpensier. 
Dans un travail inséré au tome 22 des Mémoires de la Société 
archéologique, M. l’abbé Cochard a traité du « jeu de paume » 
à Orléans. Au xvi® siècle, la ville comptait quarante établisse- 

8 


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- 106 — 


monts où on s’exerçait à ce jeu. G’est un travail de M. Cuissard 
sur les Sociétés de tir, dont nous avons entendu la lecture dans 
une des dernières séances, qui fait l'objet de ce rapport. 

Après avoir donné quelques renseignements fort curieux sur 
d’autres jeux peu connus aujourd’hui, M. Cuissard nous apprend 
que les jeux de l’arbalète et de l’arc remontent à une époque très 
éloignée. Il en fait connaître les différentes sociétés, leurs statuts, 
leurs fêtes, la royauté éphémère du vainqueur, les concours entre 
sociétés de différentes villes, etc. Un certain nombre de pièces 
justificatives, tirées dos archives et des comptes de la ville d’Or¬ 
léans, forment le complément indispensable de ce très intéressant 
travail. 

lia section des Lettres propose l’impression de l’étude de 
M. Cuissard dans les Mémoires de la Société . 


Séance du 7 avril 1899 


Présidence de M. Huau. 


Présents : MM. Huau, Guerrier, Dr Pilate, Watbled et G. Des- 
saux. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

A ce sujet, M. Guerrier fait observer qu’il n’a lu, à la dernière 
séance, que le commencement de son résumé de l’histoire de notre 
Société. L’étude qu’il a commencée prendra, par suite de l’étendue 
et de l’intérêt réel du sujet, un certain développement. 

M. Guerrier donne connaissance des divers documents reçus 
depuis la dernière réunion et des pièces de la correspondance, 
notamment de la lettre de M. le Général, commandant le 5* corps 
d’armée, remerciant la Société de l'avoir inscrit comme membre 
honoraire. 

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à huit heures 
quarante. 

G. Dessaux. 


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— 107 — 


Séance du 21 avril 1899. 


Prêsidenoe de M. Paulmier, Président. 


Présents : MM. Paulmier, Basse ville, Didier, Huau, T. des 
Francs, Léon Dumuys, Watbled et Comte du Roscoat, 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. 
M. Basseville, faisant fonctions de secrétaire général, donne 
connaissance des divers ouvrages reçus depuis la dernière réu¬ 
nion. Au nombre de oes ouvrages, figure une étude sur M. l’abbé 
Etienne Georges, de Troyes, fondateur d’un prix triennal de 500 fr. 
à distribuer par la Société académique de l’Aube au meilleur 
travail intellectuel relatif à la Champagne, Une lettre de M. l’abbé 
Georges accompagne ce volume. 

Des remerciements sont adressés au donateur. 

M. le Président annonce à ses collègues qu'il a visité l’im¬ 
meuble de la Société en compagnie de M. Lepage, adjoint au 
Maire d’Orléans et de l’Architecte municipal, en vue d’adopter 
un plan d’agrandissement de notre bibliothèque. 

M. l’Architecte municipal indique comme moyen pratique seul 
acceptable, la construction d’un appentis à établir à la suite du 
bâtiment en retour actuellement existant. 

M. Lepage se propose d’appuyer la demande faite par la Société 
auprès du Conseil municipal d’Orléans. 11 exprime le désir que 
le devis des travaux soit aussi réduit que possible afin que la 
demande soit favorablement accueillie par nos édiles. 

Rien n'étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
neuf heures. 

Pour le Secrétaire absent, 
Léon Dumuys, 


Séance du o mai 1899 . 


Présidence de M. Paulmier, Président. 


Membres présents : MM. Paulmier, Guerrier, Deshayes, Jacob* 
Renardier, Didier, Charoy, Basseville, Cuissard, Watbled, 


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— 108 - 


Maurice des Francs, Timothée des Francs, du Roscoat, Dessaux, 
Jullien et Maillard; total 16 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire général donne connaissance des ouvrages reçus 
dans la quinzaine. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur l’histoire de 
la Société. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
neuf heures et demie. 


Séance du 19 mai 1899 . 


Présidence de M. Paulmier, Président. 


Membres présents : MM. Paulmier, Pelletier, Guerrier, Jullien, 
Deshayes, Dumïiys, Charoy, Basseville, Desnoyers, Anselmier, 
du Roscoat, Maillard; total 12 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire général donne connaissance des ouvrages 
reçus dans la quinzaine. 

M. le Président annonce à la Société qu’il a reçu les lettres de 
3 candidats au prix Perrot L’une d’elles est d’un cultivateur qui 
demande s’il peut concourir, son exploitation agricole n’étant 
que de 20 hectares. La Société pense qu’on peut, par ce moyen, 
encourager la moyenne culture; le texte du legs Perrot ne fixe, 
du reste, aucune limite inférieure et ne parle que des progrès 
apportés à l’Agriculture dans le département du Loiret. 

En conséquence, la Société délègue à la visite des cultures des 
candidats, une Commission composée de MM. Anselmier, du 
Roscoat, de Puyvallée, Maurice des Francs, Huau. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur l’histoire de 
la Société. 

La séance est levée à 9 heures. 


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— 109 — 


Séance du 2 juin 1899. 


Présidence de M. Paulmier, Président. 

Sont présents : MM. Paulmier, Guerrier, Deshayes, Jullien, 
Anselmier, Desnoyers, Basseville, Cochard, Dessaux, Didier, 
Jacob, Thé venin, Fauchon, Le Page, Watbled ; total 14 présents. 

M. le Secrétaire général rend compte des ouvrages reçus depuis 
la dernière séance. 

Rien n’étant à l’ordre du jour, la séance est levée à huit heures 
et demie. 

Pour le Secrétaire , 

D r Le Page. 


Séance du 16 juin 1899 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Sont présents : MM. Paulmier, Guerrier, Fauchon, Angot, 
Thévenin, Jacob, Didier, Basseville, Desnoyers, M. des Francs, 
de Puyvallée, du Roscoat, Anselmier, Maillard ; total 15 mem¬ 
bres. 

M. le Secrétaire général rend compte des ouvrages reçus 
depuis la dernière séance. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur l’histoire de 
la Société. 

La séance est levée à 9 heures 1/4. 


Séance du 7 juillet 1899 


Présidence de M. Paulmier, Président. 


Sont présents : MM. Paulmier, Guerrier, Jullien, Deshayes, 
Watbled, Desnoyers, Basseville, Gharoy, Didier, Renardier, 


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- 110 — 


Arqué, Angot, Baranger, Fauchon; Lefèvre, Berton, Le Page; 
total 17 membres. 

M. le Secrétaire général rend compte des ouvrages reçus depuis 
la dernière séance; parmi ceux-ci une brochure de M. Angot, 
sur Le Dindon en Sologne. Des remerciements sont unanime¬ 
ment votés à son auteur. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur l’histoire de 
la Société. 

La séance est levée à 9 heures. 

Pour le Secrétaire , 

Dr Le Paoe. 


Séance du 21 juillet 1899 


Présidence de M#r Desnoyers. 


Membres présents : MM. Desûoyers, Guerrier, Jullien, 
Deshayes, Arqué, Berton, Basseville, Baillet, Watbled, Maillard > 
total 10 membres. 

M. le Secrétaire général rend compte des ouvrages reçus depuis 
la dernière séance. Parmi ceux-ci se trouve une brochure inti¬ 
tulée : Manassé de Seignelay , évêque d’Orléans, dont l’auteur 
fait hommage à la Société. Des remerciements sont votés A 
M. l’abbé Bernois, curé de N.-D.-des Aydes. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur l’histoire de 
la Société. 

La séance est levée à 9 heures. 


Séance du 6 octobre 1899 


Présidence de M. Watbled. 


Membres présents : MM. Watbled, Pilate, Guerrier, Deshayes, 
Dessaux, Le Page, Didier, Maillard ; total 8 membres. 

Le procès verbal de la précédente séance est lu et adopté. 


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— 111 — 


M. le Secrétaire général fait le dépouillement de la correspon¬ 
dance reçue depuis la dernière séance. 

Parmi les ouvrages, M. le Secrétaire signale à la Société un 
livre de M. Louis Jarry, intitulé : Histoire de Cléry ; c’est la 
dernière œuvre de notre regretté collègue. Des remerciements sont 
adressés à M m « veuve Jarry qui a fait don à la Société de ce 
magnifique ouvrage. 

M. Guerrier, avant de continuer la lecture de son travail, 
demande qu’un rapport soit fait sur les différentes parties déjà 
lues et sur les parties qui restent à lire à mesure qu’elles auront 
été entendues, afin de livrer au plus tôt à l’impression, s'il y a 
lieu, un ouvrage qui doit être envoyé à l’Exposition de 1900. La 
demande de M. Guerrier est agréée à l’unanimité. 

La séance est levée à 9 heures. 


Séance du 20 octobre 1899 


Membres présents : MM. Desnoyers, Guerrier, Jullien, Didier, 
Jacob, Lefebvre, Basseville, Cuissard, du Roscoat, Watbled, 
Maillard ; total 11 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire général rend compte des ouvrages reçus depuis 
la dernière séance; parmi ceux-ci, un opuscule de M. Masure, 
intitulé ; Classification des vins naturels ; l’examen de ce travail 
est confié aux soins de la section des Sciences. 

M. Cuissard donne lecture de son rapport sur la première 
partie du travail de M. Guerrier. Le rapporteur, au nom de la 
section, demande l’impression de cette partie, et la Société ratifie 
par un vote favorable la demande du rapporteur. 

La parole est ensuite donnée à M. Watbled, qui donne lecture 
d’un travail sur un épisode du xvi« siècle : La régence d'Alger 
demande un roi à la France en 1752. 

Le travail de M. Watbled est renvoyé à la section des 
Lettres. 

La séance est levée à 9 heures 40. 


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— 112 — 


Séance du 3 novembre 1899 


Présidence de M r Desnoyers 


Sont présents : MM. Desnoyers, Guerrier, Deshayes, Rocher, 
Angot, Didier, Papetier. Gharoy, Berton Basseville, Le Page, 
Lefebvre, Geffrier ; total 13 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire général donne connaissance des ouvrages reçus 
depuis la dernière séance. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur rhistoire de 
la Société. 

Pour le Secrétaire , 

D r Le Page. 


Séance du 17 novembre 1899 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Sont présents : MM. Paulmier, Guerrier, Pilate, Rocher, Le 
Page, Didier, Berton, Gharoy, Basseville, Anselmier, Watbled, 
Maillard et Lefebvre ; total, 13 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire général donne connaissance des ouvrages 
reçus dans la quinzaine. 

M. Gharoy donne lecture de son rapport sur le travail de 
M. Watbled. Le rapport conclut à l’impression du mémoire et le 
vote de la Société ratifie cette conclusion. Elle vote également 
l’impression du rapport de M. Gharoy. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur l’histoire de 
la Société. 

La séance est levée à 9 heures 1/4. 


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— 1J3 — 


Séance du 1 er décembre 1899 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Sont présents : MM. Paulmier, Guerrier, Deshayes, Lefebvre, 
Charoy, Ber ton, Basse vil le, Watbled, du Roscoat, Maillard ; 
total 10 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

Une lettre de M. le Ministre de Tlntruction publique, adressée 
à M. le Président, offre à la Société une place dans les locaux 
affectés à renseignement supérieur pour y exposer ses travaux 
depuis l’année 1899. La Société décide qu’elle prendra part à 
l’Exposition et que réponse favorable sera adressée à M v le Minis¬ 
tre. 

M. le Président fait part de la démission de M. Huet, membre 
de la section des Lettres, que ses occupations actuelles empêchent 
de prendre une part active aux séances de la Société. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur l’histoire de 
la Société. 

La séance est levée à 9 heures 1/4. 


Séance du 15 décembre 1899 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Sont présents : MM Paulmier, Huau, Watbled, Basseville, 
Charoy, Sainjon, Lefebvre, Dessaux, Didier, Angot, Le Page, 
Deshayes ; total 12 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

En l’absence de M. le Secrétaire général, M. le Président rend 
lui-même compte des ouvrages reçus depuis la dernière séance. 

Le nombre des membres présents étant insuffisant, la Société 
ne peut tenir séance administrative pour laquelle la convocation 
avait été adressée. 

La séance est levée à 8 heures 1/2. 

Pour le Secrétaire , 

D r Le Page. 


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ANNEE 1900 


Séance du 5 janvier 1900 


Présidence de M. Huau, doyen d’âge. 


Présents : MM. Huau, Guerrier, Deshayes, Arqué, Pilate, Di¬ 
dier, Dumuys, Sainjon, Lefebvre, Berton, Watbled,de Puyvallée, 
et P. Charpentier ; total 14 membres. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Sècrétaire général donne connaissance des ouvrages reçus 
pendant la dernière quinzaine. 

M* le Président constate avec regret que la séance administra¬ 
tive ne peut avoir lieu, le nombre des membres présents étant 
inférieur à 20, bien qu’il ne s’agisse que d’une déclaration du 
nombre des vacances auxquelles il y a lieu de pourvoir. 

M. Sainjon demande la parole et soumet à la Société la propo¬ 
sition suivante : Pour éviter à Vavenir , et dans des conditions 
aussi simples , de renvoyer indéfiniment une séance adminis¬ 
trative faute du nombre réglementaire des membres présents , 
les sections intéressées se réuniront séparément , afin d'exami¬ 
ner, en ce qui la concerne , le nombre des vacances. A la 
séance suivante , déclarée au préalable séance administrative , 
le Président de chaque section fera connaître Vavis des sec¬ 
tions. Cet avis une fois connu , le Président de la Société invi¬ 
tera tes membres présents à se prononcer sur le nombre des 
vacances à déclarer el le vote sera définitif quel que soit leur 
nombre 

M LéonDumïtys fait une intéressante communication, sur un 
procédé en usage en Belgique, pour la fabrication de l’aoide car¬ 
bonique. 

La séance est levée à 8 heures 3/4- 

Le secrétaire par intérim , 

P. Charpentier. 


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— 115 — 


Séance du 10 janvier 1000 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents : MM. Paulmier, Guerrier, Deshayes, Jacob, 
Fauconnier, Didier, Lefebvre, Basseville, Watbled, du Roscoat, 
de Puj'vallée, Huau, Maillard ; total 13 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M le Secrétaire général donne communication de la correspon¬ 
dance dans la quinzaine. 

M. le Président rappelle que cette année la Société reçoit en 
séance générale les autres Sociétés savantes de la ville. Elle doit 
aussi distribuer le prix Davoust et le prix Perrot. 

Les concurrents pour le prix Davoust devront présenter leurs 
titres avant le 31 mars de cette année. La remise du prix Perrot 
et la réunion générale pourraient avoir lieu en une même séance 
vers le mois de mai. 

M. Guerrier continue la lecture de son travail sur l’histoire de 
la Société. 

La séance est levée à 9 heures 1/4. 


Séance du 2 février 1000 


Membres présents : MM. Paulmier, Deshayes, Arqué, GefTrier, 
Rocher, Le Page, Àngot, Thévenin, Dumuys, Sainjon, Lefebvre, 
Berton, Basseville, Baillet, Charpentier, M. des Francs, de Puy- 
vallée, Huau, Dusserre, Maillard; total 20 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté 

M. Deshayes, suppléant M. le Secrétaire général, dépouille la 
correspondance de la quinzaine. 

M. le Président donne lecture d’une lettre de M. le docteur 
Bréchemier donnant sa démission de membre titulaire. 

SÉANCE ADMINISTRATIVE 

La séance administrative est ouverte pour la lecture de la red¬ 
dition des comptes de M. le Trésorier. 


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- 116 — 


Les comptes de M. le Trésorier sont approuvés et des remercie¬ 
ments sont adressés pour son excellente gestion. 

La Société est appelée à fixer le nombre des places va¬ 
cantes. 

La .section de l’Agriculture déclare vacantes trois places. 

La section de Médecine déclare vacantes deux places. 

lia section des Lettres déclare vacantes deux places. 

Une Commission de 5 membres est nommée pour examiner la 
question proposée par M. Sainjon, dans la séance du 5 jan¬ 
vier. 

La Commission est composée de MM. les présidents de sec¬ 
tions, de M. Huau et de M. le Président de la Société. 

La séance est levée à 9 heures 1/2. 


Séance du 16 février 1900 


Présidence de M. Paulmier, président 


Membres présents: MM. Paulmier, Guerrier, Deshayes, Pilate, 
Huau, Basseville, Charoy, Lefebvre, Dessaux et Lepage. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire général donne connaissance de la correspon¬ 
dance et des ouvrages reçus pendant la quinzaine. 

M. Guerrier continue et termine la lecture de son travail sur 
l’Histoire de la Société. 

Un rapport sur la première partie de ce très important mé¬ 
moire, rapport concluant à son impression, a déjà été lu à la 
séance du 20 octobre 1899. 

Vu la nécessité de faire imprimer ce mémoire dans les premiers 
jours de mars, pour l’envoyer à l’Exposition universelle de 1900, 
les membres présents décident de suite que, dans ces conditions, 
la seconde partie dont M. Guerrier vient de terminer la lecture 
sera envoyée immédiatement à l’impression. 

Rien n'étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
9 heures 1/2. 

Pour le secrétaire, 

I) Le Page. 


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- 117 — 


Séance du 2 mars 1900 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents : MM. Paulmier, Guerrier, Deshayes, Arqué, 
Rocher, Le Page, Angot, Papetier, Didier, Dessaux, Berton, 
Guillon, Basseville, Baillet, Watbled, Des Francs, Maillard ; 
total 16 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire général donne communication de la correspon¬ 
dance reçue dans la quinzaine. 

M. le Président donne lecture des lettres des candidats aux 
places vacantes dans la Société : 

MM. de Croze et E. Jarry sont candidats dans la section des 
Lettres; M. le docteur Garsonnin dans la section de Médecine. 

Ces candidatures sont renvoyées aux sections intéressées. 

M. Watbled lit ensuite un travail sur Y Histoire et les Mé¬ 
moires de la Société depuis 1889. Cet intéressant mémoire sera 
envoyé immédiatement à l’impression. 

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à neuf heures 
un quart. 


Séance du 15 mars 1900 


Présidence de M. Paulmier, Président 


SÉANCE ADMINISTRATIVE 


Membres présents : MM. Paulmier, Pelletier, Guerrier, Des¬ 
hayes, Pilate, Rocher, Fauchon, Vacher, Arqué, Geffrier, Le Page, 
Angot, Papelier, Thévenin, Dumuys, Sainjon, Fauconnier, Des¬ 
saux, Jacob, Berton, Gharoy, Guillon, Basseville, Baillet, Char¬ 
pentier, Watbled, Anselmier, T. des Francs, de Puyvallée, Mail¬ 
lard, Lefebvre et M. des Francs ; total 32 membres. 


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— 118 - 


Après la lecture du procès-verbal et la communication des 
ouvrages reçus dans la quinzaine, M. le Président ouvre la séance 
administrative et demande à la Société de procéder immédiate¬ 
ment à l’élection d’un Secrétaire général en remplacement de 
M. Loiseleur, décédé. 

M. Guerrier qui, depuis douze ans, remplissait ces fonctions par 
intérim , est élu Secrétaire général à Tunanimité des voix. 

La section de Médecine propose pour candidat à la place va¬ 
cante, par suite du décès de M. le docteur Chipault, M. le docteur 
Garsonnin qui est élu membre de la Société. 

Le scrutin est ouvert deux fois encore pour les candidatures de 
MM. de Croze et E. Jarry, présentées par la section des Lettres. 
Tous deux sont élus : M. Eugène Jarry succédant i’i M. L. Jarry 
son père ; M. de Groze à M. Huet, démissionnaire. 

M. le Président propose ensuite à la Société une modification 
au règlement. Il s’agit de la proposition de M. Sainjon, inscrite 
au procès-verbal du 5 janvier 4000. La Commission nommée 
émet un avis favorable. Voici le texte proposé : 

Addition à l'article 22 dn règlement 

Si la séance administrative, convoquée dans le but d'arrêter 
le nombre des places vacantes auxquelles il s'agit de pourvoir, 
ne peut avoir lieu faute du nombre réglementaire des membres 
présents, la section ou les sections intéressées se réuniront sé~ 
parément dans ce but. A la séance suivante, déclarée préala¬ 
blement administrative (art. 31), le ou les Présidents de sec¬ 
tion feront connaître l'avis des sections ; la Société sera ensuite 
appelée à se prononcer séance tenante et le vote sera définitif, 
quel que soit le nombre des membres présents . 

Cette modification, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité. 

La séance ordinaire est ensuite reprise. 

M. le docteur Pilate demande à faire une communication. 11 a 
reçu, comme Président de la Ligue contre la tuberculose, un 
« à-propos fantaisiste poétique » crayonné au lendemain de la 
soirée artistique donnée à l’Institut par les médecins au profit 
de la Ligue. L’à-propos a pour titre : Autour d'un sanatorium 
et est signé : Vieux Jeu. 

M. le docteur Pilate, craignant de lire fort mal les vers, prie le 
docteur Arqué de lui prêter son concours. C’était compromettre 
un peu l’anonymat. M. Arqué se résigne devant l'insistance de 
la Société et commence la lecture : En roule pour le Godet . 


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— 119 — 


Pour rentrer dans le ton plus sérieux, le lecteur demande qu’on 
lui permette, avant de quitter les microbes, de lire un sonnet à 
Pasteur intitulé : La Vie. 

Malgré les iésistances de l’auteur et sur les observations du 
docteur Pilate, qui cède ces deux pièces de la Ligue à la Société, 
celle-ci décide qu’elles seront imprimées dans ses Bulletins. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séanoe est levée à neuf heures 
et demie. 


Séance du 6 avril 1900 


Présidence de M. Paulmier, Président 


Membres présents : MM. Paulmier, Guerrier, Deshaves, Arqué, 
Le Page, de Groze, Lefebvre, Jarry, Oharoy, Basseville, Ànsel- 
mier, Watbled, T. des Francs Geffrier, Maillard ; total 15 mem¬ 
bres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire général donne communication de la correspon¬ 
dance reçue depuis la dernière séance et signale, parmi les envois, 
deux ouvrages de M. E. Jarry dont l’auteur fait hommage i\ la 
Société'. Des remerciements sont adressés au donataire. 

Une lettre de M. le Ministre de l’Agriculture invite la Société 
à envoyer ses représentants au sixième < Congrès national qui aura 
lieu cette année. 

L’invitation est remise à la section d’Agriculture. 

Une Société lyonnaise demande d’échanger, contre les Mé¬ 
moires de la Société , son bulletin intitulé : Bulletin historique 
du diocèse de Lyon. 

L’échange est mis aux voix et adopté. 

M. le Président communique ensuite les lettres de trois concur¬ 
rents au prix Davoust: la première de M. Penchaud, la seoonde 
de M. Jamet, deux Orléanais; la troisième de M. Pinédo, de 
Paris. A ce propos, l’un des membres demande si les étrangers 
au Loiret peuvent concourir pour le prix. La réponse à cette de¬ 
mande a dû être faite dans le rapport lu par M. Basseville et 
adoptée à la séance du 6 mai 1898. Le rapport n’a pas ôté im- 


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— 120 — 


primé, mais déposé aux archives : il sera consulté avant la pro¬ 
chaine séance. 

Une «Commission est ensuite nommée pour l’examen des œuvres 
des concurrents ; elle se compose de six membres dont voici les 
noms : MM. Sainjon, Didier, Dusserre, Arqué, Dumuys, Des¬ 
noyers. 

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à neuf heures 
et demie. 


Séance du 20 avril 1900 


Présidence de M. Timothée des Francs 


La séance est ouverte à huit heures et demie. 

M. Angot est désigné pour établir le rapport de la séance. 

Membres présents : MM. T. des Francs, Guerrier, Deshayes, 
Julien-Oosnier, Watbled, Baillet, Basseville, Jacob, Angot ; 
total 9 membres. 

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté. 

Aucun des membres présents n’a pris connaissance du rapport 
établi par M. Basseville en 1898 au sujet de l’admission des 
étrangers au concours pour le prix Davoust, mais la présence du 
rapporteur permet de combler cette lacune. 

M. Basseville fait connaître que le prix Davoust, résultant 
d’une donation dont le principal est de 5,000 francs, est destiné à 
récompenser un ouvrage littéraire ou artistique. En vertu de 
cette volonté du destinataire, la Société d’Archéologie a décerné 
le prix Davoust au sculpteur Desvergnes l’année dernière. 

Dans sa donation, M. Davoust n’a pas spécifié si le prix devait 
être réservé aux Orléanais; mais ceux qui ont connu le dona¬ 
taire, ils sont nombreux à la Société d’archéologie, M. Davoust 
étant mort il y a peu d’années, ont pensé qu’il avait institué 
son prix pour récompenser les auteurs ou les artistes originaires 
du Loiret. L’est ainsi que la Société d’archéologie a interprété 
la pensée de M. Davoust, et c’est dans ce sens qu’est rédigé le 
rapport établi par ses soins. 


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— 121 — 


Les appréciations de M. Basseville sont adoptées à l’unanimité 
des membres présents. 

Le dépouillement de la correspondance a lieu ensuite. 

Il est donné lecture d’une lettre du Comité de la Loire navi¬ 
gable qui fait ressortir les avantages que donne l’amélioration 
du fleuve reconnue possible et assurée par des concours finan¬ 
ciers importants. Un questionnaire est joint à cette lettre; la 
Société est sollicitée d’y répondre. 

M. Guerrier fait remarquer que la Société n’a pas pour habi¬ 
tude de s’occuper des questions qui ne la concernent pas d’une 
façon directe, il pense que c’est un tort. Il demande qu’une com¬ 
mission, choisie parmi les membres compétents delà Société,soit 
désignée pour prendre connaissance du rapport et y répondre. La 
réflexion de M. Guerrier est approuvée. MM. Dessaux, Guillou, 
Watbled, Baillet et Sainjon sont désignés pour constituer la 
commission dont il s’agit. 

La lecture d’un travail de M. Guerrier est remise à une séance 
ultérieure, la réunion étant trop peu nombreuse. 

M. Angot appelle l’attention sur les dangers que font courir les 
vipères aux ouvriers des champs et aux ouvriers des bois. 11 
émet le vœu que la destruction de ces dangereux reptiles soit 
encouragée par une prime qui pourrait être de 0 fr. 25 par vipère. 
Cette prime serait payée à raison de 0 fr. 10 par le département, 
0 fr. 10 par la commune et 0 fr. 05 par l’État. 

La séance est levée à neuf heures et demie. 

Pour le Secrétaire , 

Angot. 


Séance du 4 mai 1900 . 


Présidence de M. Sainjon . 


Membres présents : MM. Sainjon, Jullien, Guerrier, Deshayes, 
Arqué, Geffrier, Garsonnin, Thevenin, Didier, Dumïiys, Dus- 
serre, Lefebvre, Guillon, Berton, Basseville, Watbled, Anselniier, 
de Puyvallée, Angot, Jacob, Maillard ; total 21 membres. 

9 


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— 122 — 


Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. M. le 
Secrétaire général fait connaître la correspondance de la quin¬ 
zaine. 

M. le Président donne lecture d’une lettre de M. de Morogues 
posant sa candidature dans la section d’Agriculture. La lettre 
est renvoyée à cette section. 

Un membre de la Société fait observer que le rapport pour la 
remise du prix Perrot n’a pas encore été communiqué ; il est 
décidé que la lecture de ce rapport sera faite dans la prochaine 
séance, si cette date convient au rapporteur M. des Francs. 

La parole est ensuite donnée à M. Guerrier qui lit un travail 
sur l’origine de la Société d’agriculture d’Orléans. Ce travail est 
renvoyé à la section des Lettres. 

M. Watbled fait une motion relative à la bibliothèque. 11 est 
constant que, faute de place, les livres ne peuvent être classés et 
le catalogue dressé complètement. Ne pourrait-on, moyennant 
quelques centaines de francs, augmenter le nombre des rayons 
et classer les ouvrages? Cette proposition est renvoyée au 
Bureau. M. Jullien-Crosnier ayant fait connaître que sa démis¬ 
sion est définitive, il sera pourvu à son remplacement dans la 
séance administrative qui aura lieu pour la nomination de 
M. de Morogues. 

La séance est levée à neuf heures et demie. 


Séance du 18 mai 1900. 


Membres présents : MM. Sainjon, Guerrier, Arqué, Garsonnin, 
Deshayes, Lepage, Geffrier, Angot, Vacher, Baranger, Fauchon, 
Dusserre, Didier, Jarry, Basseviile, Guillon, Berton, Cuissard, 
Charpentier, Watbled, Anselmier, M. des Francs, Tim. des 
Francs, de Puyvallée, Huau, Jullien, Baillet, Dusserre, Maillard, 
Charoy; total 30 membres. 

Après la lecture du procès-verbal et la communication des 
ouvrages reçus dans la quinzaine, M. le Président ouvre la séance 
administrative. 

SÉANCE ADMINISTRATIVE 

Le nombre des membres présents étant supérieur à la moitié 
des titulaires, il peut être procédé à la nomination d’un biblio- 


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— 123 — 


thécaire et à plus forte raison à celle d’un membre pour la sec¬ 
tion d’Agriculture qui n’exige que le chiffre de 20 présences. 

Le scrutin est ouvert pour la nomination du Bibliothécaire. 
M. (Cuissard réunit la majorité des suffrages et accepte cette 
fonction. L’un des membres propose de nommer M. Jullien 
bibliothécaire honoraire; cette motion est adoptée à l’unanimité 
et des remerciements sont votés à M. Jullien pour sa longue et 
dévouée gestion. 

Dans un second vote, la Société nomme M. de Morogues 
membre de la Société dans la section d’Agriculture, en rempla¬ 
cement de M de Buzonnière. 

SÉANCE ORDINAIRE 

M. le Président, à propos d’un incident d’une des dernières 
séances, demande à la Société de vouloir préciser et fixer le point 
suivant. Dans l’ordre des séances ordinaires, faut-il d’abord 
épuiser les questions concernant l’administration de la Société et 
donner la parole aux membres qui la demandent pour une expli¬ 
cation ou une question d’ordre intérieur, et réserver à la fin de 
la séance les lectures de mémoires, rapports, etc. La Société 
consultée répond que les lectures ayant toujours jusqu’ici ter¬ 
miné les séances, il n’y a pas lieu de changer la tradition. 

La parole est ensuite donnée à M. Maurice des Francs pour 
lire son rapport sur le prix Perrot. Le Rapporteur conclut son 
intéressant travail en proposant au nom de la Commission de 
partager le prix entre MM. Legros et Baudu-Peschard. Ces con¬ 
clusions sont adoptées, et l’impression du rapport est votée à 
l’unanimité. 

Rien n’étant plus a l’ordre du jour, la séance est levée à neuf 
heures quarante-cinq. 


Séance du l* r juin 1900 . 


Présidence de M. Sainjon. 


Membres présents : MM. Sainjon, Guerrier*, Deshayes, Cuis¬ 
sard, Garsonnin, Dumiiys, Jarry, Basseville, Maillard; total 
ü membres. 

lie procès-verbal de la précédente séance est adopté. 


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— 124 — 


Parmi les ouvrages envoyés à la Société, M. le Secrétaire * 
général signale un volume intitulé : Le Barreau d'Orléans au 
xix 6 siècle , don de l’auteur M. A. Johanet. Des remerciements 
sont votés à M. Johanet, et l’ouvrage est renvoyé à la section 
des Lettres. 

A la lin de la séance, l’un des membres fait part à la Société de 
la mort de M. Marsy, président de la Société française d’archéo¬ 
logie, qui, en 1892, présida le Congrès à Orléans. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, La séance est levée à neuf 
heures. 


Séance du 15 juin 1900 


Présidence de M. Watbled, doyen d’àge 


Membres présents : MM. Cuissard, Jullien, Basseville, Charoy, 
Jacob, Deshayes, Lefebvre, Arqué, Guerrier, Watbled, Angot, 
Papelier ; total 12 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire général rend compte des ouvrages adressés à 
la Société. 

Sur la demande de M. Cuissard, la Société charge M. le Secré¬ 
taire général d’examiner s’il ne serait pas possible de modifier le 
traité d’après lequel le Bulletin de la Société est tiré à 250 exem¬ 
plaires. 

M. Cuissard demande qu’on ouvre une nouvelle série (la 5 e ) de 
nos mémoires à partir de l’année 1901. Adopté. 

M. le docteur Arqué communique le rapport de M > Dumüys, au 
nom de la Commission du prix Davoust. Le rapport conclut à la 
division du prix entre deux concurrents, MM. Penchaud et 
Jamet. 

Ces conclusions sont adoptées à l’unanimité. 

M. Cuissard propose d’insérer dans le Bulletin l'éloquente 
allocution prononcée par M. Guerrier devant le cercueil de 
M. Pelletier. Adopté. 

Sur la proposition de M. Cuissard, la Société décide de tenir le 


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— 125 — 


1 er vendredi de juillet une séance administrative, pour élire un 
Vice-Président en remplacement de M. Pelletier, décédé. 

La séance est levée à 9 heures 1/2. 

Pour le Secrétaire , 

G. Papelier. 


Séance du 6 juillet 1900 


Présidence de M. Huau 


Membres présents : MM. Sainjon, Cuissard, Jullien, Arqué, 
Baranger, Garsonnin, Fauchon, Le Page, Didier, Breton, Pilate, 
Charoy, Guillon, Basseville, Charpentier, Watbled, de Puyvallée, 
Th. des Francs, Huau, Vacher, Rocher, Maillard ; total 
*22 membres 

M. Huau, doyen d’âge, préside la réunion. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. Cuissard, remplaçant M. le Secrétaire général, donne lecture 
des ouvrages reçus dans la quinzaine ; il signale, parmi ceux-ci, 
une brochure de M. de Beaucorps intitulée : Élude empirique 
sur les sources du Loiret. Des remerciements sont adressés 
au donateur. 

La séance administrative pour la nomination d’un Vice-Prési¬ 
dent, en remplacement de M. Pelletier, décédé, ne pouvant avoir 
lieu, faute du nombre suffisant de membres présents, la nomina¬ 
tion se fera à la prochaine séance, suivant le cas prévu par l’ar¬ 
ticle t 0 ' du Règlement. 

La séance est levée à 9 heures 1/4. 

SÉANCE ADMINISTRATIVE DTJ 20 JUILLET 1900 

Membres présents : MM. Sainjon, Guerrier, Deshayes, Jullien, 
Baranger Fauchon, Pilate, Vacher, Jacob, Dumuis, Basseville, 
Charoy, Watbled, Rocher, Garsonnin, Maillard ; total 
IG membres. 

Le nombre des membres de la Société, actuellement vivants, 
étant de 54, il est constaté que le nombre des membres présents 


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— 126 - 


à la séance est de 16, et le nombre des membres représentés de 12, 
soit au total 28 votants ; il peut donc être procédé à la nomination 
d’un Vice-Président. Voici les noms des 12 membres qui ont voté 
par correspondance : MM. Desnoyers, Angot, Geffrier, de Croze, 
Guillon, Huau, Cuissard, Th. des Francs, Berton, de Payvallée, 
Le Page, Arqué. La majorité absolue étant de 15 voix, M. Marcel 
Charoy obtient 17 voix et est élu Vice-Président. 

En prenant place au fauteuil, M. Charoy remercie la Société de 
l’honneur qui lui est fait et, après avoir prononcé en quelques 
mots l’éloge du regretté M. Paulmier, propose de lever la séance 
en signe de deuil. Cette proposition est approuvée. 

L’éloge funèbre prononcé sur la tombe de M. Paulmier par 
M. Sainjon, paraîtra dans le prochain Bulletin . 

La séance est levée à 9 heures. 


Séance du 5 octobre 1900 


Présidence de M. Charoy, Vice-Président 


Membres présents : MM. Charoy, Guerrier, Deshayes, Pilate, 
Vacher, Angot, Le Page, Guillon, Basseville, Watbled, Jullien, 
Cuissard, Maillard ; total 13 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire général donne lecture des différents titres d’ou¬ 
vrages, brochures, etc., et de la correspondance reçus depuis la 
dernière séance. 

M. le Président donne ensuite lecture d’une notice biographique 
qui est en même temps l’éloge funèbre des quatre membres dis¬ 
parus dans le courant de l’année : MM. Loiseleur, de Buzonnière, 
Pelletier et Paulmier ; cette notice sera imprimée dans le prochain 
Bulletin. Au milieu de ces deuils, remarque M. le Président, la 
Société compte aussi quelques événements qui lui sont plus 
agréables, telle est la nomination de M. Le Page au grade de 
chevalier de la Légion d’honneur. 

L’un des membres fait remarquer que la réception des Sociétés 
savantes de la ville par notre Société doit avoir lieu cette année, 
et aussi la remise des prix Perrot et Davoust. M. Charoy désire 


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— 127 — 


que ces réunions générales aient lieu après la nomination d’un 
Président. L’élection du Président sera mise à Torde du jour de la 
prochaine séance. 

Rien n’étant plus à Tordre du jour } la séance est levée à 
9 heures. 


Séance du 19 octobre 1900 


Présidence de M. (îharoy, Vice-Président 


Membres présents : MM. Charoy, Guerrier, Deshayes, Cuissard, 
Jullien, Huau, Arqué, Cœir, Pilate, Rocher, Vacher, Angot, Thé- 
venin, Papelier, Dessaux, Lefebvre, Guillon, Berton, Basseville, 
Charpentier, Watbled, Le Page ; total 22 membres. 

Le procès-verbal de la précédente séance est adopté. 

M. le Secrétaire générai donne lecture des différents titres 
d’ouvrages, brochure, etc., et de la correspondance reçus depuis 
la dernière séance. 

La séance administrative est ouverte. Mais le nombre des 
présents étant insuffisant pour l’élection d’un Président, cette 
élection est renvoyée à la première séance de novembre, où le 
vote pourra avoir lieu par correspondance, comme l’indique le 
Règlement. 

M. Basseville fait un rapport verbal sur un nouveau travail 
de M. Guerrier : Simple coup d'œil sur les origines , les tra¬ 
vaux et l'influence de la Société d’Agriculture, Sciences , Belles- 
Lettres et Arts d'Orléans. Ce travail, qui est un résumé de l’his¬ 
toire de la Société, déjà envoyée à l’Exposition universelle 
de 1900, et dont l’impression est faite, ne peut pas être imprimé, 
puisqu’il ferait double emploi avec l’Histoire générale. Mais les 
membres présents décident que ce résumé sera lu à la réunion 
des Sociétés savantes, qui doit avoir lieu la seconde quinzaine de 
novembre. 

M. Guillon propose que les présidents et vice-présidents de la 
Société ne soient nommés que pour trois ans, et qu’à la fin de 
cette période triennale, ils ne soient réélus qu’après un intervalle 
d’un an au moins. 


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- 128 - 


Les statuts sont absolument impératifs sur ce point et déclarent 
que ces membres sont toujours rééligibles. 

Devant cette affirmation, M. Guillon retire sa proposition, 
mais pense que cet usage tendra à s’établir dans la Société ; les 
termes « sont rééligibles », ne veulent pas dire : doivent être 
réélus . 

M. Cuissard donne lecture d’une lettre d’Antoine Petit, docteur- 
médecin, par laquelle celui-ci donne son acceptation au titre de 
membre de la Société. Cette lettre sera copiée et imprimée à cette 
place dans les Mémoires de la Société. 

« Je loue, mon cher confrère, le nouvel établissement, qui 
« vient de se former dans notre commune patrie et je vois avec 
« la plus grande satisfaction que le bon esprit des Orléanais les 
« a portés vers les choses utiles : iis ont senti, qu’en général, de 
« l’argent donné pour un discours, qui n’apprend rien quoique 

* approuvé par deux docteurs de Sorbonne, c’est de l’argent assez 
« plattement employé. Il n’en est pas de môme de celui qu’on 
« donne pour une découverte, ou seulement pour une bonne ob- 
« servation dans les sciences physiques : cela ne saurait trop se 
« payer, parce que tôt ou tard, cela tourne au profit de l’huma- 

* nité. A quoi sert une ode, un bouquet pour Yris; à quoi sert 

« une épithalame. — Les enfants s’en font-ils plus beaux et meil- 
« leurs, l’époux en devient-il plus vigoureux et la femme plus 
« féconde et plus complaisante ; un pauvre rimeur sue sang et 
« eau et mon énergumène s’épuise la cervelle à force de travail 
« pendant plusieurs semaines, et le tout aboutit à amuser quel- 

« ques instants un tas d’oisifs, qui sont les vrais fléaux de la 

<c terre, et auxquels il vaudrait mieux donner les ctrivières, que 
t de leur fournir des plaisirs. Platon n’a jamais imaginé rien de 
« plus sage que de chasser les poètes de la République : il fait 
•< dresser des autels aux auteurs des découvertes, qui depuis un 
< siècle ont envahi la phisique : on s’est mis en tête depuis 
« quelques années de faire contre la multitude des Académies et 
« surtout des Académies provinciales ; et ces faits ont séduits la 
t multitude qui n’examine rien. Il est certain qu.’il y a trop 
« d’académies ou sociétés de belles-lettres, ou l’on ne s’occupe 
k que de bagatelles, pour ne pas dire de niaiseries ; mais il n’y 

* aura jamais assez de celles qui ont les sciences pour objet, 

a aussi, je le répète, je suis enchanté qu’on en ait établi une de 
« cette dernière espèce à Orléans, et j’accepte avec le plus grand 


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— 129 - 


« plaisir la place que vous avez la bonté de m’offrir parmi les 
* braves et estimables gens qui la composent et je me faits grand 
« honneur de leur être associé, et je les remercie très sincèrement 
« de la bonté qu’ils ont eu de songer à moi, je ferai de mon mieux 
« pour qu’ils n’aient pas à se repentir de leur choix. Pour vous, 
« cher confrère, je vous aime, je vous estime et vous embrasse 
a de tout mon cœur. 

« A. Petit, D. M. i 

Paris, le 17 novembre 1781 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 
9 heures. 


Séance du 2 novembre 1900 


Présidence de M. Charoy, Vice-Président 


Membres présents : MM. Charoy, Guerrier, Deshayes, Cuis¬ 
sard, Watbled, Charpentier, Basseville, Dusserre, Jarry, Didier, 
Dessaux, Dumüys, Papelier, Vacher, Pilate, Rocher, Angot, 
Thévenin, Geffrier, Arqué, Le Page, Maillard, Lefebvre etBerton; 
total 24 membres. 

Après la lecture du procès-verbal et de la correspondance reçue 
dans la quinzaine, M. le Président déclare ouverte la séance ad¬ 
ministrative. 


SÉANCE ADMINISTRATIVE 

Le nombre des membres présents ci-dessus nommés est 
de 24. 

Douze membres ont envoyé leur vote par correspondance; il 
peut donc être procédé à la nomination d’un président. Voici les 
noms des membres ayant envoyé leur vote : 

MM. de Puyvallée, Alfred de Laage de Meux, Ed. de Lange de 
Meux, Baranger, Jacob, V. Huau, Desnovers, Maurice des Francs, 
Timothée des Francs, du Roscoat, Guillon, Fauconnier. 

Le scrutin est ouvert et M. Charoy est élu président par 35 voix 


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sur 36 votants. M. le Président remercie la Société de cet honneur 
et accepte cette fonction ; il engage les membres à assister aux 
séances et à les rendre intéressantes par des lectures de mémoires 
dont le nombre a diminué depuis quelque temps ; de son côté, il 
donnera à la Société tout son dévouement. 

Il est ensuite décidé : io que les sections se réuniront avant la 
prochaine séance séparément pour fixer le nombre des vacances ; 
2° qu'il sera procédé dans la prochaine séance du 17 novembre à 
la nomination d'un vice président ; 

3» Que la séance publique pour la remise des prix Perrot et 
Davoust aura lieu pendant la seconde quinzaine de décembre. 

M. le docteur Arqué donne ensuite lecture de trois petites pièces 
de poésie intitulées : Pour un épi , VImpromptu, le Maître. 

Ces poésies sont ^envoyées à la section des Lettres. 

La Société décide en outre que l’une d’elles, Pour un épi! et une 
seconde déjà entendue dans l’une des précédentes séances, seront 
lues dans la réunion générale du mois de décembre. 

La séance est levée à 9 heures 1/2. 


Séance du 16 novembre 1900 


Présidence de M. Gharoy, président 


Membres présents: MM. Gharoy, Guerrier, Deshayes, Cuissard, 
Watbled, Basseville, Berton, Lefebvre, Angot, Geffrier, Vacher, 
Pilate, Rocher, Arqué, Lepage, Charpentier, Baranger, Garson- 
nin, Cœur, Jarry total 20 membres. 

Les membres présents étant au nombre de 20, la Société se 
constitue en séance administrative, pour examiner la question 
de vacances auxquelles il y a lieu de pourvoir. 

SÉANCE ADMINISTRATIVE 

La Société décide, sur le rapport des sections, de déclarer dans 
la section de l’Agriculture, 2 vacances, celles de MM. de Dreuzy 
et de Buzonnière, décédés. On réserve la déclaration de vacance 
du siège de M. Paulmier, notre regretté président. 


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Dans la section des Lettres, il y a lieu de pourvoir à une va¬ 
cance, pour remplacer M. Loiseleur, décédé et dans la section de 
Médecine a une vacance, celle de M. le docteur Brechemier, dé¬ 
missionnaire. 

Dans la section des Sciences, le remplacement de M. Pelletier 
est ajourné. 11 est décidé que la liste des candidats sera arrêtée 
le 4 janvier. 

La Société n'est pas en nombre pour procéder à l'élection d’un 
vice-président. 

M. Berton, s’appuyant sur la lettre du règlement, fait observer 
qu'une élection est possible dans ces conditions; elle ne serait pas 
valable, mais le vote deviendrait une indication pour la pro¬ 
chaine séance. Sans repousser l’interprétation de M. Berton, on 
fait observer combien il serait difficile de porter à la connaissance 
des absents le résultat d’une élection déclarée non valable par les 
termes mômes du règlement. 

La discussion se prolonge jusqu'au moment où le départ de 
l’un des membres l’interrompt brusquement en réduisant à 10 
le nombre des présences. 

La Société, en séance ordinaire, écoute avec intérêt la lecture 
de M. Cuissard : Inventaire des tableaux et œuvres d'art exis¬ 
tant avant la Révolution dans les Eglises d'Orléans ; ce travail 
est renvoyé à la section des Arts. 

La séance est levée à 9 heures 1/4. 

Pour le secrétaire particulier , 

E. Jarry. 


Séance du 7 décembre 1900 


Présidence de M. Charoy, Président 


Membres présents : MM. Charoy, Deshayes, Arqué, Baranger, 
Garsonnin, Thevenin, Dessaux, Le Page, Lefebvre, Dusserre, 
Jarry, Didier, Berton, de Morogues, Basseville, Baillet, Charpen¬ 
tier, Watbled, Huau, Jullien, Maillard ; total 21 membres. 

Au début de la séance, M. le Président donne lecture d’uni} 


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lettre de M. Guerrier, donnant sa démission de secrétaire M. le 
Président exprime, au nom de tous les membres, les regrets de 
la Société, il n’a pu, malgré ses instances, faire revenir M. Guer¬ 
rier sur sa détermination, mais il pense qu'il convient de n’ac¬ 
cepter cette démission quaprês la réunion générale, qui aura 
lieu prochainement ; de nouvelles instances seront faites dans ce 
but à M. Guerrier. 

La correspondance dépouillée, la séance administrative est 
ouverte pour l’élection d’un vice-président. 


SÉANCE ADMINISTRATIVE 

Quinze membres ont envoyé leur vote par correspondance : 
MM. GefTrier, Perrin, Guerrier, Fauconnier, de la Taille, Fau¬ 
chon, Jacob, Anselmier, Vacher, Desnoyers, Cœur, Sainjon, 
Pilate, Cuissard, Angot. 

Le nombre total des votants est donc de 36, la majorité 
absolue 19. 

Le dépouillement du scrutin donne les résultats suivants : 

MM. de Puyvallée obtient 16 voix. 

Arqué, — 

Basseville, — 

Sainjon, — 

de Morogues, — 

Dumiivs, — 

Bulletin blanc, — 

Aucun des membres n’obtient la majorité requise, en consé¬ 
quence un nouveau tour de scrutin aura lieu le 4 janvier. Le 
vote par correspondance sera valable pour le troisième tour 
comme pour le second. 

Rien n’étant plus à l’ordre du jour, la séance est levée à 9 heu¬ 
res 1/4. 



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Séance générale du 21 décembre 1900 


Réunion de» trois Sociétés savantes 


Etaient présents : M\l. Gharoy, Deshayes, Arqué, Le Page, 
Rocher, Pilate, Garsonnin, Angot, Vacher, Didier, Sainjon, 
Lefebvre, Dumüys, de Morogues, Charpentier, Watbled, du 
Roscoat, des Francs, Juliien, Maillard, l’abbé d'Allaines, Vignat, 
Baguenault, Penchaud, Herluison, de Beaucorps, Raguenet de 
Saint-Albin, Bloch. 

M. le Président présente à la Société les excuses et les regrets 
de MM. les Membres d'honneur et de quelques titulaires, puis 
prononce le discours suivant : 

« Messieurs, mes nouvelles fonctions de Président me procu- 
« rent, dès leur début, le plus grand honneur que je sois appelé à 
« en recevoir, celui d’accueillir, en cette séance solennelle, les 
« membres des deux Sociétés savantes avec lesquelles nous 
« sommes si heureux d’entretenir des relations de cordiale 
« confraternité. 

c Votre première pensée (et il semble que ma première parole 
« doit y répondre) a été certainement, en entrant ici, une 
« impression de tristesse et de regret. Vous n’y retrouvez plus 
« cette figure si ouverte et si aimable dont le bienveillant sourire 

* était à lui seul le meilleur des accueils 

« La personnalité de notre regretté président, M. Paulmier, 
« si elle s’imposait tout d’abord par une incontestable autorité, 
« captivait encore plus par son affabilité et sa bonne grâce. Ces 
« qualités faisaient de lui le président par excellence et il sem- 
a blait naturel que dans toute réunion d’hommes instruits et 
« distingués, il occupât la première place. 

« J’ai déjà ici même entretenu mes collègues des sentiments que 
« nous inspirait à tous la perte cruelle que nous avons faite. Vous 

* me pardonnerez, Messieurs, de vous demander aujourd’hui de 

* vous associer un instant à notre deuil. 

« Hélas ce n’est pas le seul qui nous ait frappés depuis notre 


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« dernière réunion générale : il en est d’autres dont je dois 
«« vous parler puisqu'ils vous ont atteints en même temps que 
« nous. 

« M. Loiseleur, notre, secrétaire général, tenait dans la Société 
« archéologique la place éminente que lui méritaient et sa pro- 
« fonde érudition et l’importance de ses ouvrages, aussi remar- 
« quables par leur forme littéraire que par leur valeur scienti- 
« fique. La renommée de notre collègue avait franchi le cercle de 
« nos réunions locales pour atteindre le grand public : il était de 
« ceux qui honorent les sociétés auxquelles ils appartiennent. 

cc M. Pelletier , qui se partageait entre notre Société et l’Aca- 
t démie de Sainte-< îroix, avait ce rare privilège de réunir des 

< qualités qui, si elles ne s’excluent pas, ne peuvent cependant 
« se rencontrer à la fois que dans les natures exceptionnellement 
« douées. Il avait un cuite presque égal pour les arts et pour les 
« lettres. Dessinateur habile, c’est l'artiste qui avait été accueilli 

* dans notre section des Sciences et Arts ; littérateur distingué, 
« il savait donner à ses manuscrits, à ses traductions, une forme 

* qui dénotait son goût pour les études classiques et la fréquenta- 
« tion des auteurs anciens. 

« L’Académie de Sainte-Croix l’avait appelé à diriger ses tra- 
« vaux pendant les périodes 4894 à 1890. Il était vice-président de 
« notre Société, et la mort, en le frappant après M. Loiseleur et 
« presque en môme temps que M. Paulmier, nous enlevait les 
« trois principaux dignitaires de notre bureau. 

< La Société archéologique a fait aussi une perte bien sensible 
« dans la personne de M . Thillier , dont les obsèques toutes 
« récentes réunissaient une foule si considérable d’amis. Ancien 
« élève de l’École des Chartes, il avait dû abandonner ses pre- 
« mières études pour se livrer tout entier aux fonctions absor- 
« bantes du notariat. Après un exercice de 25 ans, pendant 
« lesquels il a mérité l’amitié de beaucoup, l’estime et la sympa- 
« tbie de tous, il était retourné aux travaux qui avaient fait le 

< charme de sa jeunesse et devaient occuper les loisirs de sa 
i retraite. C’est à la Bibliothèque nationale, comme un soldat 
a sur le champ de bataille, qu’il fut frappé par le mal qui l'enleva 
« prématurément. 

« C’est une loi nécessaire de l’existence de nos Sociétés de 
« serrer les rangs après la bataille de la vie et de combler les 
« vides laissés par la mort. 


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« Je suis heureux de vous présenter ici nos nouveaux col- 
« lègues : 

« Dans la section (l’Agriculture : M. Maurice des Francs. 

« Dans la section d’Agriculture : M. le baron de Morogues. 

« Dans la section de Médecine : M le D r Garsonnin. 

« Dans la section des Lettres : M. le comte de Groze Lemercier. 

« Dans la section des Lettres : M. Eugène Jarry. 

a J’offenserais la modestie de mes collègues si j’entreprenais de 
« vous énumérer leurs mérites. 11 m’aura suffi de vous les nom- 
« mer pour vous montrer que, malgré les tristesses du passé, 
« nous pouvons envisager l’avenir avec confiance. 

« La confiance dans l’avenir, c’est la condition nécessaire du 
• succès. Peut-être pourrait-elle être ébranlée si nous écoutions 
« trop certains écrivains misanthropes, qui, sous prétexte de 
« nous dépeindre la vie de province, ne nous en donnent que la 
c caricature. 

« Si l'un d’eux, dans un chapitre intitulé : Sociétés savantes (1), 
« va jusqu’à nous prédire une inévitable décadence, c’est là un 
« mot bien malheureusement à la mode aujourd’hui et si on le 
« prononce si souvent, n’est-ce pas pour se donner à soi-même le 
« prétexte de l’inertie et couvrir d’un voile décent les faiblesses 
« d’un encouragement trop facilement résigné. 

« Pour combattre ces tristes fantômes, il suffit de voir la 
« réalité, de parcourir les manuscrits de nos diverses sociétés. 

« Mon éminent prédécesseur, M. Paulmier, disait fort juste- 
a ment dans la séance du 20 mars 1896 : 

« Si je me reporte à 30 ans en arrière et si je compare les tra- 
« vaux de nos aînés avec ceux d’aujourd’hui, vous y verriez 
« comme moi que le niveau intellectuel est loin d’avoir baissé* 
« que chaque année, nos productions ont toujours été meilleures 
« et que les méthodes du travail de recherches se sont perfec- 
« tionnées. » 

« Vous le prouvez tous les jours, vous, Messieurs de la Société 
« archéologique. Vous êtes les pionniers infatigables de l'érudi- 
« tion ; vos patientes recherches servent à découvrir les docu- 
« ments ignorés : la pierre enfouie sous les débris des siècles, le 
< parchemin caché sous la poussière des greffes ou des études de 
« notaires, la pièce de monnaie perdue dans le sable de la Loire* 

(1) M. Basin « La Province *, 


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« l'œuvre d’art égarée dans les armoires d’une sacristie. Et de ces 
9 choses mortes, vous savez tirer les leçons les plus savantes, 
« pour le plus grand honneur de votre Société et le progrès écra- 
« sant de la critique historique. 

« Un Académicien (1) illustre, à plus d’un titre, vous a fait 
« cette année l’honneur très mérité de présider votre dernier 
« concours : il a payé un juste tribut d’éloge aux services que 
* vous ne cessez de rendre à la science. 

« Vous, Messieurs de l’Académie de Sainte-Croix, sans négliger 
«* notre pays auquel sont consacrées la plupart de vos études, 
« vous ne craignez point de nous entraîner à l’occasion vers les 
« rives ensoleillées de l’Orient. L’un de vous (2) a raconté avec 
« autant de charme que d’érudition la Prise de Jérusalem par 
« les Perses en 614. Un autre de vos collègues (3) envoyait en 
« Algérie une pièce de vers qui a obtenu un prix au concours 
« ouvert pour l’érection d’une statue au cardinal Lavigerie. 

< C’est ainsi que vous savez réunir les œuvres de l’imagination 
« à celles de l’érudition scientifique. N’avez-vous pas eu pour 
« cela les meilleurs modèles depuis votre illustre fondateur 
« Mgr Dupanloup jusqu’à ces évêques qu’il est pour ainsi dire 
« de tradition de choisir parmi vous pour peupler nos sièges 
« épiscopaux. 

« A ces preuves de vitalité de nos sociétés, ajouterai-je celles 
« que je pourrais trouver dans nos propres travaux ? 

« Il me semble qu’il n’est pas opportun de faire ici devant 
a vous notre éloge, et je vous demanderai simplement de vous 
« reporter à nos mémoires pour vous rendre compte de la part 
« que nous avons apportée au labeur commun. 

« Gardons-nous donc, Messieurs, de toute pensée de découra- 
< gement. Assurément, nous souffrons nous aussi des excès de 
« la centralisation. Paris attire à lui la plupart des hommes qui 
« se consacrent tout entiers à la littérature et même à l’érudition; 

« les congrès viennent drainer jusque parmi nous des travaux 
«. qui nous seraient naturellement destinés. Mais une réaction 
« commence à s’opérer. La décentralisation est, à bien des points 
« de vue, l’ordre du jour : pratiquons-la dans le domaine qui est 
« le nôtre. 

(1) M. Hanotaux : Séance de la Société archéologique du 7 mai 1900. 

Ç2j M. le comie Couret. 

(3) M. Alardet. 


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. « Notre ville a un passé qui nous oblige : nous saurons, par 
« un redoublement d’efforts et d’activité intellectuelle, montrer 
« qu'Orléans est toujours un centre d'études et de savoir, que le 
« goût de la science et de la culture littéraire ne s’est point 
« affaibli parmi nous et que nous sommes dignes des traditions 
« que nous ont léguées nos pères. 

« Vous savez, Messieurs, que notre ordre du jour comprend 
t une distribution de récompenses à T Agriculture et aux Beaux- 
€ Arts. Nous devons à la générosité de deux de nos anciens de 
c pouvoir, en leur nom, donner ces utiles et honorables encou- 
€ ragements. 

« C’est depuis longtemps déjà que la fondation faite par 
« M. Perrot, conseiller à la Cour d’appel d’Orléans, nous permet, 
c en alternant avec la fondation de Morogues, de témoigner aux 
« agriculteurs l’intérêt que nous portons à leurs travaux. Cette 
« année, comme les précédentes, notre Commission n’a eu que 
« l’embarras du choix entre des candidats dont les mérites 
c étaient réels, quoique différents. 

« Le prix fondé par notre regretté collègue et ami Davoust 
« est au contraire attribué pour la première fois ; il nous a été 
9 donné de pouvoir manifester à deux des artistes les plus dis- 
i tingués de notre ville, entre lesquels toute préférence a paru 
« impossible, l’estime et l’admiration que méritent leurs talents. 

c En transmettant ici nos félicitations à nos lauréats, vous 
« voudrez bien aussi, Messieurs, nous permettre d'adresser à la 
« mémoire de nos généreux fondateurs le souvenir de notre 
« reconnaissance. > 

La parole est ensuite donnée à M. l’abbé Maillard pour lire le 
travail de M. Guerrier, intitulé : Coup d'œil sur Vhistoire de la 
Société depuis son origine jusqu'à nos jours. M. Guerrier, souf¬ 
frant, n’a pu, au grand regret de tous, présenter lui-même son 
intéressant mémoire. 

La séance se continue par la lecture de deux poésies de M. le 
Docteur Arqué ; la première est intitulée : Il faut chanter ! la 
seconde : Immortels ! Dans ces deux poésies, comme dans les 
deux qu’il lira à la fin de la séance, l’auteur fait de délicates 
allusions à chacune des sections de la Société. 

Vient ensuite la remise des prix Davoust et Perrot. Sur les 
conclusions du rapport de M. des Francs, le prix Perrot est par¬ 
tagé entre MM. Legros qui obtient une médaille de vermeil et 

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300 fr., et Baudue qui obtient une médaille de vermeil et200fr. 
M. Legros s'était fait excuser. 

Le prix Davoust, d'après les conclusions du rapport de 
M. Dumüys, est également partagé entre deux concurrents 
MM. Jamet et Penchaud, chacun d’eux reçoit une somme de 
250 fr. M. Jamet, absent, s'était fait excuser. 

Après une nouvelle lecture de M. Arqué d’un sonnet dédié à 
Pasteur : La Science ! La Vie ! et d’un très fin fabliau intitulé : 
Pour un épi / M. le Président clôt la séance en remerciant les 
assistants des deux Sociétés d'Archéologie et de Sainte-Croix 
d'avoir répondu à l’invitation de la Société d'agriculture. La 
dernière séance de l'année 1900 et du siècle finit à neuf heures 
trois quarts. 

Le Secrétaire particulier, 

A. Maillard. 


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TABLE DU TRENTE-HUITIÉMÉ VOLUME 


LE8 BARBARESQUX8 D’ALGER DEMANDENT UN ROI FRANÇAIS (1572- 


1573), par M. Watbled ... 5 

Rapport sur le mémoire qui précède, par M. M. Charoy . 23 

Les obsèques de M. J. Loiseleur, Discours de MM. Cuissard 

et Guerrier . 27 

Les obsèques de M. Édouard Pelletier, Discours de M. Guer¬ 
rier . 34 

Allocution de M. Charoy, Vice-Président, à la séance de 

rentrée. 37 

Les obsèques de M. Albert Paulmier, Président de la Société, 
Discours de M. Sainjon . 41 


Premiers Feuillets enlevés par surprise au portefeuille, 
jusqu’à ce jour fermé à la publicité, du Docteur E. Arqué.*. 45 
Rapport sur l’ouvrage offert par M. A. Johanet à la Société : 


Le Barreau d'Orléans au XIX• siècle , par M. Charoy . 49 

Procès-Verbal des séances et rapport sommaire de la Commis¬ 
sion chargée de décerner le prix Emile Davoust en 1900. 56 

Rapport de la Commission sur le Prix Perrot en 1899, par 

M. Maurice des Francs. 62 

Poésies lues à la réunion générale des trois Sociétés savantes, 

par le Docteur E. Arqué . 71 

Procès-Verbaux des séances pendant l’année 1898. 76 

Eloge funèbre du D r Chipault, par M. Pelletier. 90 

Éloge funèbre de M. Louis Jarry, par M. Pelletier . 92 

La Section de Médecine au D r Chipault, par son président, 

le D r Arqué. . 94 

Procès-Verbaux des séances pendant l’année 1899. 100 

Procès-Verbaux des séances pendant l'année 1900.. 114 

Remerciements du D r Antoine Petit (17 novembre 1781,) âson 
entrée dans la Société. — Communication de M. Cuissard. .. 122 

Allocution de M. Charoy, Président, à la réunion des trois 
Sociétés savantes d'Orléans. 133 


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